Comment les prématurés sont-ils accueillis à la maternité ?
Un bébé est prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée. Le lieu de naissance, le niveau de soins et la présence des parents sont adaptés à son terme, à son poids et à son état de santé.
Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire11 parties
- La prématurité se définit avant 37 semaines
- Quel niveau de maternité pour quel bébé ?
- Les premiers soins après la naissance
- Le lait et l’apprentissage de l’alimentation
- Un environnement pensé pour son développement
- Une équipe spécialisée et des parents associés
- Après le retour à la maison
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
La prématurité se définit avant 37 semaines
Le terme d’une grossesse se compte en semaines d’aménorrhée, depuis le premier jour des dernières règles. Une naissance avant 37 semaines d’aménorrhée est considérée comme prématurée, y compris lorsque le bébé semble déjà bien tonique.
Les équipes distinguent généralement la prématurité modérée ou tardive, entre 32 et 36 semaines plus 6 jours, la grande prématurité, entre 28 et 31 semaines plus 6 jours, et la très grande prématurité avant 28 semaines. Ces repères décrivent une situation médicale, sans prédire à eux seuls l’évolution de l’enfant.
À terme égal, deux nouveau-nés peuvent avoir des besoins différents. La respiration, la température, la glycémie, la capacité à boire et l’existence d’une infection possible sont évaluées dès la naissance.
- Prématurité : naissance avant 37 semaines d’aménorrhée
- Grande prématurité : de 28 à 31 semaines plus 6 jours
- Prématurité tardive : de 32 à 36 semaines plus 6 jours
- Le poids ne suffit pas à décider du niveau de soins
Quel niveau de maternité pour quel bébé ?
En France, les maternités sont organisées en trois niveaux. Le niveau I accueille les grossesses sans risque particulier et les nouveau-nés qui n’ont besoin d’aucun soin néonatal spécialisé.
Le niveau II dispose d’une unité de néonatologie. Selon son organisation, il peut aussi assurer des soins intensifs pour des bébés nécessitant une surveillance rapprochée, une aide respiratoire ou une alimentation par sonde. Les niveaux II sont parfois distingués en II A et II B.
Le niveau III possède une unité de réanimation néonatale. Il accueille les enfants très prématurés ou présentant une difficulté respiratoire, circulatoire, infectieuse ou neurologique importante. Une équipe spécialisée peut y intervenir à toute heure.
Ces niveaux ne correspondent pas à des seuils rigides. Une naissance avant terme peut conduire à un transfert vers une unité adaptée, pendant la grossesse ou après l’accouchement. La décision dépend du terme, de l’estimation du poids, de l’état du bébé et des possibilités du réseau régional de périnatalité.
Lorsqu’un accouchement prématuré est prévisible, l’équipe essaie généralement d’orienter la mère vers une maternité capable de prendre en charge le nouveau-né dès sa naissance. Cette organisation évite parfois un transfert après l’accouchement.
Les premiers soins après la naissance
À la naissance, le bébé est séché, réchauffé et évalué rapidement. L’équipe observe sa respiration, sa fréquence cardiaque, sa couleur, son tonus et sa capacité à s’adapter à la vie extérieure.
Une couveuse ou un berceau chauffant aide à maintenir sa température. Le choix dépend de son terme, de son poids, de sa respiration et de sa capacité à garder lui-même une température stable. Une température proche de 37 °C est recherchée autour de lui, sans appliquer de règle identique à tous les enfants.
Des capteurs peuvent surveiller en continu le rythme cardiaque, la respiration et la saturation en oxygène, qui correspond à la quantité d’oxygène transportée dans le sang. Un brassard ou une sonde peut mesurer la tension artérielle à intervalles réguliers.
Une aide respiratoire peut être proposée avec de l’oxygène, des lunettes nasales ou une pression continue dans les voies respiratoires. Dans certaines situations sévères, une ventilation par sonde dans la trachée est nécessaire. L’équipe explique aux parents le rôle de chaque dispositif.
Le bébé peut recevoir du glucose par perfusion si sa glycémie est trop basse ou s’il ne peut pas encore prendre suffisamment de lait. Une sonde gastrique permet d’apporter le lait directement dans l’estomac lorsque la succion, la déglutition et la respiration ne sont pas encore assez coordonnées.
Le lait et l’apprentissage de l’alimentation
Le lait maternel exprimé est particulièrement adapté aux besoins du prématuré. Il peut être donné par sonde, à la tasse, au biberon ou au sein selon le terme, la fatigue et les compétences du bébé. Le choix se fait avec les parents et l’équipe, sans jugement sur le mode d’alimentation.
Avant environ 34 semaines d’aménorrhée, beaucoup de bébés ne coordonnent pas encore régulièrement succion, déglutition et respiration. Ils commencent donc souvent par recevoir le lait par sonde, puis apprennent progressivement à boire.
Une consultante en lactation, une sage-femme, une puéricultrice ou un médecin peut accompagner l’expression du lait. La fréquence des tirages varie selon la situation et le projet parental. Le lait recueilli doit être identifié et conservé selon les consignes de l’unité.
Si le lait maternel n’est pas disponible ou ne suffit pas, un lait infantile adapté peut être proposé. Dans certaines unités, du lait humain provenant d’un lactarium est utilisé pour des bébés très prématurés, selon les indications médicales et les disponibilités.
La quantité bue n’est pas le seul repère. L’équipe suit aussi la tolérance digestive, les vomissements, les selles, le poids, la glycémie et l’hydratation. Les objectifs évoluent au fil des jours.
