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Bien manger enceinte

Oligo-éléments pendant la grossesse : les bons repères

L’iode, le zinc et d’autres oligo-éléments participent au fonctionnement de la thyroïde, au développement du bébé et à l’immunité. Une alimentation variée couvre généralement les besoins, tandis que les compléments pris sans avis médical peuvent entraîner des excès. Voici les sources alimentaires utiles et les situations qui justifient un conseil professionnel.

Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. À quoi servent les oligo-éléments ?
  2. Iode : la thyroïde de la mère et du bébé
  3. Zinc : croissance cellulaire et défenses immunitaires
  4. Magnésium : nerfs, muscles et os
  5. Fluor : aucun complément pendant la grossesse
  6. Compléments : quand demander un avis ?
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi servent les oligo-éléments ?

Les oligo-éléments sont des minéraux présents en très petite quantité dans l’organisme. Leur quantité ne dit rien de leur rôle : l’iode permet la fabrication des hormones thyroïdiennes, le zinc intervient dans la multiplication des cellules et le sélénium participe au fonctionnement de plusieurs enzymes.

Pendant la grossesse, les besoins évoluent avec la croissance du placenta, l’augmentation du volume sanguin et le développement des organes du fœtus. Les besoins varient aussi selon votre alimentation, votre état de santé, vos antécédents thyroïdiens et les compléments déjà prescrits.

La plupart des femmes enceintes couvrent leurs besoins grâce à une alimentation diversifiée. Aucun complément regroupant de nombreux oligo-éléments ne doit être commencé sans l’avis d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un pharmacien, car plusieurs produits peuvent contenir les mêmes substances.

  • Variez les sources de protéines : œufs, poisson, viande, produits laitiers et légumineuses.
  • Consommez chaque jour des légumes, des fruits et des féculents, selon votre appétit.
  • Lisez l’étiquette des compléments pour repérer l’iode, le zinc, le magnésium et le sélénium déjà présents.
  • Ne prenez pas de produit à base d’algues sans conseil médical, car sa teneur en iode est très variable.

Iode : la thyroïde de la mère et du bébé

L’iode sert à fabriquer les hormones thyroïdiennes. Pendant la grossesse, ces hormones participent au développement du cerveau et du système nerveux du fœtus, en particulier durant les premières semaines.

Les apports conseillés chez la femme enceinte sont généralement estimés autour de 200 microgrammes par jour, selon les références nutritionnelles utilisées. Une carence importante et prolongée peut perturber la fonction thyroïdienne maternelle et le développement de l’enfant. Elle reste peu fréquente en France, mais certaines habitudes alimentaires ou maladies thyroïdiennes augmentent le risque.

Les principales sources sont les poissons, les fruits de mer, les œufs, le lait et les produits laitiers. Le sel iodé peut contribuer aux apports, à condition de ne pas augmenter votre consommation totale de sel : l’Organisation mondiale de la santé recommande de rester sous 5 grammes de sel par jour chez l’adulte.

Les algues peuvent contenir des quantités très élevées et imprévisibles d’iode. Une consommation régulière de kombu, de wakamé ou de compléments d’algues mérite donc un avis médical, surtout en cas de maladie de la thyroïde.

Un complément d’iode n’est pas systématique pendant la grossesse. Votre médecin ou votre sage-femme peut tenir compte de vos analyses, de vos traitements et de vos habitudes alimentaires avant de le proposer.

  • Choisissez du sel iodé pour la cuisine si vous en utilisez, sans resaler à table.
  • Mangez du poisson deux fois par semaine, dont une portion de poisson gras, en respectant les espèces déconseillées pendant la grossesse.
  • Consommez les poissons et fruits de mer suffisamment cuits.
  • Demandez un avis avant tout complément contenant de l’iode.

Zinc : croissance cellulaire et défenses immunitaires

Le zinc intervient dans la fabrication des protéines, la multiplication des cellules, la cicatrisation et le fonctionnement du système immunitaire. Ces mécanismes sont sollicités pendant la formation du placenta et la croissance du bébé.

