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Bébé Vallée
3-5 ans

Éli attend que la colle sèche

Éli, un petit renard, fabrique un joli jardin en papier et voudrait le montrer tout de suite. Avec l’aide de sa maman, il trouve une façon douce d’attendre que la colle sèche.

À lire en 4 minutes

Ce matin, Éli le petit renard sort des papiers colorés. Il choisit du vert pour les feuilles, du jaune pour le soleil et du rose pour les fleurs. Sur la table, il prépare son grand jardin en papier. « Aujourd’hui, je vais tout finir ! » annonce-t-il, les yeux brillants.

Éli découpe une feuille, puis une autre. Ensuite, il pose une petite fleur près d’un rond jaune. Sa maman dépose une goutte de colle derrière chaque morceau. Goutte, goutte. Éli appuie doucement avec son doigt. « Voilà ! C’est collé ! »

Il ajoute une maison minuscule et deux nuages blancs. Le jardin devient joli. Éli se penche pour regarder de très près. Une feuille bouge un peu. « Oh ! Elle glisse. » Il la remet en place et appuie encore. Sa petite patte reste là, bien longtemps.

« Maman, je peux déjà soulever mon jardin ? » demande Éli. Maman sourit et regarde la feuille. « La colle travaille encore. Elle a besoin d’un peu de temps. » Éli regarde le papier. La colle est toute brillante. Elle semble dire : « Doucement, doucement. »

Éli souffle sur la fleur. Ffffou. La fleur tremble. Il souffle encore. Ffffou. La feuille glisse de nouveau. Éli fronce son petit museau. Il aimerait courir montrer son jardin à son voisin. Ses pattes ont envie de bouger et sa queue remue vite.

Maman pose sa main près de la sienne. « Nous pouvons attendre ensemble. » Elle prend une petite horloge ronde. « Quand la grande aiguille sera en haut, nous regarderons. » Éli observe les deux aiguilles. La petite avance à pas lents. Tic, tac. Tic, tac.

Pour aider le temps à passer, Maman propose de ranger les papiers. Éli remet le vert dans la boîte verte et glisse le jaune sous le jaune. Il retrouve une étoile qui était tombée près de la chaise. « Je peux lui trouver une place quand la colle sera prête », dit-il.

Ensuite, Éli et Maman vont près de la fenêtre. Ils regardent une feuille danser dans le vent. Elle monte, elle descend. Elle tourne tout doucement. Éli respire avec elle. « Je monte », murmure-t-il en inspirant. « Je descends », souffle-t-il.

Tic, tac. Le soleil avance sur le tapis. Éli revient voir son jardin. Il touche le bord d’une feuille avec un seul doigt. Elle reste en place. Il attend encore un peu, les mains derrière le dos. Son cœur fait moins vite boum, boum.

La grande aiguille arrive enfin en haut. Maman s’approche avec Éli. Ils soulèvent ensemble le carton du jardin. La maison reste collée. Les fleurs restent collées. Les nuages restent collés. Éli ouvre grand la bouche. « Ça tient ! »

Il ajoute l’étoile près de la maison. Une petite goutte de colle, puis un doigt bien doux. « Elle aussi va travailler », dit Maman. Éli pose le jardin sur une étagère. Il recule d’un pas pour le regarder. Son sourire s’installe tranquillement.

Le soir, Éli montre son œuvre à son voisin. « J’ai fabriqué un jardin », dit-il. « J’ai attendu pour qu’il tienne. » Puis il bâille. Dans son lit, il entend encore le doux tic, tac de l’horloge. Ses yeux se ferment. Dans son rêve, les fleurs en papier dansent sans se décoller.