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Bébé Vallée
Vivre sa grossesse

Prématurité à 24 semaines : quelle prise en charge ?

Un accouchement à 24 semaines d’aménorrhée, soit environ 5 mois et demi de grossesse, nécessite une équipe spécialisée et une organisation rapide. Les décisions dépendent du terme, de l’état du bébé, de la santé de la mère et des souhaits de la famille. Les soins actuels associent anticipation avant la naissance, réanimation néonatale et accompagnement des parents.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. La prématurité se prépare quand un risque apparaît
  2. Que peut-on faire avant la naissance ?
  3. À 24 semaines, une décision individualisée
  4. Les soins en réanimation néonatale
  5. La place des parents commence dès la réanimation
  6. La recherche améliore les soins dans la durée
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

La prématurité se prépare quand un risque apparaît

Un bébé est prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée. La grande prématurité concerne les naissances avant 32 semaines, et l’extrême prématurité celles qui surviennent avant 28 semaines. À 24 semaines, chaque jour gagné pendant la grossesse peut compter, même si l’équipe doit parfois faire naître l’enfant rapidement pour protéger la mère ou le bébé.

La menace d’accouchement prématuré peut se manifester par des contractions régulières, des douleurs lombaires inhabituelles, une pesanteur pelvienne, des pertes de liquide ou des saignements. La sage-femme ou le médecin évalue le col de l’utérus par examen et échographie, vérifie le rythme cardiaque du bébé et recherche une infection ou une rupture des membranes.

La longueur du col peut aider à estimer le risque dans certaines situations, surtout en cas de contractions ou d’antécédent de naissance prématurée. Une échographie du col ne suffit cependant pas à elle seule pour prédire une naissance. Le cerclage est réservé à des indications précises, notamment certains antécédents ou une ouverture du col, et ne se programme pas systématiquement au quatrième mois.

Après une naissance prématurée, l’équipe propose parfois une consultation spécialisée avant ou au début d’une nouvelle grossesse. Selon le dossier, elle peut discuter d’un suivi rapproché du col, de progestérone vaginale dans certaines indications ou d’un cerclage. L’arrêt de travail est décidé au cas par cas, car il ne prévient pas à lui seul toutes les naissances prématurées.

  • Identifier les antécédents de prématurité, de fausse couche tardive ou de chirurgie du col.
  • Repérer une grossesse multiple, une infection, une hypertension ou une rupture des membranes.
  • Orienter rapidement la mère vers une maternité adaptée au terme et au risque néonatal.

Que peut-on faire avant la naissance ?

Lorsqu’une naissance avant 34 semaines paraît possible, des corticoïdes peuvent être proposés à la mère pour accélérer la maturation des poumons du bébé. Leur intérêt dépend du terme, du délai probable avant l’accouchement et de la situation médicale. La décision est prise par l’équipe de maternité, sans automédication.

Du sulfate de magnésium peut être administré avant une naissance très prématurée, généralement avant 32 semaines selon les recommandations et le contexte. Il contribue à réduire le risque de certaines atteintes neurologiques chez le bébé. Une perfusion destinée à ralentir les contractions peut aussi être discutée pour gagner le temps nécessaire aux corticoïdes ou au transfert vers une maternité adaptée.

Si les membranes sont rompues ou si une infection est suspectée, l’équipe adapte la surveillance et peut prescrire des antibiotiques. Une infection, une souffrance du bébé, une hypertension sévère ou un saignement important peuvent conduire à faire naître l’enfant sans attendre, car prolonger la grossesse deviendrait alors plus dangereux.

Le transfert avant la naissance, appelé transfert in utero, est souvent privilégié lorsque l’état de la mère le permet. Il permet au bébé de naître directement dans un établissement disposant d’une réanimation néonatale, plutôt que d’être transporté après sa naissance.

À 24 semaines, une décision individualisée

La France ne fixe pas un âge légal unique auquel une réanimation serait obligatoire ou interdite. À 24 semaines d’aménorrhée, la prise en charge se discute avec les parents dans un centre spécialisé, en tenant compte du terme confirmé par l’échographie du premier trimestre, du poids estimé, de la croissance, des malformations éventuelles, de l’état de la mère et des conditions de naissance.

La survie et le risque de séquelles varient fortement selon ces paramètres et selon les études. Les chiffres ne permettent donc pas de prédire l’avenir d’un bébé donné. L’équipe explique les bénéfices attendus de la réanimation, ses limites, les gestes possibles en salle de naissance et le suivi nécessaire pendant plusieurs années.

Si une réanimation est engagée, elle peut comprendre une aide respiratoire, la pose d’une voie veineuse, le maintien de la température et une surveillance continue. Certains bébés respirent avec une aide non invasive, d’autres ont besoin d’une intubation et d’un respirateur. Les parents reçoivent des informations au fur et à mesure, car l’état du bébé peut évoluer rapidement.

Les soins en réanimation néonatale

Un bébé très prématuré ne sait souvent pas encore coordonner efficacement la respiration, la succion et la déglutition. Il est installé dans une couveuse ou un berceau chauffant, avec une surveillance du cœur, de la respiration, de l’oxygène dans le sang et de la température. L’alimentation commence fréquemment par de petites quantités de lait maternel ou de lait adapté, données par sonde selon sa tolérance.

