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Bébé Vallée
3-5 ans

Gaspard choisit une nouvelle coupe

Gaspard va chez le coiffeur pour choisir une nouvelle coupe. Avec l’aide de sa maman, il trouve des mots et des gestes qui rendent ce moment doux et rassurant.

À lire en 4 minutes

Ce matin-là, Gaspard le petit cochon d’Inde se regarda dans le miroir. Ses poils formaient un grand nuage autour de sa tête. Ils chatouillaient ses oreilles. Ils dansaient devant ses yeux. « Aujourd’hui, nous allons chez Lila la coiffeuse », dit Maman. Gaspard remua le nez. Snif, snif.

Dans la petite boutique, ça sentait la lavande et le linge propre. Une clochette fit dring-dring. Lila sourit derrière son comptoir. « Bonjour, Gaspard. Tu aimerais une nouvelle coupe ? » Gaspard regarda les brosses, les peignes et le fauteuil rond. Son ventre fit glou-glou.

Maman posa doucement une patte près de la sienne. « Tu peux regarder tranquillement », dit-elle. Gaspard observa le fauteuil. Il était doux et bleu. À côté, un petit coussin attendait. Lila lui montra une brosse jaune. « Elle fera frrrr dans tes poils. Tu veux l’essayer sur ta patte ? »

Gaspard toucha la brosse du bout du nez. Frou-frou. Le son était léger. Lila passa une petite mèche entre ses doigts. « Tu préfères les poils courts autour des yeux, ou une coupe toute ronde ? » Gaspard réfléchit. Il aimait voir ses yeux brillants. Il choisit la coupe toute ronde.

Alors Lila invita Gaspard à monter sur le fauteuil. Il grimpa avec Maman. Le coussin était moelleux sous son ventre. La coiffeuse posa une serviette douce autour de ses épaules. Gaspard regarda la porte, puis le miroir. Ses pattes se serrèrent un peu.

« J’aimerais une pause », dit Gaspard d’une petite voix. Lila arrêta ses mains. « Bien sûr. On fait une pause. » Maman prit une longue respiration. Gaspard respira avec elle. Inspire, doucement. Expire, doucement. Le rideau bougea. Chhh… chhh… La boutique semblait respirer aussi.

Après la pause, Gaspard montra la clochette près de la porte. « Quand je la touche, on s’arrête ? » demanda-t-il. « Oui », répondit Lila. « Tu peux aussi me dire si le peigne tire ou si tu veux regarder. » Gaspard hocha la tête. Il tenait maintenant un petit mouchoir bleu entre ses pattes.

Lila commença par une seule mèche. Frou-frou, fit la brosse. Clic-clic, firent les petits ciseaux. Gaspard regarda dans le miroir. Une boucle tomba sur la serviette. « Encore une mèche », dit-il. Puis une autre. Maman chantonna tout bas : « Frou-frou, clic-clic, tout doux, tout petit. »

Quand le peigne approcha de son oreille, Gaspard leva la patte. « Je voudrais savoir avant », dit-il. Lila répondit : « Je vais toucher ton oreille avec le peigne. Puis je passerai autour. » Gaspard regarda Maman. Elle sourit. Il fit oui de la tête. Le peigne passa lentement.

Peu à peu, le grand nuage devint une jolie forme ronde. Les yeux de Gaspard apparurent bien nets. Ses oreilles étaient légères. Lila tourna le fauteuil vers le miroir. Gaspard se vit avec ses moustaches en éventail. « Oh ! Je ressemble à une petite lune », dit-il.

Maman lui tendit le miroir de poche. Gaspard regarda devant, derrière, sur le côté. Il posa une patte sur sa tête. Tout était doux et léger. Lila lui donna un petit nœud de tissu vert à choisir pour son panier. Gaspard choisit le vert, comme les feuilles après la pluie.

Dans la rue, le soleil chauffait doucement son dos. Gaspard marchait près de Maman. Sa nouvelle coupe bougeait à chaque pas. Frou-frou. Frou-frou. À la maison, il s’installa dans son panier. Maman lui apporta une feuille croquante. Gaspard mâcha lentement, les yeux mi-clos. La journée pouvait se reposer.