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Bébé Vallée
3-5 ans

Basile et le dernier morceau de craie

Basile trouve le dernier morceau de craie dans la cour et aimerait dessiner seul. Avec Lina, il cherche une façon de créer ensemble pour que chacun puisse participer.

À lire en 4 minutes

Après le goûter, Basile sort dans la cour. Le soleil fait une tache jaune sur le sol. Près du banc, il aperçoit une petite craie blanche. Toute petite. Ronde au bout. Basile la ramasse entre deux doigts. « Chouette, je vais dessiner un grand nuage ! »

À ce moment-là, Lina arrive avec ses petits pas pressés. Elle regarde la craie. Ses yeux brillent. « Moi, je voudrais dessiner une maison », dit-elle. Basile serre doucement la craie dans sa main. Il regarde le sol. Il regarde Lina. Le vent fait frou-frou dans les feuilles.

Basile pense à son grand nuage. Lina pense à sa maison. La craie est courte. Très courte. Elle tient juste dans une main. Tous les deux restent silencieux. On entend une porte qui claque au loin, puis le chant d’un petit oiseau.

Lina s’assoit près du banc. « On peut attendre notre tour », propose-t-elle. Basile baisse les yeux. Attendre lui semble long. Son nuage a envie de commencer tout de suite. Il pose la craie sur le sol. Toc. Le petit morceau roule jusqu’à la chaussure de Lina.

Lina le ramasse. Elle trace un carré. Puis elle s’arrête. « Voilà le début de ma maison. » Basile prend la craie. Il ajoute un grand toit. « Voilà le début de ton nuage », dit Lina. Elle montre le toit avec son doigt. « Il peut flotter au-dessus de la maison. »

Basile regarde le dessin. Une maison avec un toit blanc. Au-dessus, il ajoute deux boucles. « Un nuage », murmure-t-il. Lina fait une petite fenêtre. Basile trace une porte. La craie glisse : cric, crac, cric. Le dessin grandit doucement entre leurs deux pieds.

Puis Basile a une idée. « On pourrait faire une grande route autour de la maison. » Lina tape dans ses mains. « Et des fleurs sur les côtés ! » Ils s’accroupissent. Basile tient la craie en bas. Lina pose deux doigts tout près des siens. Ils avancent ensemble. Glisse, glisse, glisse.

La route devient longue. Elle passe sous le nuage, tourne près de la maison, puis revient jusqu’au banc. Lina dessine trois fleurs. Basile ajoute des ronds au milieu. « Une, deux, trois », comptent-ils. Leurs voix montent et descendent comme une petite chanson.

La craie devient encore plus petite. Basile la tient du bout des doigts. Lina l’aide à la faire tourner. Ensemble, ils dessinent un soleil dans un coin. Il reste un minuscule morceau. Basile le pose au centre du soleil. « Voilà notre lumière », dit-il.

Ils reculent pour regarder. Sur le sol, il y a une maison, une route, des fleurs, un nuage et un soleil. Lina sourit. Basile sourit aussi. La cour semble calme autour d’eux. Même le vent souffle plus doucement : ffff, ffff.

La maîtresse appelle les enfants pour ranger. Basile et Lina se lèvent. Ils regardent une dernière fois leur dessin. « Demain, on pourra ajouter des arbres », dit Basile. Lina prend sa main. Ils marchent côte à côte vers la classe. Un pas, puis un autre. Doucement, doucement.