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Bébé Vallée
3-5 ans

Tao retrouve son rire

Tao traverse une journée grise où rien ne semble se passer comme prévu. Avec l’aide douce de sa maman, il retrouve peu à peu un petit moment de réconfort, puis son rire.

À lire en 4 minutes

Ce matin-là, le ciel était gris au-dessus de la maison de Tao. Le petit panda ouvrit un œil, puis l’autre. Il aurait aimé voir un rayon de soleil sur son oreiller. Il ne vit qu’une lumière pâle. « Bonjour, journée », murmura-t-il. Sa voix était toute petite.

Au petit déjeuner, la cuillère de Tao tomba dans son bol. Plouf ! Un peu de bouillie sauta sur la table. Tao soupira. Il voulut prendre sa tasse. Elle glissa encore. Clac ! La tasse resta entière, et maman l’essuya doucement. « Ça commence drôle », dit Tao.

Ensuite, Tao chercha son petit foulard jaune. Il regarda sous le coussin, derrière le panier, près de la porte. Rien. Le foulard avait disparu. Tao sentit ses yeux chauffer. Maman s’accroupit près de lui. « Nous allons chercher tranquillement », dit-elle. Tao hocha la tête, sans parler.

Ils cherchèrent dans la chambre. Ils regardèrent sous le lit, dans le tiroir, autour du fauteuil. Le foulard n’était nulle part. Puis Tao aperçut une petite tache jaune dans le panier à linge. Son foulard était là, tout froissé. « Je l’ai trouvé ! » cria-t-il. Il le serra contre son nez. Il sentait le savon.

Dehors, la pluie commença à tomber. Tip, tap, tip, tap. Tao avait prévu une promenade dans le jardin. Il enfila ses bottes et regarda par la fenêtre. Les gouttes coulaient sur la vitre comme de petits chemins. Tao se sentit lourd. « Mon jardin est caché », souffla-t-il.

Maman posa une patte chaude sur son épaule. « Aujourd’hui, le jardin se repose sous la pluie. Nous pouvons rester près de lui. » Tao s’assit contre la fenêtre. Ensemble, ils écoutèrent. Tip, tap. Tip, tap. Le bruit devenait doux, comme une chanson toute ronde.

Tao apporta son coussin préféré. Maman fit chauffer du lait. Pendant que la pluie dansait dehors, Tao s’enroula dans une couverture. Il n’avait toujours pas envie de rire. Il avait envie de rester tranquille. Maman resta près de lui, sans presser ses mots.

Après un moment, Tao entendit un drôle de son. Sa petite botte, posée au bord du tapis, faisait « pouic » chaque fois que la couverture la touchait. Pouic. Tao regarda la botte. Maman la regarda aussi. Leurs yeux se rencontrèrent. Le coin de la bouche de Tao bougea.

Pouic ! La couverture toucha encore la botte. Tao souffla par le nez. Pouic ! Cette fois, un petit « hi » sortit de sa bouche. Maman fit semblant d’être très étonnée. « Oh ! Qui habite dans cette botte ? » Tao répondit d’une voix grave : « Un minuscule canard. »

La botte fit pouic une troisième fois. Tao éclata de rire. Son rire était d’abord léger, comme une bulle. Puis il devint plus grand. Il rebondit sur le tapis, grimpa jusqu’au canapé et dansa près de la fenêtre. Même la pluie sembla chanter avec lui.

Quand le rire se calma, Tao resta blotti contre maman. Son cœur était encore un peu fatigué. La journée n’avait pas changé. Le ciel était toujours gris. Pourtant, dans la maison, quelque chose était devenu plus doux. Tao posa sa joue contre la fourrure de maman.

Le soir, il rangea son foulard près de son lit. Il plaça la petite botte à côté du coussin. « Demain, tu feras pouic ? » demanda-t-il. Maman sourit. « Elle gardera peut-être un petit son pour toi. » Tao ferma les yeux. Dans le silence, il entendit presque : pouic, pouic, bonne nuit.