Accouchement prématuré : signes et prise en charge
Avant 37 semaines d’aménorrhée, des contractions régulières, une perte de liquide ou une pression pelvienne doivent être signalées à votre maternité. Une évaluation rapide permet de vérifier le col, le bien-être du bébé et le niveau de soins nécessaire, sans annoncer automatiquement une naissance imminente.
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Sommaire10 parties
- À partir de quand parle-t-on de prématurité ?
- Quels signes doivent vous faire appeler la maternité ?
- Comment la menace d’accouchement prématuré est-elle évaluée ?
- Quels soins peuvent être proposés ?
- Pourquoi un transfert vers une autre maternité ?
- Comment préparer l’accueil d’un bébé prématuré ?
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
À partir de quand parle-t-on de prématurité ?
Un bébé né avant 37 semaines d’aménorrhée est considéré comme prématuré. Les semaines d’aménorrhée, ou SA, se comptent depuis le premier jour des dernières règles, soit environ deux semaines avant la conception. Une naissance à 36 SA et 5 jours reste donc une naissance prématurée.
La prématurité est parfois classée selon le terme : prématurité modérée entre 32 et 36 SA, grande prématurité entre 28 et 31 SA, et très grande prématurité avant 28 SA. Le terme, le poids estimé et l’état du bébé orientent le lieu de naissance et l’organisation des soins.
Une menace d’accouchement prématuré, souvent abrégée MAP, associe généralement des contractions utérines régulières à des modifications du col avant 37 SA. Des contractions isolées, surtout en fin de grossesse, peuvent exister sans entraîner de travail, mais leur répétition mérite un avis lorsque vous êtes enceinte de moins de 37 SA.
- Avant 37 SA, des contractions rapprochées ou douloureuses
- Une pression dans le bassin ou une sensation de poussée
- Des douleurs lombaires inhabituelles et persistantes
- Une perte de liquide clair, continue ou en quantité inhabituelle
- Des saignements ou une modification nette des pertes vaginales
Quels signes doivent vous faire appeler la maternité ?
Appelez la maternité où vous êtes suivie si votre ventre se contracte régulièrement avant 37 SA, par exemple toutes les 10 minutes pendant environ une heure, ou si les contractions deviennent douloureuses et plus rapprochées. La maternité vous indiquera s’il faut venir immédiatement, attendre avec une surveillance précise ou contacter votre sage-femme.
Une perte de liquide peut correspondre à une fissure ou une rupture de la poche des eaux. Le liquide est souvent clair et peut continuer à s’écouler lorsque vous vous levez ou changez de position. Utilisez une protection externe pour observer la quantité et la couleur, puis appelez rapidement la maternité. N’introduisez rien dans le vagin et évitez les rapports sexuels jusqu’à l’évaluation.
Des pertes de sang, une douleur pelvienne inhabituelle, une forte pression vers le bas, une douleur lombaire continue ou une diminution des mouvements habituels du bébé nécessitent également un appel le jour même. En cas de saignement abondant, de malaise, de douleur intense, de difficulté à respirer ou de sensation d’urgence vitale, appelez le 15 ou le 112.
- Notez l’heure de début, la fréquence et la durée des contractions
- Observez la couleur et l’odeur d’une éventuelle perte de liquide
- Prenez votre dossier de grossesse et vos résultats récents
- Ne conduisez pas vous-même si vous êtes très douloureuse ou si vous vous sentez mal
Comment la menace d’accouchement prématuré est-elle évaluée ?
À la maternité, l’équipe commence par vous interroger sur le terme, les contractions, les pertes, les saignements, les antécédents et les mouvements du bébé. Elle mesure votre tension artérielle, votre température et votre pouls, puis surveille le rythme cardiaque du bébé et l’activité de l’utérus pendant au moins plusieurs minutes.
Un examen du col peut être réalisé avec un spéculum, un instrument qui permet de voir le vagin et le col sans toucher directement le bébé. Il sert notamment à rechercher une perte de liquide ou un saignement. Une échographie endovaginale peut mesurer la longueur du col, qui apporte un repère plus précis que les seules sensations.
Selon la situation, un prélèvement vaginal ou urinaire recherche une infection. Une analyse sanguine peut être proposée si vous avez de la fièvre, des douleurs ou un autre signe d’inflammation. L’équipe vérifie aussi la position du bébé, la quantité de liquide amniotique, le placenta et sa croissance.
Cette évaluation peut aboutir à plusieurs décisions : retour à domicile avec des consignes, observation quelques heures, hospitalisation dans la maternité de proximité ou transfert vers un établissement disposant d’une unité néonatale adaptée. Une menace de naissance prématurée ne signifie donc pas toujours que l’accouchement aura lieu dans les heures suivantes.
Quels soins peuvent être proposés ?
La prise en charge dépend du terme, de l’état du col, de la poche des eaux, de la cause suspectée et de l’état du bébé. L’objectif est parfois de gagner un court délai, souvent 48 heures, afin de réaliser des soins utiles ou d’organiser un transfert vers une maternité adaptée.
Des corticoïdes peuvent être proposés lorsque le risque de naissance prématurée est important, notamment entre 24 et 34 semaines d’aménorrhée selon les recommandations et la situation. Ils accélèrent la maturation des poumons du bébé et diminuent certaines complications respiratoires. Leur indication est décidée par l’équipe, après discussion du terme et du risque réel de naissance.
