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Bébé Vallée
3-5 ans

Ilyan dit stop aux chatouilles

Ilyan aime les jeux avec sa famille, sauf les chatouilles. Avec l’aide de sa maman, il trouve les mots pour dire stop et découvre que son corps mérite d’être écouté.

À lire en 4 minutes

Après le bain, Ilyan met son pyjama bleu. Il sent bon le savon. Ses cheveux font de petites gouttes sur son front. Dans le salon, maman range les serviettes. Papa prépare une histoire. Ilyan avance sur le tapis en faisant « ploc, ploc » avec ses chaussons.

Soudain, papa s’approche avec un grand sourire. Il pose un doigt léger sur le ventre d’Ilyan. « Chatouille, chatouille ! » Ilyan se tortille. Son rire sort vite, comme une petite clochette. « Hi hi ! » Papa recommence encore un peu.

Ilyan rit toujours. Pourtant, son ventre se serre. Ses épaules montent. Ses pieds cherchent un coin tranquille du tapis. Les chatouilles vont trop vite. Elles font « flic, flac, flic ». Ilyan voudrait que cela s’arrête.

Il ouvre la bouche, puis la referme. Les mots restent cachés derrière ses dents. Maman regarde Ilyan. Elle voit ses épaules hautes et ses petits pieds qui reculent. Elle s’assoit près de lui, doucement.

« Ilyan, ton corps essaie de nous parler », dit maman. « Tu peux dire ce que tu veux. » Ilyan respire. Il pose une main sur son ventre. Puis il regarde papa et dit d’une voix claire : « Stop aux chatouilles. »

Papa retire ses mains tout de suite. Il les pose sur ses genoux. « D’accord. J’arrête », répond-il. Le salon devient calme. On entend seulement l’horloge : tic, tac, tic, tac. Ilyan sent son ventre se détendre.

Maman sourit à Ilyan. « Tu peux dire stop avec des mots, avec ta main, ou avec un signe de tête. » Ilyan lève la paume devant lui. « Comme ça ? » « Oui. Comme ça. » Sa main ressemble à un petit panneau tranquille.

Papa écoute. « Merci de me l’avoir dit. Qu’est-ce que tu aimerais faire maintenant ? » Ilyan réfléchit. Il aime les câlins doux. Il aime aussi taper dans les mains. « Un câlin avec mes bras autour de toi », répond-il.

Papa ouvre les bras et attend. Ilyan avance quand il est prêt. Il se blottit contre son pull chaud. Maman pose une main sur son dos. « Un, deux, trois respirations », murmure-t-elle. Tous respirent ensemble. Le pull bouge doucement.

Ensuite, Ilyan montre son jeu préféré : faire rouler une petite voiture rouge sous la table. Papa pousse la voiture. Ilyan la pousse à son tour. « Vroum, vroum, doucement », chantent-ils. Le jeu fait rire Ilyan tout près de lui-même.

Avant l’histoire, papa demande : « Est-ce que je peux te tenir la main ? » Ilyan regarde sa main. « Oui, une main. » Papa attend encore un instant. Ilyan glisse ses doigts dans les siens. La main est chaude. Elle reste calme.

Dans le lit, la couverture monte jusqu’au menton d’Ilyan. Maman lit quelques pages. Papa écoute en silence. Au moment de dire bonne nuit, il demande : « Un bisou sur le front ? » Ilyan répond : « Oui. » Le bisou est doux et rapide.

La chambre devient bleue dans la lumière de la veilleuse. Ilyan pense à sa main levée. Il pense à son ventre qui s’est détendu. Quand son corps parle, il peut l’écouter. Quand quelqu’un parle, on peut l’écouter aussi. « Bonne nuit, Ilyan », chuchote maman.

Ilyan ferme les yeux. Dans son rêve, une petite voiture fait « vroum, vroum » sur un tapis moelleux. Elle s’arrête quand une petite main se lève. Puis elle repart, tout doucement, quand tout le monde est prêt.