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Bébé Vallée
3-5 ans

Alba laisse une place au soleil

Alba aimerait jouer avec ses parents, chacun occupé par une petite tâche. Avec l’aide de sa maman, elle prépare un coin doux où leur moment pourra revenir.

À lire en 4 minutes

Au bord de la rivière, le matin brillait doucement. Alba, la petite loutre, ouvrit les yeux dans son nid de roseaux. Elle entendit l’eau faire froufrou, froufrou. Maman rangeait les coquillages. Papa réparait une petite barque. Alba les regarda, le cœur plein d’envie.

Elle prit sa balle ronde entre ses pattes. « Maman, tu joues avec moi ? » Maman posa un coquillage dans son panier. « Tout à l’heure, ma douce. Je termine ici. » Alba attendit un peu. Elle fit rouler sa balle. La balle roula jusqu’à une touffe d’herbe.

Alba alla vers Papa. « Papa, tu viens faire plouf avec moi ? » Papa tenait une corde entre ses pattes. « Quand la barque sera prête, je viendrai. » Alba hocha la tête. Elle entendit encore l’eau. Froufrou, froufrou. La rivière semblait avoir beaucoup de temps, elle.

Alba s’assit près d’un grand rocher. Le soleil chauffait son dos. Une ombre passa sur ses moustaches. Elle regarda Maman, puis Papa. Ses épaules descendirent. Elle aurait aimé garder leurs yeux avec elle, juste un petit moment.

Maman vit le museau d’Alba se pencher vers le sol. Elle posa son panier et s’approcha. « Tu sembles attendre quelque chose », dit-elle. Alba serra sa balle. « J’attends votre regard. Il file toujours ailleurs. » Maman s’assit près d’elle, tout près.

« Les mains de Papa et les miennes sont occupées pour un moment », expliqua Maman. « Ton envie de jouer est bien là. Nous pouvons lui préparer une place. » Alba leva les oreilles. « Une place ? » Maman sourit. « Une place au soleil. »

Elles choisirent un coin clair, devant le grand rocher. Alba apporta sa balle. Maman posa une couverture douce. Alba ajouta deux feuilles rondes, pour faire de petites assiettes. Puis elle plaça un caillou lisse au milieu. « Ici, nous nous retrouverons », murmura-t-elle.

Alba retourna près de Papa. Elle le regarda tourner la corde. « Papa, quand tu auras fini, la place au soleil sera prête. » Papa regarda le coin clair. « Je la vois. Elle m’attend. Et toi aussi. » Il lui fit un petit signe de la patte.

Alba sentit quelque chose se détendre dans son ventre. Elle se mit à aider. Elle apporta une brindille à Papa. Puis elle rangea un coquillage près de Maman. La matinée avançait doucement. Craque, glisse, froufrou. Chaque son avait sa petite place.

Enfin, Papa posa la corde. Maman ferma son panier. Tous deux vinrent vers la couverture. Alba tapota le caillou lisse. « C’est notre place. » Papa s’allongea à côté d’elle. Maman s’installa de l’autre côté. Le soleil réchauffa leurs trois dos.

Alba fit rouler sa balle. Papa la rattrapa. Maman la fit revenir d’un petit coup de patte. La balle passa de l’un à l’autre. « À toi. » « À moi. » « À nous. » Alba riait tout bas. La rivière chantait avec eux.

Quand le soleil descendit, Alba bâilla. Maman l’enveloppa dans la couverture. Papa posa son museau contre le sien. La place au soleil devenait une place du soir. Alba ferma les yeux. Elle savait où déposer son attente. Tout près d’eux, le calme resta.