Un environnement pensé pour son développement
Le cerveau et les organes sensoriels du prématuré continuent leur maturation. Les soins sont donc regroupés lorsque cela est possible, afin de limiter les réveils répétés et de protéger ses périodes de sommeil.
La lumière est tamisée et les bruits brusques sont réduits. Les portes de couveuse sont manipulées doucement, les alarmes sont réglées selon les besoins et les conversations près du bébé restent calmes. Le toucher s’adapte à ses réactions : une main posée de façon contenante peut être mieux tolérée que des caresses rapides.
Le peau à peau, appelé méthode kangourou, est proposé lorsque l’état du bébé le permet. Le parent reste installé dans une position sûre, avec le bébé en couche contre son torse et une couverture sur son dos. La durée est décidée avec l’équipe, souvent au moins une heure pour éviter une succession de transferts.
Les parents peuvent participer à des soins comme le changement de couche, la prise de température, le contact peau à peau ou l’alimentation. Leur présence aide le bébé à reconnaître leur voix et permet aux parents de prendre progressivement confiance dans les gestes du quotidien.
Une équipe spécialisée et des parents associés
En néonatologie, les soins sont assurés par des infirmières puéricultrices, des infirmières, des auxiliaires de puériculture et des médecins formés à la médecine néonatale. Selon les besoins, l’équipe fait appel à un kinésithérapeute, un psychologue, un diététicien, un assistant social ou un spécialiste de l’allaitement.
Une infirmière référente peut aider la famille à comprendre les appareils, les résultats des examens et les étapes prévues. Les décisions médicales restent prises par le médecin responsable avec l’équipe, en tenant compte des informations données par les parents.
Les parents doivent recevoir des explications accessibles sur la respiration, l’alimentation, les traitements, les examens et les conditions de sortie. Ils peuvent demander à reformuler une information ou à l’écrire dans un carnet.
La sortie est envisagée lorsque le bébé respire de façon stable, garde sa température dans un lit adapté, boit suffisamment ou dispose d’un protocole d’alimentation maîtrisé, et que les parents se sentent prêts. Il n’existe pas un poids unique valable pour tous les établissements. Un suivi rapproché est organisé après le retour à domicile.
Après le retour à la maison
Le suivi peut associer le médecin traitant, le pédiatre, la protection maternelle et infantile, la maternité ou un réseau de suivi des nouveau-nés vulnérables. Les rendez-vous vérifient la croissance, l’alimentation, le développement et l’audition ou la vision lorsque ces examens sont indiqués.
Un bébé prématuré peut avoir des rythmes de sommeil et d’alimentation irréguliers. Les parents suivent les consignes de sortie pour les quantités, les réveils alimentaires, la température de la pièce et les rendez-vous, car ces consignes sont personnalisées.
Le couchage se fait sur le dos, dans son propre lit, sur un matelas ferme, sans oreiller, couverture épaisse, tour de lit ni objet mou. La chambre doit être sans fumée de tabac. Le peau à peau reste possible après la sortie sous surveillance constante d’un adulte éveillé.
Les vaccins suivent le calendrier vaccinal français, avec des adaptations éventuelles liées au terme, au poids ou à la santé de l’enfant. Le médecin ou le pédiatre précise le calendrier retenu pour votre bébé.
Quand consulter ?
- Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si votre bébé devient bleu, fait des pauses respiratoires prolongées, respire avec de grandes difficultés ou ne réagit plus comme d’habitude.
- Contactez rapidement le médecin, la maternité ou le service de néonatologie si votre bébé boit nettement moins, vomit de façon répétée, devient inhabituellement somnolent ou mou, ou mouille beaucoup moins ses couches.
- Chez un bébé de moins de 3 mois, une température de 38 °C ou plus mesurée correctement nécessite un avis médical rapide, le jour même, auprès d’un médecin ou des urgences selon son état.
- Demandez un avis sans attendre si la cicatrice ombilicale saigne beaucoup, si le ventre devient très gonflé ou si vous observez une coloration jaune qui s’intensifie après le retour à domicile.
Questions fréquentes
Un bébé né entre 35 et 37 semaines doit-il toujours être hospitalisé ?
Non. Il peut parfois rester auprès de sa mère s’il respire bien, garde sa température, s’alimente suffisamment et présente des constantes stables. Une surveillance prolongée ou une admission en néonatologie peut toutefois être nécessaire.
Le poids de 2 kg suffit-il pour autoriser le retour à la maison ?
Non. Le poids compte, mais la sortie dépend aussi de la respiration, de la température, de l’alimentation, de la prise de poids et de la capacité des parents à réaliser les soins prévus.
Puis-je toucher mon bébé s’il est en couveuse ?
Oui, si son état le permet. L’équipe vous montre comment poser les mains, parler doucement, participer aux soins et pratiquer le peau à peau. Certains gestes sont différés lorsque le bébé est trop instable.
Un transfert vers un niveau III signifie-t-il que le pronostic est mauvais ?
Non. Le transfert signifie que le bébé a besoin d’un plateau technique ou d’une équipe spécialisée. Il permet d’assurer une surveillance et des soins adaptés à sa situation, sans résumer à lui seul son évolution.
Testez-vous
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Sources
- Ministère de la Santé, Organisation des maternités et niveaux de soins sante.gouv.fr
- Haute Autorité de santé, recommandations sur la sortie de maternité et le suivi du nouveau-né has-sante.fr
- Assurance Maladie, santé du nouveau-né et suivi après la naissance ameli.fr
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Organisation mondiale de la santé, soins du prématuré et du petit poids de naissance who.int
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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