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Bien manger enceinte

Prise de poids au 3e trimestre de grossesse

Au troisième trimestre, le poids augmente avec la croissance du bébé, du placenta, du liquide amniotique, de l’utérus et du volume sanguin. La progression varie selon votre corpulence avant la grossesse, votre santé et votre grossesse, avec une surveillance qui s’appuie sur la tendance plutôt que sur un chiffre isolé.

Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Une prise de poids différente pour chaque femme
  2. D’où viennent les kilos en fin de grossesse ?
  3. Manger lorsque l’estomac est comprimé
  4. Le fer : prévenir une carence sans s’automédiquer
  5. Ce qui mérite un avis pendant le suivi
  6. Bouger et préparer les dernières semaines
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Une prise de poids différente pour chaque femme

Le poids attendu pendant la grossesse dépend en partie de l’indice de masse corporelle, ou IMC, calculé avant la conception. Une même prise de poids peut être adaptée pour une femme mince et trop élevée pour une femme qui avait déjà un IMC important avant la grossesse.

Les fourchettes souvent utilisées à titre de repère sont d’environ 12,5 à 18 kg pour un IMC inférieur à 18,5, 11,5 à 16 kg pour un IMC compris entre 18,5 et 24,9, 7 à 11,5 kg pour un IMC compris entre 25 et 29,9, et 5 à 9 kg pour un IMC égal ou supérieur à 30. Ces valeurs concernent l’ensemble de la grossesse et doivent être interprétées avec votre sage-femme ou votre médecin.

La prise de poids ralentit souvent au premier trimestre, puis devient plus régulière aux deuxième et troisième trimestres. Une moyenne mensuelle de 1,5 à 2 kg au dernier trimestre ne convient donc pas à toutes les femmes et ne constitue pas un objectif à atteindre.

Une pesée hebdomadaire, dans les mêmes conditions, permet de suivre une tendance. Le poids varie aussi avec la constipation, la chaleur, le sel des repas, l’activité physique et la rétention d’eau.

  • Pesez-vous si cela vous aide, sans multiplier les contrôles dans la même journée.
  • Regardez l’évolution sur plusieurs semaines, avec le même pèse-personne.
  • Parlez d’une prise ou d’une perte rapide à votre professionnel de suivi.
  • Une grossesse gémellaire suit des repères différents.

D’où viennent les kilos en fin de grossesse ?

À terme, un bébé pèse souvent autour de 3 à 3,5 kg, avec une variation normale selon le terme et sa croissance. Le chiffre de 3,5 kg ne représente donc ni une moyenne obligatoire ni une estimation à atteindre.

Le reste du poids correspond à plusieurs transformations. Le placenta pèse généralement quelques centaines de grammes, le liquide amniotique environ 800 millilitres en fin de grossesse, et l’utérus devient beaucoup plus lourd qu’avant la conception. Le volume du sang maternel augmente aussi pour alimenter le placenta et le bébé.

Les seins prennent du volume, les tissus retiennent parfois davantage d’eau et une réserve énergétique peut se constituer. La part de graisse maternelle varie beaucoup d’une femme à l’autre et ne permet pas de prédire la qualité future de l’allaitement.

La dépense physique peut diminuer lorsque marcher, dormir ou rester debout devient inconfortable. Les besoins énergétiques augmentent légèrement, surtout au troisième trimestre, sans nécessiter de manger deux fois plus. Une alimentation régulière et variée répond généralement à ces besoins.

  • Bébé : environ 3 à 3,5 kg à terme, avec des variations individuelles.
  • Placenta, liquide amniotique et utérus : plusieurs kilos au total.
  • Sang, seins et eau corporelle : des changements variables selon chaque grossesse.
  • Réserves graisseuses : une composante normale, dont la quantité diffère selon les femmes.

Manger lorsque l’estomac est comprimé

À la fin de la grossesse, l’utérus prend davantage de place dans l’abdomen. Des repas volumineux peuvent alors provoquer une sensation de lourdeur, des remontées acides ou une satiété rapide.

Vous pouvez fractionner votre journée en trois repas et une à deux petites collations si votre appétit ou votre digestion le justifie. Chaque prise alimentaire peut associer un féculent ou du pain, une source de protéines, des légumes ou un fruit, et une source de calcium selon vos habitudes.

Une collation peut comprendre un yaourt nature et une banane, une tranche de pain avec du fromage, ou une compote sans sucre ajouté avec quelques noix. Les fruits à coque doivent rester entiers ou concassés pendant la grossesse, puis être adaptés à l’âge de l’enfant lorsqu’ils seront proposés.

Mangez lentement, restez assise après le repas et évitez de vous allonger immédiatement si vous avez des brûlures. Une boisson non sucrée à chaque repas et entre les repas aide à couvrir les besoins hydriques, sauf consigne médicale particulière.

Les produits laitiers apportent du calcium, tandis que les légumes, fruits, légumineuses et céréales complètes fournissent des fibres. Si le lait ou les laitages sont difficiles à consommer, une sage-femme, un médecin ou une diététicienne peut vous aider à trouver des équivalents adaptés.

Le fer : prévenir une carence sans s’automédiquer

Les besoins en fer augmentent pendant la grossesse, notamment parce que le volume sanguin maternel s’élève et que le bébé constitue ses propres réserves. Une alimentation pauvre en fer, des grossesses rapprochées, des règles abondantes avant la grossesse ou une grossesse multiple peuvent augmenter le risque de carence.

