Prématurité : repérer les risques et les signes
Un accouchement prématuré survient avant 37 semaines d’aménorrhée, parfois sans cause retrouvée. Le suivi de grossesse aide à repérer certaines situations à risque, tandis que des contractions régulières, une perte de liquide ou des saignements nécessitent un avis rapide de la maternité.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
Quand parle-t-on de prématurité ?
La prématurité correspond à une naissance avant 37 semaines d’aménorrhée, soit avant environ 35 semaines de grossesse. Elle est dite modérée entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée, grande entre 28 et 31 semaines, et extrême avant 28 semaines.
Chaque semaine gagnée permet au bébé de poursuivre la maturation de ses poumons, de son cerveau, de son système digestif et de sa capacité à téter. Le terme « menace d’accouchement prématuré » décrit des contractions associées à des modifications du col, sans signifier que la naissance est certaine.
La cause peut être retrouvée, par exemple une grossesse multiple, une infection, une anomalie du placenta ou une hypertension sévère. Dans de nombreuses situations, aucun facteur unique n’explique le début du travail.
- Antécédent d’accouchement prématuré spontané
- Grossesse de jumeaux ou de plusieurs bébés
- Col de l’utérus court ou malformation de l’utérus
- Infection urinaire, vaginale ou des membranes
- Saignement, placenta prævia ou décollement placentaire
- Hypertension artérielle sévère ou prééclampsie
- Tabagisme et consommation de substances toxiques
Ce qui peut réduire certains risques
Le suivi prénatal permet de mesurer la tension artérielle, de rechercher des infections, de dépister le diabète gestationnel et de surveiller la croissance du bébé. Signalez dès le premier rendez-vous un antécédent de prématurité, de fausse couche tardive, de chirurgie du col ou de malformation utérine.
Lorsque le risque est élevé, la maternité peut proposer une échographie endovaginale pour mesurer la longueur du col, surtout au deuxième trimestre. Une progestérone vaginale ou un cerclage peuvent être discutés dans des situations précises, par exemple un col court ou certains antécédents. Ces traitements ne concernent pas toutes les femmes enceintes.
Arrêter le tabac réduit le risque de prématurité et améliore l’oxygénation du placenta. Une sage-femme, un médecin ou un tabacologue peut vous accompagner, y compris si vous fumez plusieurs cigarettes par jour ou si vous avez déjà essayé d’arrêter.
Une alimentation variée, le traitement des maladies chroniques et le respect des rendez-vous contribuent au bon suivi de la grossesse. La fatigue ordinaire, les déplacements ou une activité quotidienne adaptée ne provoquent pas à eux seuls un accouchement prématuré.
- Consulter tôt en cas d’antécédent de prématurité
- Faire contrôler une fièvre, des brûlures urinaires ou des pertes inhabituelles
- Éviter le tabac, l’alcool et les drogues
- Demander un aménagement professionnel si le travail est pénible
- Suivre les consignes personnalisées de la maternité
Les signes qui doivent faire appeler la maternité
Des contractions irrégulières peuvent survenir pendant la grossesse et s’atténuer après le repos ou l’hydratation. Leur nombre ne suffit toutefois pas à poser un diagnostic : la régularité, la douleur, leur durée et les modifications du col sont évaluées ensemble.
Appelez la maternité sans attendre si les contractions deviennent régulières ou douloureuses, si elles se répètent pendant environ une heure, ou si elles s’accompagnent d’une pression dans le bassin, de douleurs lombaires inhabituelles ou de crampes persistantes.
Une fuite de liquide clair, même en petite quantité, peut correspondre à une fissure de la poche des eaux. Utilisez une protection externe pour observer la quantité et la couleur, sans introduire de tampon ni prendre de bain avant l’avis de l’équipe.
Des pertes de sang rouge, un saignement qui augmente, une douleur abdominale continue ou une diminution nette des mouvements du bébé nécessitent également un contact rapide avec la maternité. En cas de malaise, de saignement abondant, de douleur intense ou de difficulté à respirer, appelez le 15 ou le 112.
Le bilan à la maternité
L’équipe commence par préciser le terme, la fréquence des contractions, l’aspect des pertes, les mouvements du bébé et vos antécédents. La température, le pouls et la tension artérielle recherchent notamment une infection ou une complication hypertensive.
Un enregistrement du rythme cardiaque du bébé et des contractions, appelé monitoring, dure souvent au moins une vingtaine de minutes et peut être prolongé selon la situation. Une analyse d’urines et parfois un prélèvement vaginal recherchent une infection.
Le col est évalué avec précaution. En cas de suspicion de rupture des membranes, l’examen au spéculum permet de regarder le vagin et le liquide, tandis que le toucher vaginal est limité aux situations où il apporte une information utile. Une échographie endovaginale peut mesurer le col, et une échographie abdominale vérifie le bébé, le placenta et le liquide amniotique.
La décision de rentrer ou de rester à l’hôpital dépend du terme, de l’état du col, des membranes, des contractions, du placenta, de l’infection éventuelle et du bien-être du bébé. Un col modifié ne conduit donc pas automatiquement à une hospitalisation prolongée.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Un médicament qui ralentit les contractions, appelé tocolytique, peut être proposé pour gagner généralement jusqu’à 48 heures. Ce délai sert notamment à administrer des corticoïdes ou à organiser un transfert vers une maternité adaptée. Il ne supprime pas durablement la cause du travail et n’est pas indiqué dans toutes les situations.
