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Bébé Vallée
3-5 ans

Nestor et le dessin pour papi

Nestor pense à son papi qui vit loin et cherche une façon de se sentir près de lui. Avec l’aide de maman, il crée un dessin rempli de petits souvenirs.

À lire en 4 minutes

Ce matin-là, Nestor se réveille avec une drôle de boule dans le cœur. Son papi lui manque. Papi habite dans une maison très loin, derrière la grande colline et le long chemin des sapins. Nestor regarde son oreiller. Il aimerait entendre sa voix douce et sentir ses bras autour de lui.

Dans la cuisine, maman prépare une compote. Nestor avance tout doucement. Ses petites pattes font froufrou sur le tapis. « Maman, tu crois que papi pense à moi ? » Maman s’accroupit près de lui. Elle pose une main chaude sur son dos piquant. « Oui, j’en suis sûre. Les pensées voyagent très loin. »

Nestor regarde la table. Il y a une feuille blanche, des crayons, un pinceau et trois petits pots de peinture. Tout à coup, une idée lui chatouille le nez. « Je vais faire un dessin pour papi ! » Il choisit le crayon bleu. Puis le vert. Puis le jaune. La feuille attend, toute blanche et tranquille.

Nestor dessine une grande colline. Il ajoute les sapins, le petit ruisseau et la cabane où papi aime boire son chocolat chaud. Il dessine aussi deux tasses rondes. Une pour papi. Une pour lui. Son crayon glisse doucement. Scritch, scratch. Scritch, scratch.

Puis Nestor veut dessiner le visage de papi. Il commence par les yeux. Ils deviennent très grands. Il essaie les oreilles. Elles partent de travers. Il ajoute les cheveux. Ils ressemblent à des brins d’herbe après la pluie. Nestor soupire. Le dessin lui semble tout bizarre.

Il pousse la feuille du bout de sa patte. « Je n’y arrive pas », murmure-t-il. Une petite larme roule sur son museau. Maman vient s’asseoir près de lui. Elle regarde le dessin avec attention. « Raconte-moi ce que tu aimes chez papi », dit-elle.

Nestor réfléchit. « J’aime quand il chante doucement. J’aime quand il fait tourner sa cuillère dans sa tasse. J’aime ses grosses chaussettes rayées. Et j’aime son rire. Hi hi hi ! » Maman sourit. « Alors, dessinons ces choses-là. Elles te feront penser à lui. »

Nestor reprend son crayon. Il dessine une grande tasse brune. À côté, il ajoute une cuillère qui fait gling, gling. Il colorie des chaussettes avec des rayures rouges et oranges. Pour le rire de papi, il trace de petites bulles autour de la cabane. Ha ha ! Hi hi !

Ensuite, maman aide Nestor à écrire son prénom. Les lettres avancent lentement. Une lettre monte. Une autre penche. Nestor ajoute un cœur près du dessin. « Il est pour papi », dit-il. Maman écrit quelques mots au dos : « Je pense à toi. »

Nestor tient la feuille contre son ventre. Il ferme les yeux. Dans sa tête, il voit papi assis dans sa cabane. Papi agite sa cuillère. Gling, gling. Puis il chante tout bas. La voix arrive comme un petit chemin dans les pensées de Nestor.

Maman glisse le dessin dans une enveloppe. Ensemble, ils collent un timbre et vont jusqu’à la boîte aux lettres. Nestor soulève le clapet. L’enveloppe tombe avec un doux ploc. Il fait coucou à la boîte. « Voyage bien, petit dessin. »

Le soir, Nestor pose une photo de papi près de son lit. Il garde aussi un petit crayon bleu sous son oreiller. La boule dans son cœur est devenue plus légère. Maman borde sa couverture. « Bonne nuit, mon petit hérisson. » Nestor bâille. « Bonne nuit. Papi est loin, et je pense à lui tout près. »