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Bien manger enceinte

Surpoids et grossesse : les bons repères pour être accompagnée

Un indice de masse corporelle élevé augmente certains risques pendant la grossesse, notamment le diabète gestationnel, l’hypertension et les complications de l’accouchement. Un suivi adapté, commencé si possible avant la conception, permet de repérer ces situations tôt et d’ajuster les examens sans culpabiliser.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Surpoids, obésité : de quoi parle-t-on ?
  2. Quels risques sont plus fréquents ?
  3. Préparer la grossesse quand c’est possible
  4. Un suivi ajusté pendant les neuf mois
  5. Manger et bouger sans culpabilité
  6. Après la naissance, garder un suivi utile
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Surpoids, obésité : de quoi parle-t-on ?

Chez l’adulte, l’indice de masse corporelle, ou IMC, se calcule en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres au carré. Un IMC compris entre 25 et 29,9 correspond au surpoids, un IMC égal ou supérieur à 30 à l’obésité. Ce repère aide l’équipe médicale à organiser la surveillance, mais il ne résume ni votre santé ni vos habitudes de vie.

Pendant la grossesse, le poids pris au fil des mois doit être interprété avec votre sage-femme ou votre médecin. La prise attendue varie selon l’IMC avant la grossesse, le nombre de bébés, les nausées, l’activité physique et l’état de santé. Les objectifs sont donc personnalisés. Une perte de poids volontaire pendant la grossesse, les régimes restrictifs et les jeûnes sont à éviter sans accompagnement médical.

Le poids ne permet pas de prévoir à lui seul le déroulement de l’accouchement ou la santé du bébé. De nombreuses femmes ayant un surpoids ou une obésité vivent une grossesse sans complication et donnent naissance à un bébé en bonne santé.

  • IMC de 25 à 29,9 : surpoids
  • IMC à partir de 30 : obésité
  • Le calcul utilise le poids avant la grossesse ou au début du suivi
  • L’IMC est un outil de suivi, pas un jugement sur votre corps

Quels risques sont plus fréquents ?

Le risque de diabète gestationnel augmente lorsque l’IMC est élevé, surtout s’il existe aussi un diabète dans la famille, un antécédent de diabète gestationnel ou un bébé de poids élevé lors d’une grossesse précédente. Le diabète gestationnel peut ne provoquer aucun symptôme. Il est recherché par une prise de sang au début de la grossesse dans certaines situations, puis souvent par une hyperglycémie provoquée par voie orale entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée lorsque le dépistage est indiqué.

L’hypertension artérielle et la prééclampsie sont également plus fréquentes. La prééclampsie associe habituellement une tension élevée à des signes biologiques ou urinaires pouvant apparaître après 20 semaines d’aménorrhée. La prise de tension et la recherche de protéines dans les urines sont réalisées régulièrement pendant le suivi.

Un IMC élevé augmente aussi la probabilité d’une césarienne, d’un déclenchement, d’une hémorragie après la naissance ou d’une difficulté technique pour certains gestes d’anesthésie. Ces risques dépendent de nombreux facteurs, comme l’âge, la tension, le diabète, la position du bébé et le déroulement du travail.

Pour le bébé, le risque de poids élevé à la naissance est plus important lorsque la mère présente un diabète gestationnel ou une prise de poids importante. Certaines malformations, notamment celles du tube neural, sont légèrement plus fréquentes avec l’obésité maternelle. L’échographie du premier trimestre et l’échographie morphologique permettent de rechercher de nombreuses anomalies, sans pouvoir toutes les exclure.

Préparer la grossesse quand c’est possible

Une consultation préconceptionnelle peut être proposée avant l’arrêt de la contraception. Elle permet de revoir la tension artérielle, les traitements, les vaccinations, les antécédents de diabète et les grossesses précédentes. Le médecin ou la sage-femme vérifie aussi si une supplémentation en acide folique est adaptée. Elle est généralement commencée avant la conception, car le tube neural se ferme au cours des premières semaines, souvent avant la découverte de la grossesse.

Certains médicaments doivent être remplacés avant la grossesse, notamment plusieurs traitements de l’hypertension, du diabète ou de l’acné. Ne les arrêtez pas seule. Demandez un avis médical dès que vous envisagez une grossesse ou dès que le test est positif.

Une alimentation régulière aide à couvrir les besoins sans chercher à maigrir rapidement. Prévoyez des légumes ou des fruits chaque jour, des féculents selon votre faim, une source de protéines à chaque repas et de l’eau comme boisson habituelle. Une diététicienne peut construire un programme compatible avec vos goûts, votre budget et d’éventuelles nausées.

L’activité physique adaptée est généralement possible en l’absence de contre-indication. La marche, la natation, le vélo d’appartement ou les exercices de renforcement doux peuvent être proposés. L’intensité doit permettre de parler pendant l’effort. Votre sage-femme ou votre médecin vous indiquera les activités à éviter selon votre grossesse.

Un suivi ajusté pendant les neuf mois

Le suivi comprend des contrôles réguliers de la tension, du poids, des urines et de la croissance du bébé. Selon vos antécédents, une consultation avec un obstétricien, un diabétologue, une diététicienne ou un anesthésiste peut être organisée.

L’échographie morphologique réalisée autour de 22 semaines d’aménorrhée peut être techniquement plus difficile lorsque la paroi abdominale est épaisse. L’équipe peut prolonger l’examen, utiliser une autre voie d’exploration dans certaines situations ou programmer un contrôle complémentaire. Cette difficulté technique ne signifie pas qu’une anomalie existe.