Un traitement qui diminue temporairement les contractions peut être envisagé dans certaines situations, surtout pour laisser le temps aux corticoïdes d’agir ou d’organiser le transfert. Il ne convient pas à toutes les femmes, notamment en cas d’infection, de saignement important, de souffrance du bébé ou de travail déjà très avancé.
Du sulfate de magnésium peut être proposé avant un terme très précoce lorsque la naissance paraît imminente, afin de réduire certains risques neurologiques chez le bébé. Des antibiotiques sont utilisés lorsqu’une infection est identifiée ou en cas de rupture prématurée des membranes, selon le protocole de la maternité. Ils ne sont pas systématiques pour des contractions isolées.
Le repos strict au lit n’a pas montré qu’il empêchait à lui seul une naissance prématurée et peut entraîner une fonte musculaire ou un risque accru de phlébite. L’équipe peut toutefois vous conseiller de limiter temporairement certains efforts, les déplacements ou les rapports sexuels selon la cause et les résultats de l’examen.
Pourquoi un transfert vers une autre maternité ?
Lorsque le bébé risque de naître très tôt, un transfert pendant la grossesse, appelé transfert in utero, est souvent privilégié. Vous êtes alors orientée vers une maternité disposant du niveau de soins néonatals correspondant au terme et au poids estimé du bébé. Cette organisation évite, lorsque cela est possible, de séparer la mère et le nouveau-né après la naissance.
Les maternités de niveau 2 disposent d’une unité de néonatologie pour les bébés ayant besoin d’une surveillance ou de soins spécialisés. Les maternités de niveau 3 disposent en plus d’une réanimation néonatale, nécessaire pour les situations de très grande prématurité ou de détresse sévère.
Le transfert dépend de votre état, du terme, de la disponibilité des lits, de la distance et de l’urgence. Un médecin, une sage-femme ou une équipe spécialisée vous explique le motif, le trajet et les possibilités de présence de votre accompagnant. La décision peut évoluer rapidement si les contractions s’intensifient ou si le bébé présente un signe de fragilité.
Comment préparer l’accueil d’un bébé prématuré ?
Avant la naissance, l’équipe néonatale peut vous présenter la couveuse, les capteurs et les gestes possibles après l’accouchement. Un bébé prématuré peut avoir besoin d’aide pour maintenir sa température, respirer, stabiliser sa glycémie ou recevoir son alimentation avant de téter efficacement.
Le lait maternel, lorsqu’il est souhaité et possible, peut être recueilli au tire-lait ou manuellement dès que votre état le permet. Les premières quantités sont petites, parfois seulement quelques gouttes, mais elles peuvent être données au bébé selon les indications de l’équipe. Le lait infantile est également une option adaptée lorsque vous ne souhaitez pas allaiter ou lorsque l’allaitement ne peut pas être mis en place.
Le contact peau à peau est souvent proposé dès que l’état du bébé et le vôtre le permettent. Les parents peuvent généralement parler au bébé, poser une main contenante et participer aux soins progressifs. La durée d’hospitalisation varie beaucoup : elle dépend du terme, de la respiration, de l’alimentation et de la capacité du bébé à maintenir sa température.
Quand consulter ?
- Avant 37 SA, contractions régulières, douloureuses ou de plus en plus rapprochées
- Écoulement de liquide clair, continu ou soudain, même sans douleur
- Saignement vaginal, surtout s’il est rouge, abondant ou associé à une douleur
- Pression pelvienne importante, douleurs lombaires inhabituelles ou crampes persistantes
- Diminution nette des mouvements habituels du bébé
- Fièvre, frissons, liquide malodorant ou douleur abdominale
- Malaise, douleur intense, essoufflement ou saignement abondant : appeler le 15 ou le 112
Questions fréquentes
Des contractions irrégulières annoncent-elles forcément un accouchement prématuré ?
Non. Des contractions isolées peuvent survenir sans modification du col. Avant 37 SA, appelez toutefois la maternité si elles deviennent régulières, douloureuses, rapprochées ou associées à une perte de liquide, des saignements ou une pression pelvienne.
Que faire si je pense avoir perdu les eaux avant 37 SA ?
Appelez immédiatement la maternité, même si la quantité de liquide est faible. Portez une protection externe, notez la couleur et l’heure de l’écoulement, puis suivez les consignes pour vous déplacer. En cas de malaise ou de saignement abondant, appelez le 15 ou le 112.
Une menace d’accouchement prématuré impose-t-elle une hospitalisation ?
Pas toujours. Après l’examen du col, la surveillance du bébé et la recherche d’une perte de liquide ou d’une infection, l’équipe peut proposer un retour à domicile avec des consignes, une observation ou une hospitalisation.
Peut-on empêcher complètement un accouchement prématuré ?
Aucun traitement ne permet d’éviter toutes les naissances prématurées. La prise en charge cherche à identifier la cause, traiter une infection lorsqu’elle existe, gagner du temps quand cela est possible et organiser les soins du bébé dans un établissement adapté.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- Haute Autorité de santé, recommandations et parcours de soins has-sante.fr
- CNGOF, recommandations pour la pratique clinique cngof.fr
- Assurance Maladie, grossesse et suivi médical ameli.fr
- Santé publique France, 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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