Les corticoïdes sont généralement proposés lorsqu’une naissance est susceptible de survenir entre 24 et 33 semaines d’aménorrhée révolues. Entre 34 et 36 semaines, leur indication se discute au cas par cas selon le risque de naissance dans les prochains jours et les protocoles de la maternité.
Avant un terme très précoce, du sulfate de magnésium peut être envisagé pour protéger le cerveau du bébé, souvent avant 32 semaines d’aménorrhée, selon le terme et la probabilité d’une naissance imminente. Les antibiotiques sont réservés à certaines infections ou ruptures des membranes, et ne sont pas donnés systématiquement pour arrêter les contractions.
Le repos strict au lit n’est pas un traitement systématique de la menace d’accouchement prématuré. Il peut augmenter la perte musculaire et le risque de phlébite. Après l’évaluation, l’équipe peut recommander une réduction des trajets, du port de charges ou des efforts, avec des consignes adaptées à votre état.
Pourquoi un transfert peut être organisé ?
Si une naissance précoce semble possible, la maternité vérifie que les soins nécessaires sont disponibles sur place. Un transfert avant la naissance permet parfois au bébé d’être pris en charge directement dans une unité néonatale adaptée, plutôt que d’être transporté après sa naissance.
Les maternités de type 2 disposent d’une unité de néonatologie pour les nouveau-nés qui ont besoin de surveillance ou de soins spécialisés. Certaines disposent aussi d’un secteur de soins intensifs. Les maternités de type 3 possèdent en plus une réanimation néonatale, adaptée aux naissances très prématurées ou aux situations respiratoires sévères.
Le niveau de maternité choisi dépend du terme, du poids estimé, de la cause du risque, de l’état du bébé et des places disponibles. Une équipe de transport spécialisée peut être mobilisée si le transfert pendant la grossesse n’est pas possible.
Après la naissance, le contact peau à peau et la présence des parents sont favorisés dès que l’état du bébé le permet. Certaines unités proposent des soins de type kangourou, qui associent proximité parentale et surveillance médicale, mais l’organisation varie selon les établissements.
Quand consulter ?
- Contractions régulières, douloureuses ou persistantes avant 37 semaines d’aménorrhée
- Fuite de liquide clair, continue ou répétée, même sans douleur
- Saignement vaginal rouge, nouveau ou plus abondant
- Douleur abdominale continue, pression pelvienne marquée ou douleurs lombaires inhabituelles
- Fièvre, frissons, pertes vaginales malodorantes ou brûlures urinaires
- Diminution nette des mouvements du bébé après vous être allongée et avoir pris le temps de les percevoir
- Saignement abondant, malaise, douleur intense ou difficulté à respirer : appeler le 15 ou le 112
Questions fréquentes
Le repos peut-il empêcher un accouchement prématuré ?
Le repos strict au lit n’empêche pas systématiquement la prématurité et peut entraîner des effets indésirables. La maternité peut toutefois limiter les charges, les longs trajets ou certaines activités selon votre situation.
Combien de contractions faut-il avoir pour consulter ?
Il n’existe pas de nombre valable pour toutes les grossesses. Des contractions régulières, douloureuses ou persistantes pendant environ une heure doivent vous conduire à appeler la maternité, surtout avant 37 semaines d’aménorrhée.
Une perte de liquide signifie-t-elle forcément que la poche des eaux est rompue ?
Non, des pertes vaginales ou une petite fuite urinaire peuvent donner une impression similaire. Seul un examen à la maternité permet de vérifier l’origine du liquide. Consultez rapidement et utilisez une protection externe en attendant.
Peut-on éviter une naissance prématurée après le début des contractions ?
Parfois, les contractions s’arrêtent ou le travail peut être retardé. La prise en charge vise surtout à rechercher la cause, protéger le bébé et gagner du temps pour les corticoïdes ou un transfert lorsque cela est utile.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- Haute Autorité de Santé, recommandations et parcours de soins en périnatalité has-sante.fr
- CNGOF, recommandations pour la pratique clinique cngof.fr
- Assurance Maladie, grossesse et suivi médical ameli.fr
- Santé publique France, les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Ministère de la Santé, organisation des maternités et soins périnatals sante.gouv.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
À lire aussi
- Vivre sa grossessePrématurité à 24 semaines : quelle prise en charge ?À 24 semaines, la prématurité demande une équipe spécialisée. Anticipation, soins néonatals, place des parents et signes nécessitant un appel.7 min de lecture
- SantéComment les prématurés sont-ils accueillis à la maternité ?Niveaux de maternité, couveuse, alimentation, peau à peau et sortie : les repères actuels pour comprendre l’accueil d’un bébé prématuré.8 min de lecture
- Vivre sa grossesseDéni de grossesse : comprendre, repérer et accompagnerLe déni de grossesse peut rester discret plusieurs mois. Signes possibles, découverte, urgence à l’accouchement et accompagnement sans jugement.7 min de lecture
- SantéComment aider son bébé né prématurémentPeau à peau, soins, alimentation, sortie et suivi : les repères actuels pour accompagner votre bébé prématuré en néonatologie et à la maison.8 min de lecture