Un rendez-vous d’anesthésie est proposé au cours du dernier trimestre à toutes les femmes enceintes en France, y compris si vous envisagez un accouchement sans péridurale. En cas d’IMC élevé, un rendez-vous anticipé peut aider à repérer les difficultés éventuelles et à préparer les options de prise en charge.

La prévention de la prééclampsie dépend de l’ensemble de vos facteurs de risque. Une aspirine à faible dose peut être prescrite dans certaines situations, uniquement après évaluation médicale. Elle ne doit pas être commencée de votre propre initiative.

Manger et bouger sans culpabilité

La grossesse ne demande pas de manger pour deux. Les besoins énergétiques augmentent progressivement et restent modérés au premier trimestre. Une faim plus présente peut être gérée avec une collation simple, par exemple un fruit et un yaourt, si elle vous aide à attendre le repas.

Pour limiter les variations importantes de glycémie, associez les aliments riches en glucides à des fibres et à des protéines. Un petit-déjeuner composé de pain complet, d’un produit laitier et d’un fruit rassasie souvent davantage qu’une boisson sucrée accompagnée de viennoiseries.

L’activité quotidienne compte aussi. Dix minutes de marche après un repas peuvent déjà participer au mouvement de la journée. En cas de diabète gestationnel, votre équipe vous expliquera les mesures adaptées et vérifiera leur efficacité.

Le suivi doit préserver votre relation avec votre corps et votre alimentation. Une remarque culpabilisante peut compliquer les soins. Dites à l’équipe si une pesée vous met en difficulté, afin de prévoir un cadre respectueux tout en assurant la surveillance médicale.

Après la naissance, garder un suivi utile

Après un diabète gestationnel, un dépistage du diabète est recommandé par une hyperglycémie provoquée entre 6 et 12 semaines après l’accouchement. Même si le résultat est normal, un contrôle régulier reste conseillé, car le risque de diabète de type 2 demeure plus élevé dans les années suivantes.

La tension artérielle peut rester élevée ou augmenter après la naissance. Continuez les contrôles prévus et consultez rapidement si des symptômes inhabituels apparaissent. La fatigue, le manque de sommeil et les repas irréguliers rendent les changements alimentaires difficiles : un accompagnement progressif est plus réaliste qu’un régime strict.

L’allaitement ou le biberon peuvent tous deux convenir selon votre choix et votre situation. Le poids maternel ne détermine pas la possibilité d’allaiter. Une sage-femme, une puéricultrice ou une consultante en lactation peut vous aider en cas de douleur, de difficulté de prise du sein ou de question sur les quantités.

Quand consulter ?

  • Appelez rapidement votre maternité, votre sage-femme ou votre médecin si vous avez un mal de tête intense ou inhabituel, des troubles visuels, une douleur sous les côtes à droite ou un gonflement brutal du visage et des mains.
  • Consultez dans la journée en cas de tension artérielle mesurée à 140/90 mmHg ou plus à deux reprises, à quelques minutes d’intervalle, sauf consigne différente de votre équipe.
  • Contactez la maternité si vous avez des saignements, une perte de liquide, des contractions régulières douloureuses, de la fièvre ou une diminution nette des mouvements du bébé après le terme où vous les percevez habituellement.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas d’essoufflement soudain, de douleur thoracique, de malaise important, de convulsions ou de saignement abondant.

Questions fréquentes

Un IMC élevé empêche-t-il d’avoir une grossesse normale ?

Non. Il augmente la probabilité de certaines complications, mais il ne permet pas de prédire votre grossesse. Un suivi adapté, le dépistage du diabète et le contrôle de la tension réduisent les retards de prise en charge.

Faut-il essayer de perdre du poids pendant la grossesse ?

Les régimes amaigrissants et la perte de poids volontaire ne sont généralement pas recommandés pendant la grossesse. L’objectif est de couvrir vos besoins, de limiter les prises alimentaires déséquilibrées et de suivre une prise de poids personnalisée avec un professionnel.

Le bébé sera-t-il forcément gros à la naissance ?

Non. Le poids du bébé dépend de nombreux facteurs, dont le diabète gestationnel, la génétique, la durée de la grossesse et la prise de poids maternelle. Les échographies surveillent sa croissance sans donner une estimation parfaitement exacte.

Le dépistage du diabète gestationnel est-il obligatoire pour toutes les femmes ?

Les modalités varient selon les facteurs de risque et les résultats du début de grossesse. Une prise de sang peut être proposée au premier trimestre, puis un test entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée lorsque les critères de dépistage sont réunis.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel examen recherche souvent un diabète gestationnel entre 24 et 28 semaines ?
  2. 2.Que signifie un IMC égal ou supérieur à 30 avant la grossesse ?
  3. 3.Que faire avec un traitement habituel lorsqu’une grossesse est envisagée ?
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Le risque se surveille tôt

Le diabète gestationnel peut ne donner aucun symptôme. C’est pourquoi un dépistage est proposé dans certaines situations, souvent entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée.

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Sources

  1. Haute Autorité de santé, Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées has-sante.fr
  2. Assurance Maladie, Grossesse et maternité ameli.fr
  3. Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
  4. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, recommandations et référentiels cngof.fr
  5. Ministère de la Santé, calendrier des vaccinations sante.gouv.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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