Les besoins dépendent de la quantité de phytates dans l’alimentation. Ces substances présentes dans certaines céréales complètes, les légumineuses et les graines diminuent l’absorption du zinc. Les personnes qui mangent peu ou pas de produits animaux peuvent donc avoir besoin d’une organisation alimentaire plus attentive, sans prendre automatiquement un complément.

La viande, les fruits de mer, les œufs, les produits laitiers, les lentilles, les pois chiches, les noix et les graines apportent du zinc. Faire tremper les légumineuses et varier les sources de protéines améliore la qualité globale des repas.

Le fer et le zinc utilisent en partie des mécanismes d’absorption communs lorsque les doses sont élevées. Cette compétition concerne surtout les compléments fortement dosés. Elle ne justifie pas de modifier seule un traitement contre une carence en fer : la dose et la durée sont déterminées après un bilan médical.

  • Associez une légumineuse avec une céréale, par exemple lentilles et riz.
  • Ajoutez un œuf, un produit laitier ou une petite poignée de noix selon votre repas.
  • Ne remplacez pas un complément de fer prescrit par un complément de zinc.
  • Consultez si une alimentation végétarienne ou végétalienne est mal équilibrée ou difficile à organiser.

Magnésium : nerfs, muscles et os

Le magnésium participe à la transmission nerveuse, à la contraction musculaire, à la production d’énergie et au maintien des os. Une partie importante est stockée dans les os et les muscles.

Les apports conseillés chez la femme adulte se situent autour de 300 milligrammes par jour, avec des variations selon les références et la situation individuelle. La grossesse n’impose pas systématiquement un complément, car une alimentation variée fournit souvent suffisamment de magnésium.

Les aliments riches en magnésium comprennent les amandes et autres fruits à coque, les légumineuses, les céréales complètes, certaines eaux minérales, le chocolat noir et les légumes à feuilles. Les fruits à coque doivent être consommés non salés et en petite poignée, car ils sont énergétiques.

Les crampes, la fatigue ou les contractions ressenties pendant la grossesse ont de nombreuses causes. Elles ne prouvent pas une carence en magnésium et ne doivent pas conduire à un traitement pris seule. Un complément peut provoquer des troubles digestifs et ne convient pas à toutes les personnes, notamment en cas de maladie rénale.

  • Ajoutez régulièrement des lentilles, pois chiches ou haricots à vos repas.
  • Choisissez du pain ou des céréales peu raffinés lorsque vous les digérez bien.
  • Buvez selon votre soif, sauf consigne médicale particulière.
  • Demandez un avis si des crampes répétées, une faiblesse inhabituelle ou des diarrhées persistent.

Fluor : aucun complément pendant la grossesse

Les données disponibles ne montrent pas de bénéfice d’une supplémentation en fluor pendant la grossesse pour prévenir les caries de l’enfant, qu’il s’agisse des dents de lait ou des dents définitives. Un complément de fluor ne doit donc pas être pris dans ce but.

La prévention dentaire commence par les soins de la future mère : brossage deux fois par jour avec un dentifrice fluoré adapté à l’adulte, nettoyage soigneux de la plaque dentaire et consultation chez le chirurgien-dentiste si une douleur, un saignement fréquent ou une carie apparaît.

Après la naissance, la quantité de fluor adaptée à l’enfant dépend de son âge, de son dentifrice, de l’eau consommée et de son risque carieux. Le chirurgien-dentiste ou le médecin peut donner une recommandation personnalisée. Ne donnez jamais de comprimé fluoré ou de complément à un bébé sans prescription.

  • Brossez vos dents matin et soir avec un dentifrice fluoré.
  • Prenez rendez-vous chez le dentiste pendant la grossesse si vous avez une douleur ou une lésion.
  • Ne cumulez pas plusieurs produits contenant du fluor.
  • Demandez la conduite à tenir pour votre enfant dès l’apparition de la première dent.

