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Bébé Vallée
4-6 ans

Mélie et le cartable trop lourd

Mélie se prépare pour l’école, mais son cartable pèse lourd sur ses épaules. Avec l’aide de sa maman, elle trouve une solution simple et retrouve le plaisir d’avancer.

À lire en 4 minutes

Ce matin, le soleil faisait une petite tache dorée sur le tapis. Mélie enfilait ses chaussettes, puis son pull doux. Près de la porte, son cartable attendait. Il était bleu, avec une poche ronde. Mélie glissa ses bras dans les bretelles et entendit un petit « Ouf ! » sortir de sa bouche.

Le cartable tirait vers le bas. Il pesait sur ses épaules. Mélie avança d’un pas, puis d’un autre. Ses pieds faisaient « toc, toc » sur le sol. Elle regarda sa maman qui préparait les tartines dans la cuisine. Mélie voulait arriver jusqu’à la table toute seule.

Elle prit encore deux petits pas. Ses épaules montaient jusqu’à ses oreilles. Son ventre se serrait un peu. Alors elle posa le cartable doucement sur le tapis. « Il est lourd aujourd’hui », murmura Mélie. Le cartable resta là, bien sage, avec ses bretelles ouvertes comme deux bras.

Maman s’approcha et s’assit près d’elle. Elle posa une main chaude sur l’épaule de Mélie. « Tu veux me montrer ce qu’il y a dedans ? » demanda-t-elle. Mélie hocha la tête. Ensemble, elles ouvrirent la grande fermeture. « Ziiiiip », fit le cartable.

Il y avait un cahier jaune, deux albums, une trousse pleine de crayons, une gourde, un petit pull et trois cailloux brillants. Mélie les avait trouvés hier dans le jardin. Elle les gardait pour les montrer à sa maîtresse. Les cailloux avaient de jolies lignes blanches.

Maman souleva le cartable avec ses deux mains. « Nous allons regarder chaque chose », dit-elle. Le cahier resta dans le cartable. Les albums aussi. La gourde trouva sa place dans la poche de côté. Le petit pull pouvait rester à la maison, car le soleil brillait déjà.

Mélie regarda les trois cailloux. Ils étaient beaux. Elle en choisit un seul pour l’école. Les deux autres attendraient dans une petite boîte, près de son lit. La trousse resta fermée. Les crayons étaient là, bien rangés, prêts à faire des ronds et des maisons.

Puis Mélie remit le cartable sur son dos. Maman ajusta les bretelles, une à gauche, une à droite. Le cartable se posa plus près de son dos. Mélie plia les genoux, respira doucement et se redressa. « Oh ! Il chante moins fort », dit-elle.

Sur le chemin, Mélie marchait à côté de sa maman. Le cartable faisait « flap, flap » contre son manteau. À chaque coin de rue, Mélie sentait ses pieds bien posés. Elle pensa aux cailloux, au cahier jaune et à la main de maman sur la bretelle.

Devant le portail de l’école, Mélie s’arrêta. Elle regarda sa maman. « Si mon cartable redevient lourd, je pourrai demander de l’aide ? » demanda-t-elle. « Oui », répondit maman. « Tu peux le dire avec ta voix, ou montrer ton épaule. » Mélie répéta doucement : « J’ai besoin d’un coup de main. »

Dans la classe, Mélie accrocha son cartable à son crochet. Sa maîtresse vit le petit caillou dans sa poche. Mélie raconta le chemin, le tri et les bretelles. Puis elle posa le caillou sur la table de découverte. Il brillait sous la lumière.

Le soir, à la maison, Mélie retrouva les deux autres cailloux dans leur boîte. Elle posa son cartable près de la porte. Maman vérifia avec elle. Une chose entra, une autre sortit. Puis Mélie se glissa sous sa couverture. Ses épaules étaient légères. Dans le silence doux, elle souffla : « Demain, je regarderai dedans avec quelqu’un. »