Au 2e trimestre, comment adapter votre alimentation ?
Au deuxième trimestre, les nausées diminuent souvent et l’appétit revient. Votre organisme a besoin d’énergie supplémentaire, mais la grossesse ne demande pas de doubler les portions : la qualité des aliments, votre faim et l’évolution de votre poids servent de repères.
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Sommaire10 parties
Votre besoin énergétique augmente progressivement
Entre la 14e et la 27e semaine d’aménorrhée, votre corps construit le placenta, augmente le volume sanguin et accompagne la croissance du fœtus. Ces transformations demandent de l’énergie, avec une hausse qui varie selon votre corpulence avant la grossesse, votre activité physique, votre appétit et l’évolution de la grossesse.
Une moyenne chiffrée peut donner un ordre de grandeur, mais elle ne constitue pas une prescription individuelle. Les besoins supplémentaires sont généralement modestes au deuxième trimestre, souvent estimés autour de 200 à 300 kilocalories par jour selon les références et les situations. Une collation composée d’un fruit et d’un yaourt, ou d’une tranche de pain avec quelques noix, peut suffire.
Votre faim reste le meilleur repère lorsque la grossesse se déroule normalement. Mangez à votre faim, prenez le temps de mastiquer et répartissez les repas si les grandes quantités vous gênent. Une prise de poids trop rapide, une perte de poids, des vomissements persistants ou une inquiétude sur vos apports méritent un échange avec votre sage-femme, votre médecin ou une diététicienne.
- Ajoutez une petite collation si la faim apparaît entre deux repas.
- Buvez régulièrement de l’eau, en général 1,5 à 2 litres par jour selon la chaleur et votre activité.
- Gardez des horaires souples pour éviter les longues périodes sans manger.
- Ne cherchez pas à maigrir pendant la grossesse sans accompagnement médical.
Une assiette variée couvre l’essentiel
À chaque repas, associez si possible un aliment riche en amidon, des légumes ou un fruit, une source de protéines et une matière grasse en petite quantité. Le pain, le riz, les pâtes, les pommes de terre, la semoule et les légumineuses fournissent de l’énergie. Les versions complètes ou semi-complètes apportent davantage de fibres, à introduire progressivement si vous n’en mangez pas habituellement.
Les protéines participent au renouvellement de vos tissus et à la croissance du fœtus. Vous pouvez alterner poisson, œufs, volaille, viande, lentilles, pois chiches, haricots et produits laitiers. Une portion de viande, de poisson ou d’œufs n’a pas besoin d’être augmentée automatiquement pendant la grossesse. Les légumineuses associées à une céréale dans la journée forment une combinaison intéressante, sans obligation de les manger au même repas.
Les matières grasses sont utiles, notamment pour leurs acides gras indispensables au développement du système nerveux et de la vision. Ajoutez une cuillère d’huile de colza, de noix ou d’olive dans une salade ou un plat, et variez les huiles. Les noix et autres fruits à coque non salés conviennent si vous les tolérez et si vous n’avez pas d’allergie connue.
- Légumes ou fruits : à chaque repas et en collation selon votre faim.
- Féculents : à chaque repas, avec une préférence régulière pour les versions complètes.
- Légumineuses : au moins deux fois par semaine, si elles sont bien tolérées.
- Poisson : deux fois par semaine, dont un poisson gras comme la sardine ou le saumon.
- Matières grasses : en petite quantité, en variant les huiles.
Calcium, fer, iode et vitamine B9
Le calcium participe à la solidité de vos os et au développement du squelette fœtal. Les recommandations françaises conseillent généralement trois produits laitiers par jour chez l’adulte, en variant lait, yaourt, fromage blanc et fromage. Une boisson végétale enrichie en calcium peut remplacer le lait, à condition de vérifier l’étiquette. Les boissons végétales ordinaires ne contiennent pas toujours assez de calcium et ne remplacent pas systématiquement un produit laitier.
Le fer intervient dans la fabrication des globules rouges. La viande, le poisson, les œufs, les lentilles, les haricots et certains légumes à feuilles en apportent. Une supplémentation ne doit être prise qu’après un avis médical ou une analyse, car les besoins varient et un complément inadapté peut provoquer des effets indésirables.
L’iode contribue au fonctionnement de la thyroïde, qui joue un rôle dans le développement cérébral du fœtus. Utilisez du sel iodé en quantité modérée et mangez du poisson selon les recommandations. La vitamine B9 est surtout préventive avant la conception et au début de la grossesse : si vous n’avez pas reçu de complément ou si vous avez un doute, parlez-en rapidement à votre médecin ou à votre sage-femme.
Les aliments à éviter ou à limiter
Pendant la grossesse, l’alcool est à éviter sous toutes ses formes, y compris le vin, la bière et les alcools présents dans certains desserts. Le café, le thé, les boissons énergisantes et certains sodas apportent de la caféine. En France, l’Anses conseille de rester modérée, avec une limite souvent retenue de 200 mg de caféine par jour. La quantité varie selon le produit : un café filtre peut en contenir davantage qu’un café instantané.