Compléments : quand demander un avis ?

Les compléments alimentaires ne remplacent pas les repas et leur composition varie beaucoup d’une marque à l’autre. Certains produits destinés à la grossesse contiennent déjà de l’iode, du zinc, du magnésium ou du sélénium. Ajouter un second complément peut donc conduire à dépasser les apports utiles.

La supplémentation en acide folique avant la conception et au début de la grossesse répond à une recommandation spécifique. Le fer ou la vitamine D peuvent aussi être prescrits dans certaines situations, après évaluation médicale. Ces indications ne signifient pas que tous les oligo-éléments doivent être pris ensemble.

Signalez à votre professionnel de santé tout complément acheté en pharmacie, sur internet ou dans un magasin spécialisé. Cette information permet d’éviter les doublons et de vérifier la compatibilité avec un traitement de la thyroïde, du fer ou d’une autre maladie chronique.

Une alimentation végétalienne, des vomissements importants, une chirurgie digestive, une maladie intestinale ou une maladie thyroïdienne justifient un suivi personnalisé. Le professionnel pourra proposer un bilan et des conseils adaptés à votre situation.

  • Apportez les boîtes ou les photos des étiquettes à votre consultation.
  • Ne dépassez pas la dose indiquée sur un produit sans prescription.
  • Ne consommez pas régulièrement des algues sous forme de poudre ou de gélules sans conseil.
  • Continuez un traitement prescrit jusqu’à l’avis du professionnel qui vous suit.

Quand consulter ?

  • Demandez un avis à votre médecin ou à votre sage-femme dans les jours qui viennent si vous avez une maladie de la thyroïde, un goitre, un traitement thyroïdien ou une consommation régulière d’algues.
  • Consultez rapidement si des vomissements vous empêchent de boire et de manger, si vos urines deviennent très rares ou si vous vous sentez très faible.
  • Appelez un centre antipoison si vous avez avalé une quantité importante d’un complément fortement dosé en iode, en fluor ou en plusieurs minéraux. Appelez le 15 ou le 112 en cas de malaise, de difficulté à respirer ou de perte de connaissance.

Questions fréquentes

Le sel iodé suffit-il toujours pendant la grossesse ?

Il peut contribuer aux apports, mais il ne garantit pas à lui seul un apport adapté. Les poissons, les œufs et les produits laitiers participent aussi aux apports, tandis que la quantité totale de sel doit rester limitée.

Puis-je prendre du magnésium pour des crampes ?

Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin avant de commencer. Les crampes ont plusieurs causes et un complément peut être inutile ou déconseillé, notamment en cas de maladie rénale ou de diarrhée.

Les algues sont-elles une bonne source d’iode ?

Elles peuvent en apporter beaucoup, avec une teneur très variable selon l’espèce et la préparation. Les gélules et poudres d’algues sont à éviter sans avis médical, surtout si vous avez un problème de thyroïde.

Faut-il donner du fluor au bébé dès la naissance ?

Non. Aucun complément fluoré ne doit être donné sans conseil médical. La prévention repose ensuite sur le brossage avec un dentifrice fluoré adapté à l’âge et sur le suivi par un professionnel de santé.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel aliment peut contribuer aux apports en iode pendant la grossesse ?
  2. 2.Que faut-il faire avant de prendre un complément de magnésium ?
  3. 3.Quelle affirmation concernant le fluor est exacte ?
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L’iode n’est pas sans limite

Les algues peuvent contenir beaucoup plus d’iode que le sel iodé, avec des quantités très variables. Une consommation régulière peut donc perturber la thyroïde.

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Sources

  1. ANSES, Références nutritionnelles pour les vitamines et minéraux anses.fr
  2. Ameli, Grossesse et alimentation ameli.fr
  3. Santé publique France, 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
  4. Haute Autorité de santé, recommandations en santé bucco-dentaire has-sante.fr
  5. Organisation mondiale de la santé, alimentation et nutrition who.int

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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