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Prise de poids pendant la grossesse : quels risques ?

Prendre du poids pendant la grossesse est attendu, mais la quantité varie selon votre corpulence avant la conception, votre santé et l’évolution du bébé. Une prise rapide ou très importante mérite d’être discutée avec votre sage-femme ou votre médecin, sans transformer la balance en source d’angoisse.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Pourquoi le poids augmente pendant la grossesse
  2. Quand une prise rapide doit attirer l’attention
  3. Diabète gestationnel : un risque qui ne dépend pas seulement du poids
  4. Le risque de phlébite ne se résume pas aux kilos
  5. Limiter les risques sans faire de régime
  6. Après la naissance, le corps récupère progressivement
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Pourquoi le poids augmente pendant la grossesse

Les kilos pris pendant la grossesse ne correspondent pas uniquement à des réserves de graisse. Ils comprennent le bébé, le placenta, le liquide amniotique, l’augmentation du volume sanguin, l’utérus et les seins. Une partie de cette prise disparaît donc naturellement dans les jours qui suivent l’accouchement.

Il n’existe pas une prise de poids idéale identique pour toutes. Les repères souvent utilisés dépendent de l’indice de masse corporelle, ou IMC, calculé avant la grossesse. Ils se situent généralement entre 12,5 et 18 kg en cas de maigreur, 11,5 à 16 kg avec un IMC dans la zone habituelle, 7 à 11,5 kg en cas de surpoids et 5 à 9 kg en cas d’obésité. Votre sage-femme ou votre médecin peut retenir une fourchette différente selon votre situation.

La prise de poids est souvent faible au premier trimestre, puis plus régulière au deuxième et au troisième. Une mesure isolée ne permet pas de juger votre santé. Le suivi porte sur la courbe, la tension artérielle, les urines, la croissance du bébé et votre état général.

  • Une prise de poids moyenne de 12 kg n’est pas une règle à atteindre.
  • Le poids avant la grossesse aide à définir les repères.
  • La courbe compte davantage qu’un chiffre pris seul.
  • Les pesées peuvent être réalisées dans des conditions comparables, par exemple le matin, sans vêtements lourds.

Quand une prise rapide doit attirer l’attention

Quelques kilos pris rapidement peuvent venir d’une alimentation plus riche, d’une activité réduite ou d’une constipation. Ils peuvent aussi correspondre à une rétention d’eau. Des chevilles gonflées en fin de journée sont fréquentes pendant la grossesse, surtout lorsqu’il fait chaud ou après une station debout prolongée.

Une prise de poids brutale associée à une tension élevée peut toutefois accompagner une prééclampsie. Cette complication repose sur des signes médicaux, notamment l’hypertension et la présence éventuelle de protéines dans les urines. Le poids seul ne permet ni de la diagnostiquer ni de l’écarter.

La prééclampsie peut diminuer les échanges entre le placenta et le bébé. Elle augmente alors le risque de retard de croissance et peut conduire à une surveillance rapprochée, à une hospitalisation ou à une naissance avant le terme lorsque la santé de la mère ou de l’enfant l’exige. Un bébé pesant moins de 2,5 kg est considéré comme de petit poids de naissance, mais ce chiffre ne suffit pas à définir un retard de croissance.

  • Une prise rapide en quelques jours doit être signalée.
  • Un gonflement soudain du visage ou des mains est plus préoccupant qu’un gonflement modéré des chevilles.
  • Les maux de tête inhabituels et persistants nécessitent un avis médical.
  • La tension et les urines sont contrôlées pendant le suivi prénatal.

Diabète gestationnel : un risque qui ne dépend pas seulement du poids

Le diabète gestationnel apparaît lorsque la grossesse rend l’organisme moins sensible à l’insuline. Il peut survenir chez une personne mince comme chez une personne en surpoids. Le surpoids avant la grossesse, des antécédents de diabète gestationnel, un parent proche diabétique ou un précédent bébé de poids élevé font partie des situations qui peuvent conduire à un dépistage plus précoce.

En France, le dépistage repose notamment sur une prise de sang au premier trimestre chez les femmes ayant certains facteurs de risque, puis sur une hyperglycémie provoquée par voie orale entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée lorsque cela est indiqué. Le test consiste à boire une solution contenant du glucose, puis à réaliser plusieurs prises de sang.

Un diabète gestationnel équilibré diminue les complications. Lorsqu’il est mal contrôlé, il peut augmenter le risque de bébé de poids élevé, de naissance avec des difficultés liées aux épaules, de césarienne, d’hypertension pendant la grossesse et d’hypoglycémie du nouveau-né. Le suivi associe alimentation adaptée, activité physique si elle est autorisée et traitement lorsque le médecin le juge nécessaire.

Les malformations du cerveau ou du cœur sont surtout associées à un diabète présent avant la grossesse ou très précoce, lorsque les organes se forment. Un diabète gestationnel diagnostiqué au deuxième trimestre n’est donc pas présenté de la même façon.

Le risque de phlébite ne se résume pas aux kilos

La grossesse augmente naturellement la capacité du sang à coaguler et l’utérus comprime progressivement les veines du bassin. La fatigue, l’immobilité, un long trajet, le tabac, une césarienne, des antécédents personnels ou familiaux de thrombose et l’obésité peuvent ajouter des facteurs de risque.

Une prise de poids importante peut aller avec une mobilité réduite, mais elle ne provoque pas automatiquement une phlébite. Pour soutenir la circulation, marchez régulièrement si votre grossesse le permet, changez de position, évitez de rester assise plusieurs heures sans bouger et buvez selon votre soif. Les bas ou chaussettes de compression sont proposés dans certaines situations après avis médical.

