Aller au contenu
Bébé Vallée
Santé

Bronchiolite : quelle place pour la kiné respiratoire ?

Lors d’un premier épisode de bronchiolite avant 12 mois, la kinésithérapie destinée à faire remonter les sécrétions bronchiques n’est plus recommandée. Le témoignage ancien de Laure, maman de quatre enfants, permet de comprendre ce changement : aujourd’hui, les soins reposent surtout sur le lavage du nez, une alimentation adaptée et la surveillance de la respiration.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Un témoignage qui raconte les pratiques d’une autre époque
  2. Ce que recommande la HAS pour la bronchiolite
  3. Reconnaître la bronchiolite et suivre son évolution
  4. Les gestes utiles à la maison
  5. Qui contacter et dans quel délai ?
  6. Si une séance de kiné est proposée à votre bébé
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Un témoignage qui raconte les pratiques d’une autre époque

Dans l’entretien publié à l’origine par Bébé Vallée, Laure Thomas racontait les nombreuses séances de kinésithérapie respiratoire reçues par ses quatre enfants. Elle décrivait des pressions sur le thorax, une toux provoquée et son soulagement lorsqu’elle trouvait leur respiration moins encombrée après la séance. Ses jumelles avaient aussi été hospitalisées pour une bronchiolite avec une difficulté respiratoire importante.

Ce récit rapporte le ressenti d’une mère dans un contexte où ces séances étaient très souvent prescrites en France. Une amélioration perçue juste après un soin ne permet toutefois pas de conclure que ce soin raccourcit la maladie ou évite une hospitalisation. Les recommandations ont changé avec l’évaluation des bénéfices et des risques de ces techniques.

Nous conservons donc ce témoignage comme un repère historique, sans reprendre ses conseils de traitement. Les affirmations selon lesquelles il faudrait commencer la kiné au plus vite, faire cracher le bébé ou multiplier les séances à chaque rhume ne correspondent plus aux recommandations actuelles.

Ce que recommande la HAS pour la bronchiolite

La recommandation de la Haute Autorité de santé publiée en 2019 concerne le premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois. Dans cette situation, la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique par augmentation du flux expiratoire n’est pas recommandée en ambulatoire, c’est-à-dire pour les bébés soignés sans hospitalisation. Cette technique consiste à exercer des pressions pour accélérer l’air expiré.

Le drainage postural, qui utilise certaines positions pour faire descendre les sécrétions, les vibrations et les percussions thoraciques sont contre-indiqués dans ce cadre. Vous ne devez donc pas reproduire à la maison les pressions ou les gestes de toux provoquée décrits dans l’ancien entretien.

Les pleurs d’un bébé ne permettent pas d’affirmer qu’un geste est indolore, même s’il se calme ensuite. Un nourrisson n’a pas non plus besoin de cracher pour que sa bronchiolite guérisse : il peut avaler ses sécrétions.

Ces recommandations ne couvrent pas toutes les maladies respiratoires de l’enfant. Une affection chronique, comme la mucoviscidose, peut nécessiter une kinésithérapie spécifique. À l’hôpital, certaines situations particulières peuvent aussi justifier une prise en charge décidée par l’équipe soignante.

Reconnaître la bronchiolite et suivre son évolution

La bronchiolite est une infection virale des petites bronches. Elle commence souvent par un nez qui coule ou se bouche, puis une toux apparaît, avec parfois une respiration sifflante, plus rapide ou plus laborieuse. Le virus respiratoire syncytial, appelé VRS, en est une cause fréquente.

Un rhume ne se transforme pas systématiquement en bronchiolite. Le bruit de la respiration ne suffit pas non plus à mesurer la gravité : le médecin regarde notamment l’effort respiratoire, la capacité à boire et l’état d’éveil de votre bébé.

La phase aiguë dure généralement autour de dix jours, tandis que la toux peut persister deux à quatre semaines. Les premières 48 heures après l’apparition des signes respiratoires demandent une surveillance particulièrement attentive, car l’état peut s’aggraver.

Il n’existe pas d’âge à partir duquel tous les enfants seraient définitivement à l’abri. Des épisodes répétés de toux sifflante nécessitent une nouvelle évaluation médicale, surtout après 12 mois, plutôt qu’une reprise automatique des anciennes ordonnances.

Les gestes utiles à la maison

Pour un bébé que le médecin autorise à rester à domicile, le lavage du nez au sérum physiologique aide à respirer et à boire. Faites-le avant les repas et avant le coucher, ainsi que lorsque le nez est encombré. Utilisez des dosettes à usage unique et demandez à un professionnel de vous montrer le geste si vous le maîtrisez mal.

Pendant le lavage, placez votre bébé sur le côté et introduisez doucement le sérum dans la narine située au-dessus, sans forcer. Respectez des pauses pour le laisser déglutir et reprendre son souffle. Le lavage du nez dégage les voies nasales ; il ne lave pas les bronches.

Proposez le sein ou le biberon plus souvent, en plus petites quantités si votre bébé se fatigue. Notez approximativement ce qu’il boit et surveillez ses couches mouillées : une baisse des apports peut annoncer une déshydratation.

Pour dormir, couchez toujours votre bébé sur le dos, sur un matelas ferme et à plat, sans oreiller ni cale. Lorsqu’il est éveillé, vous pouvez le tenir plus verticalement dans vos bras sous surveillance. Cette position ne doit pas être conservée pour le sommeil.

