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Bébé Vallée
3-5 ans

Ilyes et le sourire au miroir

Ilyes hésite à entrer dans un nouvel atelier et cherche du courage devant le miroir. Avec l’aide de sa maman, il se rappelle ses petites réussites et avance à son rythme.

À lire en 4 minutes

Ce matin, Ilyes se réveilla avec un drôle de chatouillis dans le ventre. Aujourd’hui, il allait aller à l’atelier des petites mains. Il y aurait des enfants, des pinceaux et une grande table ronde. Ilyes aimait dessiner. Pourtant, il avait envie de rester tout près de maman.

Dans la salle de bains, Ilyes regarda son reflet. Ses cheveux faisaient un petit épi sur sa tête. Ses yeux clignèrent. Sa bouche resta toute droite. « Bonjour, Ilyes », murmura-t-il. Le miroir lui répondit en silence. Ilyes posa une main sur son ventre et souffla doucement.

Maman s’approcha. Elle s’accroupit près de lui. « Ton ventre fait peut-être boum-boum », dit-elle. Ilyes hocha la tête. « Nous pouvons prendre le temps. » Elle lui proposa de chercher ensemble trois choses qu’il savait déjà faire. Ilyes réfléchit, les doigts serrés sur le bord du lavabo.

« Je sais mettre mes chaussettes », dit-il. « Oui, tout seul », répondit maman. Ilyes leva un doigt. « Je sais faire une tour avec mes cubes. » Deux doigts. « Je sais chanter la chanson du petit escargot. » Trois doigts. Le ventre d’Ilyes fit encore boum-boum, avec un son un peu plus doux.

Maman sourit. « Tu peux garder ces trois réussites dans ta poche imaginaire. » Ilyes glissa sa main dans sa poche. Il fit semblant d’y déposer ses chaussettes, sa tour et sa chanson. Puis il regarda le miroir. « Bonjour, Ilyes », répéta-t-il. Cette fois, un petit sourire apparut.

Dans l’entrée, Ilyes enfila ses chaussures. Une chaussure à gauche. Une chaussure à droite. Il prit son petit sac. Maman lui donna la main. Dehors, les feuilles bougeaient dans l’air frais. Frou-frou, frou-frou. Ilyes marchait lentement. Sa poche imaginaire restait bien fermée.

Quand ils arrivèrent devant l’atelier, on entendit des voix et des rires tranquilles. Une dame ouvrit la porte. « Bonjour, Ilyes. Nous allons peindre aujourd’hui. » Ilyes se rapprocha de maman. Ses doigts serrèrent les siens. Il regarda la grande table, les pinceaux et les pots de couleur.

Maman se pencha vers lui. « Tu peux commencer par regarder. Ensuite, tu choisiras un petit geste. » Ilyes pensa à sa poche imaginaire. Il sortit une première réussite. « Je sais mettre mes chaussettes. » Il respira. Puis il sortit la deuxième. « Je sais faire une tour. » Ses épaules descendirent un peu.

Un garçon posa une feuille devant lui. Une fille mélangea du jaune et du bleu. Ilyes choisit un pinceau fin. Il toucha la peinture avec le bout des poils. Ploc. Une petite goutte tomba sur sa feuille. Ilyes dessina un rond, puis un autre. Les ronds devinrent des bulles.

La dame demanda : « Veux-tu ajouter une couleur ? » Ilyes regarda maman. Maman lui fit un petit signe. Alors Ilyes prit le rouge. Il ajouta deux petits points. « On dirait des pommes », dit-il. Sa voix était légère. Dans son ventre, le boum-boum devint presque un tap-tap.

Après l’atelier, Ilyes courut vers maman avec sa feuille. « J’ai choisi le pinceau. J’ai parlé des pommes. » Maman regarda les bulles et les points rouges. « Tu as avancé par petites étapes », dit-elle. Ilyes toucha sa poche imaginaire. Elle était pleine d’une nouvelle réussite.

Le soir, avant le pyjama, Ilyes retourna devant le miroir. Son épi était encore là. Il fit une grimace, puis un grand sourire. « Bonjour, Ilyes », dit-il. Maman lui répondit : « Bonsoir, Ilyes. » Il posa trois doigts sur son cœur. Dans la maison calme, sa respiration faisait chhh, chhh.