Une phlébite peut se manifester par une jambe gonflée, douloureuse, chaude ou plus rouge que l’autre. Une embolie pulmonaire peut provoquer un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine, des palpitations ou un malaise. Ces signes demandent une prise en charge urgente.

Limiter les risques sans faire de régime

Pendant la grossesse, l’objectif est de couvrir vos besoins et ceux du bébé avec une alimentation variée. Au premier trimestre, les besoins énergétiques ne justifient généralement pas de manger davantage. Ils augmentent progressivement ensuite, sans correspondre à deux fois les quantités habituelles.

Composez vos repas avec des légumes, des fruits, des féculents, des légumineuses, une source de protéines et un produit laitier ou une alternative adaptée. Les aliments très sucrés ou très transformés peuvent rester occasionnels. La consommation d’alcool doit être évitée pendant toute la grossesse.

Une activité physique régulière est généralement bénéfique en l’absence de contre-indication. La recommandation courante est de viser environ 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, par exemple de la marche active, en l’adaptant à vos habitudes et aux consignes de votre professionnel de santé. Il faut éviter les activités avec risque de chute ou de choc abdominal.

Un régime amaigrissant strict peut entraîner des carences et n’est pas recommandé pendant la grossesse. Si votre poids augmente très vite, si vous avez du mal à manger équilibré ou si les remarques sur votre corps vous font souffrir, demandez un accompagnement personnalisé à une sage-femme, un médecin ou un diététicien.

Après la naissance, le corps récupère progressivement

Le poids diminue en partie avec la naissance du bébé, du placenta et la perte des liquides accumulés. Le reste évolue sur plusieurs mois. La fatigue, les nuits hachées, la récupération du périnée et l’organisation avec le nouveau-né rendent une perte rapide peu réaliste.

L’allaitement augmente les besoins énergétiques et peut utiliser une partie des réserves, mais il ne garantit pas une perte de poids. Certaines femmes maigrissent rapidement, d’autres plus lentement. Le biberon ne constitue pas un échec, et l’allaitement ne doit pas être utilisé comme une méthode pour retrouver sa silhouette.

Après l’accouchement, reprenez progressivement la marche et les exercices conseillés lors du suivi postnatal. La rééducation du périnée est proposée si elle est nécessaire. Une alimentation régulière, le repos dès que possible et un suivi médical valent mieux qu’une restriction alimentaire sévère.

Quand consulter ?

  • Prise de poids très rapide en quelques jours, surtout avec gonflement du visage ou des mains : contactez votre maternité, votre sage-femme ou votre médecin dans la journée.
  • Maux de tête intenses ou persistants, vision floue ou points lumineux, douleur sous les côtes à droite, nausées inhabituelles ou tension élevée : appelez la maternité ou consultez sans attendre.
  • Une seule jambe gonflée, chaude, rouge ou douloureuse : contactez rapidement un médecin ou la maternité, sans masser la jambe.
  • Essoufflement brutal, douleur thoracique, malaise ou perte de connaissance : appelez le 15 ou le 112.
  • Diminution nette des mouvements du bébé, saignement ou perte de liquide : appelez immédiatement la maternité.

Questions fréquentes

Est-ce grave si j’ai déjà beaucoup pris de poids ?

Pas forcément. Le risque dépend de la vitesse de prise, de votre IMC avant la grossesse, de votre tension, de vos urines, de votre glycémie et de la croissance du bébé. Parlez-en au prochain rendez-vous, ou plus rapidement si la prise est brutale ou accompagnée de symptômes.

Une prise de poids importante signifie-t-elle que j’ai de l’hypertension ?

Non. Le poids ne permet pas de diagnostiquer une hypertension. Seule une mesure de tension, complétée si besoin par une analyse d’urines et d’autres examens, permet de l’évaluer.

Le diabète gestationnel est-il causé par ce que je mange ?

Il ne résulte pas d’un seul aliment ni d’un manque de volonté. Les hormones de la grossesse, la prédisposition familiale et certains facteurs de risque interviennent. Une alimentation adaptée aide à équilibrer la glycémie, mais certaines femmes ont besoin d’un traitement.

Puis-je faire un régime pour ne plus prendre de poids ?

Un régime restrictif n’est pas recommandé pendant la grossesse. Un professionnel peut vous aider à ajuster les portions, les boissons sucrées, les collations et l’activité physique sans provoquer de carences.

Quand dois-je appeler la maternité ?

Appelez rapidement votre maternité ou votre sage-femme en cas de maux de tête persistants, troubles visuels, douleur sous les côtes à droite, gonflement soudain du visage ou des mains, essoufflement inhabituel, saignement, perte de liquide ou diminution nette des mouvements du bébé.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel élément aide à définir la prise de poids attendue ?
  2. 2.Quel signe doit faire appeler rapidement la maternité ?
  3. 3.Le diabète gestationnel peut-il concerner une femme mince ?
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Le poids ne raconte pas tout

Pendant la grossesse, les kilos comprennent aussi le bébé, le placenta, le liquide amniotique, l’utérus, les seins et davantage de sang. Une partie disparaît donc naturellement après la naissance.

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Sources

  1. Assurance Maladie, grossesse et suivi médical ameli.fr
  2. Assurance Maladie, diabète gestationnel ameli.fr
  3. Haute Autorité de santé, recommandations professionnelles has-sante.fr
  4. Santé publique France, alimentation et activité physique pendant la grossesse santepubliquefrance.fr
  5. Les 1000 premiers jours, grossesse et alimentation 1000-premiers-jours.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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