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Bébé Vallée
2-4 ans

Nino et la veilleuse qui chuchotait

Au moment de dormir, Nino trouve la chambre bien sombre et son cœur se serre. Avec sa maman et une petite veilleuse, il découvre des repères doux pour retrouver le calme.

À lire en 4 minutes

Le soir descend doucement sur la maison des hérissons. Nino enfile son pyjama jaune. Il glisse sous sa couverture, juste après l’histoire du soir. Maman hérissonne pose un bisou sur son front. « Dors bien, mon petit cœur. » Puis elle éteint la grande lampe.

La chambre devient sombre. Nino ouvre grand les yeux. La chaise ressemble à une grande bosse. Le rideau bouge un peu, tout doucement. Nino serre son doudou contre lui. « Maman ? » appelle-t-il. Sa voix est petite, comme un caillou dans une poche.

Maman revient près du lit. Elle s’assoit sur le tapis et pose sa patte sur la couverture. « Je suis là », dit-elle. Nino écoute sa respiration. Froufrou, souffle Maman. Froufrou, souffle Nino. Leur souffle fait un petit rythme tranquille.

Maman montre la veilleuse, posée près du mur. C’est une petite lampe ronde, avec un bouton bleu. Nino appuie dessus. Une lumière douce s’allume. Elle ressemble à un rond de lune, tout chaud, tout tendre. La chaise redevient une chaise. Le rideau redevient un rideau.

« Écoute », chuchote la veilleuse. Sa voix est si fine qu’elle ressemble au bruissement d’une feuille. « Je fais une petite clarté. Je reste près de toi. » Nino cligne des yeux. Il entend encore la veilleuse : « Chhh… tout doux… chhh… tout doux… »

Nino regarde autour de lui. Dans la lumière bleue, il reconnaît son livre sur l’étagère. Il voit ses chaussons au pied du lit. Il aperçoit le dessin de soleil accroché au mur. Chaque chose est à sa place. Nino touche son doudou. Son ventre commence à se détendre.

« On peut faire le tour de la chambre avec les yeux », propose Maman. Nino commence par la porte. « Porte. » Puis la chaise. « Chaise. » Puis le tapis. « Tapis. » Maman sourit. « Tout est là, avec toi. » La veilleuse chuchote : « Chhh… tout doux… »

Un petit bruit vient du couloir. Toc, toc. Nino se redresse. Maman écoute. « C’est le bois qui travaille », explique-t-elle. Elle laisse la porte entrouverte. Une ligne de lumière dorée entre dans la chambre. Elle rejoint la lumière bleue. Les deux lumières se posent sur le sol.

Nino prend une grande inspiration. Il sent l’air entrer dans son nez. Il souffle lentement vers la plume accrochée à son doudou. La plume bouge. « Encore », dit Maman. Inspire. Souffle. La plume danse. Inspire. Souffle. Le cœur de Nino bat plus doucement.

Maman borde Nino jusqu’au menton. Elle pose son nez contre le sien. « Je vais m’installer dans la pièce d’à côté. Tu entendras ma voix si tu m’appelles. » Nino acquiesce. « Bonne nuit, Maman. » La porte reste entrouverte, avec son petit trait de lumière.

La veilleuse garde son rond bleu. « Chhh… tout doux… » Nino écoute la maison. Le bois fait silence. Le rideau repose. Son doudou tient chaud sous son bras. Dans la chambre, chaque chose dort à sa manière. Nino ferme un œil, puis l’autre.

Au matin, un rayon rose glisse sur le mur. Nino se réveille avec son doudou contre la joue. La veilleuse est éteinte. Il regarde la chaise, le rideau et le tapis. Tout est encore là. Nino sourit. « Cette nuit, ma chambre a murmuré tout doucement. »