Mortalité maternelle : les progrès restent très inégaux
Les décès liés à la grossesse ou à l’accouchement ont diminué depuis 2000, mais près de 800 femmes meurent encore chaque jour dans le monde. La majorité de ces décès survient dans des pays où l’accès aux soins prénatals, à l’accouchement accompagné et aux urgences reste limité.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
- Que signifie mortalité maternelle ?
- Les derniers chiffres mondiaux disponibles
- Pourquoi certaines femmes meurent-elles encore ?
- Une différence de risque entre les pays
- Ce qui réduit réellement les décès
- En France, rester attentive après l’accouchement
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Que signifie mortalité maternelle ?
L’Organisation mondiale de la santé parle de décès maternel lorsqu’une femme meurt pendant sa grossesse, lors de l’accouchement ou dans les 42 jours qui suivent la fin de la grossesse, à cause d’un problème lié à cette grossesse ou aggravé par elle. Cette définition inclut les décès survenus après une fausse couche, une interruption de grossesse ou une grossesse extra-utérine.
La mortalité maternelle se mesure souvent avec le ratio de mortalité maternelle, c’est-à-dire le nombre de décès pour 100 000 naissances vivantes. Cet indicateur permet de comparer des pays et des périodes, même lorsque leur population n’a pas la même taille.
Une complication maternelle peut apparaître pendant la grossesse, au moment de la naissance ou dans les semaines qui suivent. Le suivi médical doit donc continuer après l’accouchement, notamment pendant les six premières semaines, lorsque les saignements, les infections, l’hypertension et les troubles psychiques peuvent encore nécessiter des soins.
- Grossesse, accouchement et suites de couches sont pris en compte.
- La période de référence internationale va jusqu’à 42 jours après la fin de la grossesse.
- Le ratio est exprimé pour 100 000 naissances vivantes.
Les derniers chiffres mondiaux disponibles
Les dernières estimations mondiales consolidées par l’OMS et plusieurs agences des Nations unies portent sur l’année 2020. Elles recensent environ 287 000 décès maternels, soit près de 800 décès par jour ou une femme toutes les deux minutes.
Le ratio mondial atteignait environ 223 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2020. Il avait baissé depuis 2000, lorsque le ratio dépassait 330, mais cette amélioration reste trop lente pour atteindre l’objectif international fixé à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030.
Les estimations varient selon les sources et les méthodes de recensement, car les décès ne sont pas enregistrés de façon complète dans tous les pays. Elles décrivent toutefois une tendance constante : environ 95 % des décès maternels surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur.
- Environ 287 000 décès maternels ont été estimés en 2020.
- Le ratio mondial était d’environ 223 décès pour 100 000 naissances vivantes.
- L’objectif mondial pour 2030 est inférieur à 70 décès pour 100 000 naissances vivantes.
- Les données de 2020 ont aussi été influencées par les perturbations liées à la pandémie de Covid-19.
Pourquoi certaines femmes meurent-elles encore ?
Les hémorragies sévères, surtout après l’accouchement, représentent une cause majeure de décès. Une prise en charge rapide, avec surveillance, médicaments, transfusion ou intervention chirurgicale selon la situation, peut sauver la vie de la mère.
Les infections, l’hypertension liée à la grossesse, la pré-éclampsie, les complications d’un avortement non sécurisé et les difficultés pendant le travail sont également en cause. Certaines maladies préexistantes, comme une anémie importante, une maladie cardiaque ou un diabète, peuvent augmenter les risques et demandent un suivi adapté.
Le délai d’accès aux soins pèse fortement. Une femme peut vivre loin d’une maternité, ne pas disposer de transport, rencontrer un manque de personnel formé ou recevoir des soins trop tard. Le coût, les inégalités entre les femmes et les difficultés à décider rapidement d’une évacuation aggravent parfois la situation.
La plupart des décès maternels pourraient être évités avec un suivi prénatal accessible, un accouchement accompagné par une professionnelle formée, des médicaments disponibles, du sang sécurisé et un service d’urgence capable d’intervenir à toute heure.
Une différence de risque entre les pays
Le risque ne se répartit pas de manière égale sur la planète. Selon l’OMS, le risque de mourir d’une cause maternelle au cours de sa vie est d’environ 1 sur 45 dans les pays à faible revenu, contre environ 1 sur 5 300 dans les pays à revenu élevé. Ces valeurs sont des moyennes et peuvent différer à l’intérieur d’un même pays.
L’Afrique subsaharienne concentre une grande partie des décès maternels mondiaux. Les adolescentes, les femmes vivant dans une zone rurale, les personnes déplacées et celles qui rencontrent des obstacles financiers ou sociaux pour accéder aux soins peuvent être davantage exposées.
