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Bébé Vallée
3-5 ans

Sami et les chaussures dépareillées

Sami découvre qu’il a mis deux chaussures différentes avant de partir. Avec l’aide de son papa, il transforme cette petite maladresse en un moment léger, puis retrouve son calme.

À lire en 4 minutes

Ce matin-là, Sami se réveilla avec les cheveux en bataille. Le soleil faisait une tache dorée sur son tapis. Dans l’entrée, ses chaussures l’attendaient. Sami enfila la première, puis la seconde. Il attrapa son petit sac et courut rejoindre son papa.

« Prêt pour la promenade ? » demanda papa. Sami hocha la tête. Ils sortirent dans la rue douce du matin. Les feuilles bougeaient lentement. Frou-frou, frou-frou. Sami avançait d’un pas joyeux, quand une dame assise près de la porte regarda ses pieds.

« Oh, tes chaussures ont choisi des couleurs différentes ! » dit-elle avec un sourire. Sami baissa les yeux. Une chaussure était jaune avec des petits points bleus. L’autre était verte avec une grande étoile blanche. Elles étaient jolies. Ensemble, elles semblaient surtout très surprises.

Sami sentit ses joues devenir chaudes. Il resta immobile. Son sac glissa un peu sur son épaule. Papa s’accroupit près de lui. « Tu viens de le remarquer ? » Sami fit oui de la tête. Sa bouche forma un petit rond silencieux.

Papa regarda les chaussures. « Elles ont peut-être décidé de faire la promenade ensemble. » Sami observa la chaussure jaune. Puis la verte. Il posa un pied devant l’autre. Tap, tap. La chaussure à pois répondit à l’étoile. Tap, tap.

Au coin de la rue, une flaque brillait sous le ciel. Sami y aperçut son reflet. Une chaussure jaune, une chaussure verte. Il bougea un pied. Le reflet bougea aussi. Sami fit une petite grimace, puis un tout petit sourire.

« On pourrait rentrer les changer », proposa papa. « Ou continuer doucement, si tu en as envie. » Sami réfléchit. Il regarda la boulangerie au bout de la rue. Une bonne odeur de pain chaud flottait dans l’air. Il avait très envie de continuer.

« Elles viennent avec nous », murmura Sami. Papa sourit. « D’accord. Elles viennent avec nous. » Alors Sami marcha plus lentement. À chaque pas, il écoutait le petit bruit de ses semelles. Tap, tap. Frou-frou. Tap, tap.

Dans la boulangerie, la boulangère regarda ses pieds et dit : « Quelle belle paire pleine d’idées ! » Sami sentit ses épaules se détendre. Papa lui donna le petit pain qu’il avait choisi. Sami le serra contre lui. Le pain était tiède dans ses mains.

Sur le chemin du retour, Sami inventa une promenade pour ses chaussures. La jaune aimait les taches de soleil. La verte aimait les feuilles. Elles avancèrent côte à côte, sans se presser. Le vent soufflait doucement. Chuuut, chuuut.

À la maison, papa posa les chaussures près de la porte. Sami les regarda encore. « Demain, je vérifierai avant de sortir », dit-il. Papa répondit : « Oui. Et aujourd’hui, tu as trouvé une jolie façon de continuer. » Sami hocha la tête.

Après le goûter, Sami mit son pyjama. Il se glissa sous sa couverture. Dans sa tête, les chaussures faisaient encore tap, tap, tap. Sami sourit dans le noir doux de sa chambre. Puis ses yeux se fermèrent. Tout était calme.