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Bébé Vallée
4-6 ans

Lison et la photo dans la poche

Lison passe une nuit chez Mamie pendant que ses parents sont partis quelques jours. Une petite photo glissée dans sa poche l’aide à retrouver le calme au moment du coucher.

À lire en 4 minutes

Ce soir-là, Lison dormait chez Mamie. Dans la maison, tout était doux et tranquille. La pendule faisait tic-tac. Le tapis sentait le savon. Dans la chambre aux rideaux jaunes, Mamie avait préparé un petit lit avec une couverture bleue.

Lison posa son pyjama sur la chaise. Elle rangea son lapin en tissu près de l’oreiller. Puis elle regarda la photo que Maman lui avait donnée avant le départ. On y voyait Lison entre ses deux parents, avec leurs grands sourires.

« Tu peux la garder dans ta poche », avait dit Papa. « Elle viendra avec toi. » Alors Lison avait glissé la photo dans la poche de sa veste. Depuis, elle la touchait parfois du bout du doigt. Ploc, ploc, son cœur semblait taper tout doucement.

Après le dîner, Mamie et Lison dessinèrent près de la fenêtre. Elles firent une maison, un arbre rond et un soleil jaune. Lison ajouta trois petits cœurs. Puis la nuit posa son grand manteau sur les toits.

Dans la salle de bains, Lison se brossa les dents. Frotte, frotte. Elle enfila son pyjama. Mamie lut une courte histoire. Quand le livre se referma, la chambre parut plus grande. Lison entendit le vent souffler derrière la vitre.

« Mamie… » murmura Lison. « Maman et Papa sont loin. » Mamie s’assit près d’elle et posa une main chaude sur la couverture. « Oui, ils sont loin pour quelques nuits. Je suis ici avec toi. Nous pouvons penser à eux ensemble. »

Lison prit sa veste sur la chaise. Elle chercha dans la poche. La photo était là, un peu chaude contre ses doigts. Elle la posa sur la table de nuit. Les visages de ses parents brillaient dans la lumière de la petite lampe.

« Que fais-tu quand tu penses à eux ? » demanda Mamie. Lison réfléchit. « Je touche la photo. » Mamie hocha la tête. « Alors nous allons lui faire une place près de ton lit. Elle pourra veiller avec toi pendant la nuit. »

Lison installa la photo contre un petit livre. Elle ajouta son lapin devant, comme pour lui tenir compagnie. Puis elle prit une grande inspiration. L’air entra par son nez. L’air ressortit lentement. Hooo… Le rideau bougea à peine.

Mamie resta assise près du lit. Lison lui raconta la dernière promenade avec ses parents. Elle parla du pain encore chaud, d’un pigeon sur le trottoir et du rire de Papa. Les images revenaient une à une, tout près, dans sa tête.

Quand Lison bâilla, Mamie remonta la couverture jusqu’à ses épaules. « Demain matin, nous regarderons la photo au petit-déjeuner », dit-elle. « Et tu pourras raconter à Maman et Papa comment s’est passée ta nuit. » Lison serra son lapin.

Dans la chambre aux rideaux jaunes, la pendule faisait tic-tac. La photo reposait près du livre. Mamie murmura « Bonne nuit ». Lison répondit « Bonne nuit ». Ses yeux se fermèrent. Dans sa poche vide, il restait la douceur d’un petit lien.