Les aliments qui en contiennent sont la viande, le poisson, les œufs, les lentilles, les pois chiches, les haricots, certains légumes à feuilles et les fruits à coque. Le fer des aliments végétaux est mieux utilisé lorsqu’il accompagne une source de vitamine C, comme un kiwi, une orange, du poivron ou du brocoli.

Le thé et le café pris au même moment que le repas peuvent réduire l’absorption du fer. Les espacer des repas riches en fer peut être utile si votre bilan montre une carence.

Une prise de sang peut rechercher une anémie, souvent avec l’hémoglobine et, selon la situation, la ferritine. Le fer n’est pas prescrit automatiquement à toutes les femmes enceintes : une supplémentation dépend du bilan, des symptômes et du contexte médical. Ne commencez pas un complément seule, car un traitement inadapté peut provoquer des effets indésirables et retarder la recherche d’une autre cause.

Ce qui mérite un avis pendant le suivi

Une prise de poids insuffisante peut accompagner des nausées persistantes, des vomissements, une maladie digestive, une restriction alimentaire ou un trouble du comportement alimentaire. Une perte de poids, une fatigue marquée ou une alimentation devenue très réduite doivent être signalées, sans attendre le prochain mois.

Une prise de poids rapide sur quelques jours peut être liée à l’eau plutôt qu’à la masse grasse. Si elle s’accompagne d’un gonflement soudain du visage ou des mains, de maux de tête inhabituels, de troubles visuels ou d’une douleur sous les côtes à droite, elle nécessite un avis médical rapide, car ces signes peuvent évoquer une hypertension liée à la grossesse.

La mesure de la tension artérielle, la recherche de protéines dans les urines et la surveillance de la croissance du bébé font partie du suivi prénatal. Une courbe de poids ne suffit jamais à juger la santé du bébé ou la qualité de votre alimentation.

Votre objectif est de couvrir vos besoins et ceux du bébé avec une alimentation sûre, variée et compatible avec votre appétit. Une prise de poids supérieure ou inférieure à un repère général ne signifie pas que vous avez mal fait.

Bouger et préparer les dernières semaines

En l’absence de contre-indication, une activité physique modérée peut être poursuivie pendant la grossesse. La marche, la natation, le vélo d’appartement ou les exercices proposés par une professionnelle permettent de rester mobile sans chercher à contrôler le poids.

L’intensité doit vous permettre de parler pendant l’effort. Évitez les activités avec risque de chute ou de choc abdominal, la chaleur excessive et les efforts qui déclenchent des contractions douloureuses, des saignements, une perte de liquide ou un essoufflement inhabituel.

Le dernier trimestre est aussi le bon moment pour demander des conseils personnalisés sur les repas, le fer, le sommeil, les brûlures d’estomac et l’organisation du retour à la maison. Votre maternité, votre sage-femme et votre médecin peuvent adapter les recommandations à vos analyses et à votre grossesse.

Quand consulter ?

  • Contactez rapidement votre sage-femme, votre médecin ou la maternité pour une prise de poids très rapide associée à un gonflement soudain du visage ou des mains.
  • Appelez la maternité le jour même en cas de maux de tête inhabituels, de troubles visuels, de douleur sous les côtes à droite ou d’une tension artérielle élevée.
  • Consultez dans les 24 heures en cas de vomissements répétés, d’impossibilité de boire, de perte de poids ou de signes de déshydratation.
  • Appelez la maternité en cas de saignement, de perte de liquide, de contractions régulières douloureuses ou de diminution nette des mouvements du bébé.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de malaise important, d’essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de saignement abondant.

Questions fréquentes

Combien de kilos faut-il prendre au troisième trimestre ?

Il n’existe pas de chiffre identique pour toutes les femmes. La progression dépend de l’IMC avant la grossesse, du poids pris jusque-là, de la croissance du bébé et de la présence éventuelle d’œdèmes. Votre équipe suit surtout la courbe dans le temps.

La prise de poids vient-elle surtout du bébé ?

Le bébé représente une partie importante du poids final, souvent autour de 3 à 3,5 kg à terme. Le placenta, le liquide amniotique, l’utérus, le sang, les seins et l’eau corporelle expliquent aussi plusieurs kilos.

Dois-je manger davantage au troisième trimestre ?

Les besoins augmentent légèrement, sans conduire à doubler les portions. Trois repas variés et une ou deux collations peuvent convenir si l’estomac est comprimé ou si l’appétit est réparti sur la journée.

Dois-je prendre du fer par précaution ?

Le fer se prend sur indication médicale, après évaluation du risque et, si nécessaire, un bilan sanguin. Une alimentation comportant des sources de fer aide à couvrir les besoins, mais ne remplace pas un traitement lorsqu’une anémie est diagnostiquée.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel repère est le plus utile pour suivre le poids pendant la grossesse ?
  2. 2.Pourquoi le fer est-il surveillé pendant la grossesse ?
  3. 3.Que faire si l’estomac est vite rempli au troisième trimestre ?
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Le bébé n’explique pas tout

À terme, le bébé pèse souvent autour de 3 à 3,5 kg, tandis que le sang, l’utérus, le placenta, le liquide amniotique et les seins ajoutent plusieurs kilos.

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Sources

  1. ameli.fr, Alimentation pendant la grossesse ameli.fr
  2. Santé publique France, 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
  3. Manger Bouger, recommandations pour les femmes enceintes mangerbouger.fr
  4. Haute Autorité de santé, suivi et orientation des femmes enceintes has-sante.fr
  5. ANSES, références nutritionnelles pour la population française anses.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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