Célia plante une graine patiente
Célia plante une petite graine et découvre que les choses vivantes grandissent à leur rythme. Avec l’aide de sa mamie, elle invente un doux rendez-vous pour prendre soin d’elle chaque jour.
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Dans un petit pot rond, Célia déposait trois petits cailloux. Cloc, cloc, cloc. Puis elle ajoutait de la terre douce. Elle creusait un trou avec son doigt. Au fond, elle posait une graine brune, minuscule comme un grain de riz.
« Dors bien, petite graine », chuchota Célia. Elle recouvrit la graine de terre et versa un peu d’eau. Plouf, plouf. Le pot resta sur le rebord de la fenêtre, près du soleil. Célia sourit. Elle attendit une minute. Puis deux minutes.
Célia regarda la terre. Elle était brune et lisse. Rien ne bougeait. Elle regarda encore. Toujours rien. « Peut-être qu’elle a besoin d’un peu plus d’eau », pensa-t-elle. Elle prit son petit arrosoir et versa encore quelques gouttes.
Mamie entra dans la cuisine avec un panier de linge. Elle vit l’arrosoir, le pot et les yeux sérieux de Célia. « Tu attends quelque chose ? » demanda-t-elle. Célia hocha la tête. « Je voudrais voir la plante maintenant. Elle est cachée depuis longtemps. »
Mamie s’assit près d’elle. « Les graines travaillent doucement, sous la terre. Elles boivent, elles se reposent, elles se préparent. » Célia posa sa main sur le pot. Elle n’entendait rien. Pourtant, elle imagina une toute petite racine qui cherchait son chemin.
Le lendemain, Célia courut vers la fenêtre. Elle souleva presque le pot. La terre avait séché un peu. Elle apporta son arrosoir. Mamie regarda avec elle. « Une petite gorgée suffit », dit-elle. Célia versa doucement. Glou, glou. Puis elle remit le pot au soleil.
Pour se souvenir, Mamie dessina un petit rond sur une feuille. Chaque matin, après le petit-déjeuner, Célia pouvait regarder la terre. Si elle était sèche, elle donnait quelques gouttes. Ensuite, elle faisait un rond sur la feuille. Un rond, un sourire, puis la journée continuait.
Le troisième matin, Célia fronça le nez. « Il n’y a toujours rien. » Elle posa son menton dans ses mains. Mamie rapprocha le pot. « Regarde bien la terre. Elle semble différente, ici, près du bord. » Célia pencha la tête. Un petit trait vert pointait dehors.
« Oh ! Une boucle verte ! » cria Célia. Elle tapa dans ses mains. La petite pousse trembla légèrement. Célia s’arrêta aussitôt. « Bonjour », souffla-t-elle. « Tu as dormi longtemps. » Mamie sourit. La pousse était fine, fragile et courageuse.
Les jours suivants, Célia gardait son petit rendez-vous. Elle ouvrait les rideaux. Elle touchait la terre du bout du doigt. Elle donnait de l’eau quand il en fallait. Elle parlait doucement à la pousse. « Bonjour, petite feuille. À demain, petite tige. »
Un matin, deux feuilles rondes apparurent. Elles semblaient saluer la fenêtre. Célia les observa longtemps. Elle pensa à la graine cachée, aux gouttes d’eau et aux matins tranquilles. Tout avait changé petit à petit, pendant qu’elle prenait soin du pot.
Le soir, Célia posa la feuille des petits ronds près de son lit. La pousse restait au chaud sur la fenêtre. Mamie borda Célia. « À demain, petite jardinière », murmura-t-elle. Célia ferma les yeux. Dans le calme, elle entendit presque un doux bruit : pousse, pousse, pousse.
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