  • Aérez le logement chaque jour et évitez de surchauffer la chambre.
  • Éloignez votre bébé de la fumée de tabac et des aérosols de vapotage.
  • Lavez-vous les mains avant les soins et après vous être mouché.
  • Ne donnez pas d’antitussif, de fluidifiant bronchique ni d’huiles essentielles à votre nourrisson.

Qui contacter et dans quel délai ?

Pour une première suspicion de bronchiolite, contactez un médecin dans la journée. Il examine votre bébé et décide si les soins à domicile suffisent. Un nourrisson de moins de deux mois, un bébé né prématurément ou atteint d’une maladie cardiaque ou respiratoire doit être évalué rapidement.

Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si votre bébé fait des pauses respiratoires, devient bleu autour des lèvres, respire avec beaucoup de difficulté ou est difficile à réveiller. Un creusement marqué entre les côtes ou au-dessus des clavicules signale un effort respiratoire important.

Contactez également un médecin sans attendre si votre bébé boit moins de la moitié de ses quantités habituelles sur trois repas consécutifs, vomit systématiquement ou mouille nettement moins ses couches. Si aucun médecin n’est rapidement disponible, appelez le 15 pour être orienté.

Une température d’au moins 38 °C chez un bébé de moins de trois mois nécessite une évaluation médicale urgente, même si vous pensez qu’il s’agit d’un simple rhume. Après une première consultation, recontactez le médecin si la respiration, l’alimentation ou l’état d’éveil se dégradent.

Si une séance de kiné est proposée à votre bébé

Demandez au prescripteur quel est l’objectif de la séance et quelle maladie justifie cette prise en charge. Pour un premier épisode de bronchiolite avant 12 mois traité à domicile, vous pouvez rappeler que la HAS ne recommande pas le désencombrement bronchique par augmentation du flux expiratoire.

Un kinésithérapeute peut avoir une place dans l’accompagnement de certaines situations : montrer des soins nasaux, participer à la surveillance ou prendre en charge une maladie respiratoire particulière. Cela ne signifie pas qu’il faut pratiquer des pressions thoraciques à chaque rhume.

Si les épisodes se répètent, reprenez rendez-vous avec le médecin plutôt que de demander simplement de nouvelles séances. Notez les dates, la présence d’une fièvre, les difficultés à boire et l’existence d’une toux entre les infections : ces repères aident à réévaluer le diagnostic.

Quand consulter ?

  • Appelez le 15 ou le 112 immédiatement en cas de pauses respiratoires, de lèvres bleutées, de difficulté respiratoire importante ou de bébé difficile à réveiller.
  • Faites examiner votre bébé dans la journée dès une première suspicion de bronchiolite ; l’évaluation doit être rapide s’il a moins de deux mois ou présente une fragilité connue.
  • Contactez un médecin sans attendre si votre bébé boit moins de la moitié de ses quantités habituelles sur trois repas consécutifs, vomit systématiquement ou mouille nettement moins ses couches.
  • Une température d’au moins 38 °C avant trois mois nécessite une évaluation médicale urgente ; appelez le 15 si vous ne pouvez pas obtenir rapidement un avis.
  • Recontactez le médecin si la respiration, l’alimentation ou l’éveil se dégradent après la première consultation.

Questions fréquentes

La kiné respiratoire fait-elle guérir plus vite la bronchiolite ?

Pour un premier épisode avant 12 mois soigné à domicile, les données ne justifient pas de prescrire le désencombrement bronchique par augmentation du flux expiratoire. La HAS ne recommande donc pas cette technique. Une respiration qui semble moins bruyante juste après la séance ne prouve pas une guérison plus rapide.

Faut-il faire cracher un bébé encombré ?

Non. Un nourrisson peut avaler ses sécrétions, et le fait de ne pas les cracher ne bloque pas sa guérison. Ne pressez pas sa gorge ou son thorax pour provoquer la toux. Surveillez plutôt son effort respiratoire, ses prises alimentaires et son éveil.

Les antibiotiques ou les inhalations sont-ils nécessaires ?

Les antibiotiques ne traitent pas les virus responsables de la bronchiolite ; un médecin peut en prescrire pour une infection bactérienne associée. Les bronchodilatateurs et les corticoïdes ne sont pas recommandés pour un premier épisode de bronchiolite du nourrisson. N’utilisez pas le traitement inhalé d’un autre enfant.

Un bébé qui tousse encore peut-il retourner en collectivité ?

Une toux peut durer plusieurs semaines après la phase aiguë. Le retour dépend surtout de l’état général, de la respiration et de la capacité à s’alimenter, ainsi que des règles de la structure. Pendant la phase aiguë, gardez votre bébé à la maison et demandez conseil au médecin si son état reste fragile.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel soin est utile avant un repas si le nez de votre bébé est encombré ?
  2. 2.Comment coucher un bébé atteint de bronchiolite ?
  3. 3.Quel signe impose d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 ?
Carte savoir
Santé

Cracher n’est pas obligatoire

Un bébé peut avaler les sécrétions qui remontent dans sa gorge. Il n’a pas besoin de les cracher pour guérir d’une bronchiolite : provoquer sa toux par des pressions n’est pas un soin à faire chez vous.

Bébé Vallée

Gagnez cette carte dans Bébé Vallée

Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « Cracher n’est pas obligatoire » rejoint votre album de cartes savoir.

Répondre aux 3 questions
Cet article fait partie du dossierBébé en hiver : froid, infections et bons réflexes

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois has-sante.fr
  2. Assurance maladie, Bronchiolite : symptômes et évolution ameli.fr
  3. Assurance maladie, Bronchiolite : traitement ameli.fr
  4. Assurance maladie, Comment bien réaliser un lavage de nez chez un enfant ? ameli.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

À lire aussi