Les complications possibles concernent surtout les poumons, le cerveau, les intestins, les yeux et la régulation de la température. Le risque dépend du terme et de l’évolution de chaque enfant. Des examens répétés, notamment des échographies cérébrales et des contrôles ophtalmologiques à certaines étapes, permettent de dépister les difficultés et d’adapter les soins.

La douleur et le stress sont pris en compte. Les équipes regroupent certains soins quand cela est possible, limitent le bruit et la lumière, protègent la peau et utilisent le contact peau à peau lorsque l’état du bébé le permet. Ces mesures ne remplacent pas les traitements médicaux, elles soutiennent la stabilité du nouveau-né et la relation avec ses parents.

Les séquelles ne sont pas systématiques. Certains enfants présentent des troubles moteurs, visuels, auditifs, respiratoires, de l’attention ou des apprentissages. Un suivi coordonné après la sortie aide à repérer précocement ces besoins, avec le pédiatre, la PMI, un CAMSP ou d’autres professionnels selon le département.

La place des parents commence dès la réanimation

Les parents peuvent demander à visiter leur bébé, à recevoir des explications quotidiennes et à participer aux soins adaptés à son état. Parler doucement, poser une main contenante, changer une couche ou donner le lait exprimé sont des gestes proposés progressivement par l’équipe. Le peau à peau, appelé méthode kangourou, est organisé dès que la stabilité respiratoire et circulatoire le permet.

Le lait maternel peut être tiré même si le bébé ne tète pas encore. Il est donné selon les besoins médicaux et les possibilités de la mère. Une alimentation au lait infantile convient également lorsque l’allaitement n’est pas souhaité, possible ou suffisant. L’équipe accompagne chaque choix sans jugement.

Une maternité de niveau III dispose d’une réanimation néonatale et prend en charge les grossesses présentant un risque élevé de naissance très prématurée. Les réseaux régionaux de périnatalité organisent les transferts, la coordination avec la maternité de proximité et le suivi après la sortie. Les services, les chambres parents-enfant et les modalités de visite varient selon les établissements : ces informations se demandent dès l’hospitalisation.

La recherche améliore les soins dans la durée

Les progrès viennent de plusieurs domaines : corticoïdes avant la naissance, ventilation moins traumatique, prévention des infections, nutrition adaptée, soins du développement et participation des parents. Les recherches portent aussi sur les conséquences à long terme, comme les troubles respiratoires, les difficultés d’apprentissage ou les besoins d’accompagnement à l’école.

Les fondations et les équipes hospitalières collaborent avec les réseaux de périnatalité et les organismes de recherche. Leur objectif est de mieux prévenir la prématurité, de réduire les complications et d’organiser un suivi qui ne s’arrête pas au jour de la sortie. Les pratiques évoluent régulièrement, ce qui explique les différences entre les informations anciennes et les propositions faites aujourd’hui.

Quand consulter ?

  • Appelez votre maternité rapidement si vous avez des contractions régulières ou douloureuses avant 37 semaines d’aménorrhée, surtout si elles se répètent pendant une heure.
  • Contactez la maternité sans attendre en cas de perte de liquide, de saignement vaginal, de fièvre ou de douleurs pelviennes inhabituelles.
  • Après le terme où vous percevez habituellement les mouvements, appelez la maternité si votre bébé bouge nettement moins ou plus du tout après vous être allongée au calme.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de saignement abondant, de malaise, de difficulté à respirer, de douleur intense ou de perte de connaissance.

Questions fréquentes

Un bébé né à 24 semaines peut-il être réanimé ?

Une prise en charge active peut être discutée dès 24 semaines d’aménorrhée dans un centre spécialisé. La décision dépend du terme confirmé, de l’état du bébé et de la mère, des éventuelles malformations et du projet partagé avec les parents.

Une grossesse après une naissance prématurée sera-t-elle forcément prématurée ?

Non. Le risque est augmenté, mais beaucoup de grossesses suivantes atteignent un terme plus avancé. Une consultation préconceptionnelle ou précoce permet de rechercher la cause précédente et de prévoir la surveillance adaptée.

Le repos au lit évite-t-il l’accouchement prématuré ?

Le repos strict n’est pas recommandé systématiquement, car il peut favoriser la perte musculaire et les complications liées à l’immobilité. Les restrictions d’activité sont adaptées à la cause, au terme et à l’état de santé.

Les parents peuvent-ils toucher leur bébé en réanimation ?

Oui, lorsque l’état du bébé le permet. L’équipe montre comment poser une main, participer à un soin ou faire du peau à peau. Les règles d’hygiène, les horaires et le nombre de visiteurs dépendent du service.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel établissement prend en charge les situations de très grande prématurité ?
  2. 2.À quoi servent principalement les corticoïdes donnés avant une naissance très prématurée ?
  3. 3.Quel signe doit conduire à appeler rapidement la maternité ?
Cet article fait partie du dossierPrématurité : comprendre, prévenir et accompagner bébé

Sources

  1. Haute Autorité de santé, recommandations sur la menace d’accouchement prématuré et la prématurité has-sante.fr
  2. Assurance Maladie, grossesse et naissance prématurée ameli.fr
  3. Santé publique France, Enquête nationale périnatale et données sur la prématurité santepubliquefrance.fr
  4. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, recommandations pour la pratique clinique cngof.fr
  5. Fondation PremUp, recherche et accompagnement autour de la prématurité premup.org

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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