Rééducation du périnée après l’accouchement : quand commencer ?
Après un accouchement, l’évaluation du périnée tient compte de vos symptômes, de votre grossesse et du type d’accouchement. Une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute peut vous proposer des exercices adaptés, après la consultation postnatale ou plus tôt si vous êtes gênée.
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Sommaire10 parties
À quoi sert la rééducation du périnée ?
Le périnée est un ensemble de muscles situé entre le pubis et le coccyx. Il soutient la vessie, l’utérus et le rectum, et participe au contrôle des urines, des gaz et des selles. Après la grossesse, ces muscles peuvent être étirés, moins toniques, douloureux ou difficiles à contracter.
La rééducation vise d’abord à retrouver une bonne perception de cette zone. Vous apprenez à contracter puis à relâcher les muscles, à respirer sans pousser vers le bas et à les utiliser avant certains efforts, comme tousser, porter votre bébé ou vous relever.
Les objectifs varient selon vos besoins : fuites urinaires à la toux, sensation de pesanteur, urgence d’aller aux toilettes, difficulté à retenir les gaz, cicatrice douloureuse ou gêne lors des rapports. Une personne sans symptôme peut recevoir des conseils simples, tandis qu’une autre aura besoin d’un suivi plus approfondi.
- Améliorer le contrôle des urines, des gaz ou des selles
- Réduire une sensation de pesanteur dans le bas-ventre ou le vagin
- Mieux coordonner respiration, périnée et mouvements
- Préparer la reprise progressive des rapports et de l’activité physique
- Apprendre à relâcher les muscles en cas de douleur ou de tension
Quand commencer après la naissance ?
La consultation postnatale est généralement proposée entre 6 et 8 semaines après l’accouchement. Elle permet de faire le point sur votre santé, les saignements, la cicatrisation, la contraception, le moral, les douleurs et les éventuelles fuites. C’est souvent à ce moment qu’une prescription de rééducation du périnée est établie.
Le calendrier peut être différent selon votre situation. Une évaluation peut être organisée plus tôt si vous avez des fuites importantes, une difficulté à uriner ou à retenir les selles, une douleur persistante, une sensation de boule vaginale ou une cicatrice qui vous gêne. La professionnelle vérifie alors ce qui est possible sans irriter les tissus en cours de cicatrisation.
Les premiers jours, vous pouvez surtout favoriser la récupération : évitez de retenir longtemps les urines, hydratez-vous selon votre soif, prévenez la constipation et limitez les charges lourdes. Des contractions volontaires répétées ne conviennent pas à toutes les douleurs périnéales. Si la zone est très sensible ou contractée, le relâchement et la respiration peuvent être prioritaires.
Une césarienne ne supprime pas toujours l’intérêt d’un bilan. La grossesse a déjà sollicité le périnée, et une césarienne peut s’accompagner de fuites, de douleurs, de constipation ou d’une difficulté à reprendre les mouvements. La proposition dépend donc de vos symptômes, pas uniquement de la voie d’accouchement.
Qui peut vous accompagner ?
La rééducation postnatale peut être réalisée par une sage-femme ou par un masseur-kinésithérapeute, sur prescription. Les deux professions peuvent évaluer le périnée et proposer des exercices adaptés. La sage-femme suit particulièrement la période autour de la grossesse et de la naissance. Le masseur-kinésithérapeute peut aussi prendre en charge le périnée dans le cadre de troubles urinaires, ano-rectaux, douloureux ou fonctionnels.
Lorsque les symptômes sont complexes, une coordination avec votre médecin, votre gynécologue-obstétricien, un urologue, un proctologue ou une consultation spécialisée peut être utile. Une douleur lors des rapports, une cicatrice très sensible ou une suspicion de prolapsus méritent une évaluation globale, avec examen et conseils adaptés.
Au premier rendez-vous, la professionnelle vous questionne sur les fuites, les urgences, le transit, les douleurs, les rapports et vos activités. Avec votre accord, elle peut observer la cicatrice et réaliser un examen vaginal doux pour évaluer la contraction, le relâchement et la coordination. Vous pouvez demander une explication avant chaque geste et arrêter l’examen à tout moment.
- Sage-femme formée à la rééducation périnéale
- Masseur-kinésithérapeute formé en pelvi-périnéologie
- Médecin ou spécialiste en cas de douleur, prolapsus ou trouble persistant
- Professionnelle à l’écoute de vos objectifs et de votre rythme
Comment se déroulent les séances ?
Une séance commence souvent par un échange sur vos symptômes et les situations qui les déclenchent. La professionnelle peut vous demander de décrire la fréquence des fuites, le nombre de protections utilisées, la sensation d’urgence ou la gêne pendant les activités. Ces informations servent à mesurer les progrès autrement qu’avec la force musculaire seule.
Les exercices peuvent associer respiration, contractions courtes, contractions maintenues quelques secondes, relâchement et mouvements fonctionnels. Vous pouvez apprendre à contracter avant de tousser ou de soulever votre bébé, puis à relâcher complètement après l’effort. La régularité des exercices à domicile compte davantage qu’une séance très intense réalisée isolément.
Le biofeedback utilise une sonde ou un capteur pour afficher l’activité musculaire sur un écran. Il peut aider à comprendre une contraction difficile à sentir ou à vérifier que vous relâchez correctement. L’électrostimulation envoie une faible stimulation électrique par une sonde ou des électrodes. Elle n’est pas systématique et doit être proposée seulement lorsqu’elle répond à une indication précise.