Pour réduire le risque de listériose et de toxoplasmose, lavez soigneusement les fruits, les légumes et les herbes, séparez les aliments crus des aliments cuits et cuisez suffisamment la viande. Évitez la viande crue ou peu cuite, les poissons crus, les coquillages crus, les œufs crus et les préparations qui en contiennent, ainsi que les fromages au lait cru, sauf les fromages à pâte dure selon les consignes de votre maternité. Retirez la croûte des fromages et respectez la chaîne du froid.
Le poisson est intéressant pendant la grossesse, mais certaines espèces accumulent davantage de mercure. Évitez notamment le requin, l’espadon, le marlin, le siki, le thon albacore en grande quantité et le thon rouge. Variez les espèces et demandez conseil si vous consommez régulièrement des poissons d’eau douce pêchés.
Les confiseries, biscuits, pâtisseries et boissons sucrées peuvent trouver une place occasionnelle. Ils rassasient moins longtemps que le pain, les féculents, les fruits ou les produits laitiers et leur consommation fréquente augmente facilement les apports en sucre.
Bouger selon votre grossesse
Si votre sage-femme ou votre médecin ne vous a pas donné de contre-indication, une activité physique régulière aide à préserver la force musculaire, le sommeil et le bien-être. L’objectif général est d’atteindre environ 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, réparties sur plusieurs jours. La marche active, la natation, le vélo d’appartement, la gymnastique prénatale et certains exercices de renforcement adaptés conviennent souvent.
Vous devez pouvoir parler pendant l’effort. Commencez par 10 à 15 minutes si vous étiez peu active, puis augmentez progressivement. Évitez les activités avec risque de chute ou de choc abdominal, les fortes chaleurs et les efforts qui déclenchent une douleur. Après le premier trimestre, évitez de rester longtemps allongée à plat sur le dos si cette position vous donne un malaise.
La prise de poids ne suit pas une règle identique pour toutes les femmes. Les repères dépendent de l’indice de masse corporelle avant la grossesse, d’une éventuelle grossesse multiple et de votre état de santé. Un kilo par mois peut correspondre à certaines situations, mais ne doit pas devenir un objectif imposé. Votre professionnel de suivi interprète votre courbe plutôt qu’un chiffre isolé.
Le fœtus perçoit déjà des saveurs
Des molécules aromatiques issues de l’alimentation peuvent modifier la composition gustative du liquide amniotique. Le fœtus avale ce liquide et développe progressivement ses capacités sensorielles, surtout au fil de la grossesse. Cette exposition participe à son expérience sensorielle, sans transformer la grossesse en période de diversification alimentaire.
Après la naissance, le lait maternel peut aussi présenter de petites variations de goût liées à l’alimentation de la mère. Avec un biberon, le goût du lait reste généralement plus constant. Dans les deux cas, la diversification alimentaire commence autour de 4 mois révolus et au plus tard à 6 mois, selon les recommandations et l’avis du professionnel qui suit votre bébé.
Quand consulter ?
- Contactez rapidement votre maternité ou votre sage-femme en cas de vomissements répétés empêchant de boire, de signes de déshydratation ou de perte de poids.
- Appelez la maternité en cas de saignement, de perte de liquide, de contractions régulières et douloureuses, ou de douleur abdominale persistante.
- Demandez un avis médical dans la journée en cas de fièvre, de diarrhée importante après un aliment à risque, ou de malaise inhabituel.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de difficulté à respirer, douleur thoracique, perte de connaissance, saignement abondant ou douleur intense.
Questions fréquentes
Dois-je manger davantage dès le début du deuxième trimestre ?
Votre besoin énergétique augmente progressivement, mais il ne nécessite généralement qu’un apport supplémentaire modéré. Ajoutez une petite collation si votre faim augmente, sans vous forcer à atteindre un nombre précis de calories.
Quelle prise de poids est normale au deuxième trimestre ?
Il n’existe pas de rythme valable pour toutes les femmes. Le repère dépend de votre IMC avant la grossesse, du nombre de bébés et de votre santé. Votre sage-femme ou votre médecin suit la courbe dans son ensemble.
Puis-je manger du poisson pendant la grossesse ?
Oui, le poisson apporte des protéines et des oméga-3. Mangez-en deux fois par semaine, dont un poisson gras, en variant les espèces et en évitant les poissons très chargés en mercure.
Les envies de sucre annoncent-elles un besoin du bébé ?
Une envie de sucre ne signifie pas que le fœtus manque de sucre. Prenez une collation rassasiante, par exemple un fruit avec un yaourt ou du pain avec quelques noix, et parlez-en si les envies sont très fréquentes.
Testez-vous
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Les saveurs passent déjà
Le liquide amniotique peut contenir des molécules aromatiques issues de l’alimentation. Le fœtus les perçoit progressivement, mais la diversification alimentaire commencera après la naissance.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Manger Bouger, recommandations alimentaires pour les femmes enceintes mangerbouger.fr
- Anses, alimentation et grossesse anses.fr
- Ameli, suivi et conseils pendant la grossesse ameli.fr
- Ministère de la Santé, calendrier des recommandations vaccinales et prévention sante.gouv.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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