La comparaison entre pays ne sert pas à juger les familles. Elle montre l’effet concret de l’organisation des soins : disponibilité d’une sage-femme, consultation prénatale, accès à une césarienne lorsque celle-ci est nécessaire, transport médical et suivi après la naissance.
Ce qui réduit réellement les décès
Un contact précoce avec une sage-femme ou un médecin permet de repérer une hypertension, une anémie, une infection ou une maladie qui nécessite un avis spécialisé. En France, le premier examen prénatal doit être réalisé avant la fin du troisième mois de grossesse, puis le suivi est organisé selon l’état de santé de la mère et du bébé.
La présence d’une professionnelle qualifiée pendant l’accouchement facilite la détection d’une hémorragie, d’une souffrance fœtale, d’une pré-éclampsie ou d’une stagnation du travail. Une structure adaptée doit pouvoir organiser une transfusion, une intervention chirurgicale ou un transfert sans délai.
Après la naissance, la surveillance de la tension artérielle, des saignements, de la température, de la douleur et de l’état psychique aide à repérer les complications. L’entretien postnatal précoce, proposé entre la quatrième et la sixième semaine, permet aussi de parler du vécu de la naissance, du sommeil, de l’allaitement ou des signes de dépression.
- Commencer le suivi prénatal avant la fin du troisième mois.
- Consulter rapidement en cas de saignement inhabituel, de fièvre ou de maux de tête intenses.
- Accoucher dans une structure adaptée au niveau de risque identifié.
- Bénéficier d’un suivi dans les semaines qui suivent la naissance.
En France, rester attentive après l’accouchement
La France dispose d’un accès aux soins nettement meilleur que les pays les plus touchés, avec un suivi prénatal, des maternités médicalisées et un système d’urgence. Cela ne supprime toutefois pas toutes les complications, et les décès maternels font l’objet d’analyses nationales pour comprendre ce qui aurait pu être repéré ou pris en charge plus tôt.
Une jeune mère peut appeler sa maternité, sa sage-femme ou son médecin lorsqu’un symptôme l’inquiète. En cas de difficulté respiratoire, de perte de connaissance, de convulsions, de douleur thoracique ou d’hémorragie abondante, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
La prévention concerne aussi l’entourage. Une personne qui vient de donner naissance peut minimiser une fatigue intense, une douleur ou des saignements parce qu’elle s’occupe de son bébé. Un proche peut l’aider à appeler un professionnel et rester avec elle pendant l’attente des secours.
Quand consulter ?
- Appelez la maternité, votre sage-femme ou votre médecin dans la journée en cas de fièvre, de douleur qui augmente, de pertes malodorantes, de maux de tête persistants, de troubles visuels ou de tension élevée connue.
- Demandez un avis urgent en cas de saignements qui imbibent rapidement les protections, de caillots nombreux, de douleur abdominale intense ou d’essoufflement inhabituel.
- Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de perte de connaissance, de convulsions, de douleur thoracique, de difficulté importante à respirer, de faiblesse brutale d’un côté du corps ou de saignement abondant avec malaise.
Questions fréquentes
La mortalité maternelle a-t-elle vraiment diminué depuis 2000 ?
Oui. Le nombre et le ratio mondiaux ont diminué depuis 2000, mais les progrès ont ralenti et restent très inégaux. Les estimations internationales comptaient environ 287 000 décès maternels en 2020.
Quelle est la première cause de décès maternel ?
Les hémorragies sévères, notamment après l’accouchement, figurent parmi les principales causes directes. Les infections, l’hypertension de la grossesse et les complications d’un avortement non sécurisé jouent aussi un rôle important.
Une complication peut-elle survenir après le retour à la maison ?
Oui. Une hémorragie, une infection ou une hypertension peut apparaître dans les jours qui suivent la naissance. Une aggravation de la douleur, une fièvre, des maux de tête intenses, des troubles visuels ou des saignements abondants justifient un avis rapide.
Qui appeler en cas de symptôme inquiétant après l’accouchement ?
Appelez la maternité, votre sage-femme ou votre médecin pour un symptôme récent qui nécessite un avis dans la journée. Composez le 15 ou le 112 en cas de malaise, de perte de connaissance, de convulsions, de difficulté à respirer, de douleur thoracique ou de saignement très abondant.
Testez-vous
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Sources
- Organisation mondiale de la santé, fiche d’information « Maternal mortality » who.int
- UNICEF Data, rubrique « Maternal mortality » data.unicef.org
- Fonds des Nations unies pour la population, rubrique « Maternal health » unfpa.org
- Santé publique France, santé maternelle et périnatale santepubliquefrance.fr
- Haute Autorité de santé, recommandations sur le suivi de la grossesse et du post-partum has-sante.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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