La rééducation abdominale se construit progressivement. Au début, la professionnelle tient compte de la cicatrice de césarienne ou d’épisiotomie, de la respiration, de la sangle abdominale et d’éventuels symptômes de pesanteur. Les exercices avec impacts, charges importantes ou forte pression abdominale attendent une récupération suffisante et l’absence de symptômes gênants.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Il n’existe pas un nombre de séances adapté à toutes les femmes. En France, une prescription postnatale peut ouvrir droit à des séances prises en charge selon les règles de l’Assurance Maladie, avec un nombre qui dépend de la prescription et de la situation. Certaines personnes progressent en quelques rendez-vous, tandis que d’autres ont besoin d’un suivi plus long ou d’une orientation complémentaire.
Le nombre dépend notamment de la présence de fuites, de leur fréquence, de la force et du relâchement musculaires, de la douleur, du transit, de la cicatrisation et de votre capacité à refaire les exercices chez vous. Une réévaluation permet de décider si les séances doivent être poursuivies, espacées ou arrêtées.
Une amélioration peut apparaître en quelques semaines, mais le délai varie. Notez les situations qui déclenchent vos symptômes, comme courir, éternuer, porter le cosy ou attendre trop longtemps avant d’aller aux toilettes. Ce suivi donne des repères concrets à la professionnelle et évite de se fier uniquement à une impression générale.
La rééducation ne remplace pas les habitudes qui protègent le périnée : traiter la constipation, éviter de pousser aux toilettes, reprendre les efforts par étapes et expirer pendant le mouvement. Elle ne doit pas non plus vous conduire à serrer le périnée toute la journée, car une tension permanente peut entretenir la douleur.
Quels résultats attendre au quotidien ?
L’objectif peut être de ne plus avoir de fuite en éternuant, de marcher sans pesanteur, de retenir les gaz jusqu’aux toilettes ou de reprendre une activité physique sans appréhension. Pour certaines femmes, le progrès consiste surtout à mieux relâcher une zone douloureuse ou à retrouver des rapports sans brûlure.
Les rapports peuvent reprendre lorsque les saignements sont terminés, que la cicatrisation est suffisante et que vous en avez envie. Une sécheresse liée aux variations hormonales, notamment en cas d’allaitement, peut rendre la pénétration inconfortable. Un lubrifiant adapté et une reprise progressive peuvent aider. Une douleur persistante mérite un avis médical ou une consultation spécialisée.
Si les fuites, la pesanteur ou les douleurs restent présentes malgré plusieurs semaines de suivi, parlez-en à la professionnelle qui vous accompagne. Elle pourra modifier les exercices, rechercher une autre cause ou vous adresser à un spécialiste. Vous n’avez pas à attendre une prochaine grossesse pour demander de l’aide.
Quand consulter ?
- Appelez votre sage-femme, votre médecin ou la maternité dans les jours qui suivent si les fuites urinaires sont fréquentes, si vous ne retenez plus les gaz ou les selles, ou si une sensation de pesanteur apparaît dans le vagin.
- Demandez un avis rapidement si vous avez une difficulté à uriner, une douleur périnéale qui augmente, une cicatrice qui s’ouvre, une rougeur importante, un écoulement inhabituel ou de la fièvre.
- Consultez dans les prochains jours si les rapports restent douloureux après la cicatrisation ou si une sécheresse importante empêche toute reprise confortable.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de malaise important, de saignement très abondant, de difficulté à respirer ou de douleur intense avec altération de l’état général.
Questions fréquentes
Faut-il attendre 6 semaines pour parler de son périnée ?
Non. La consultation postnatale se situe généralement entre 6 et 8 semaines, mais vous pouvez contacter votre sage-femme, votre maternité ou votre médecin avant ce rendez-vous en cas de fuite importante, douleur, difficulté à uriner, problème de selles ou sensation de boule.
La rééducation est-elle nécessaire après une césarienne ?
Elle peut être proposée si vous avez des symptômes ou si le bilan montre un besoin. La grossesse a sollicité le périnée, même lorsque le bébé est né par césarienne. La cicatrice abdominale, la constipation et la reprise des mouvements sont aussi prises en compte.
Les séances sont-elles toujours internes ?
Non. Elles peuvent commencer par un échange, la respiration, des mouvements et des exercices externes. Un examen vaginal n’est réalisé qu’avec votre accord et s’il apporte une information utile. Vous pouvez demander son report ou son arrêt.
Peut-on faire les exercices seule avec des vidéos ?
Les conseils généraux peuvent aider, mais une évaluation permet de vérifier que vous contractez le bon groupe musculaire et que vous relâchez correctement. En cas de douleur, de pesanteur ou de fuites, demandez un avis à une sage-femme ou à un masseur-kinésithérapeute.
Testez-vous
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Le périnée sait aussi se relâcher
Un périnée efficace se contracte quand il faut, puis se relâche complètement. Le serrer en continu peut entretenir des douleurs et gêner les rapports ou l’évacuation des selles.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Assurance Maladie, Après l’accouchement, le suivi médical de la mère ameli.fr
- Haute Autorité de Santé, Sortie de maternité après accouchement : conditions et organisation du retour à domicile des mères et de leurs nouveau-nés has-sante.fr
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Collège national des gynécologues et obstétriciens français, recommandations et informations aux patientes cngof.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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