Grossesse gémellaire : suivi, accouchement et retour à la maison
Une grossesse gémellaire demande un suivi adapté au nombre de bébés, à leur croissance et au type de placenta qu’ils partagent. Les traitements de fertilité peuvent augmenter la probabilité d’avoir des jumeaux, surtout lorsque plusieurs embryons sont transférés, mais les pratiques actuelles cherchent à limiter les grossesses multiples.
Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire10 parties
- Deux types de jumeaux, plusieurs situations médicales
- Pourquoi une grossesse gémellaire peut-elle survenir ?
- Comment la grossesse gémellaire est-elle diagnostiquée ?
- Un suivi adapté au type de grossesse
- Accouchement : la voie dépend de la situation
- Préparer le retour à la maison avec deux bébés
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Deux types de jumeaux, plusieurs situations médicales
Les faux jumeaux, appelés jumeaux dizygotes, viennent de deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes. Ils ont chacun leur patrimoine génétique, comme deux frères ou deux sœurs nés à des moments différents. Ils peuvent être de même sexe ou de sexes différents.
Les vrais jumeaux, appelés jumeaux monozygotes, proviennent d’un seul ovule fécondé. L’embryon se sépare ensuite en deux, à un moment qui peut varier au début du développement. Leur patrimoine génétique est très proche et ils sont habituellement du même sexe.
L’échographie précise surtout la chorionicité et l’amnionicité. La chorionicité indique si les bébés partagent le même placenta. L’amnionicité précise s’ils vivent dans une seule poche amniotique ou dans deux poches. Deux placentas et deux poches correspondent généralement à une situation moins exposée aux complications liées au partage du placenta.
Quand les jumeaux partagent un placenta, le suivi est plus rapproché, car des échanges sanguins déséquilibrés peuvent parfois apparaître entre eux. Le syndrome transfuseur-transfusé concerne certaines grossesses monochoriales et nécessite une surveillance spécialisée.
- Dizygotes : deux ovules et deux spermatozoïdes.
- Monozygotes : un ovule, un spermatozoïde, puis une séparation de l’embryon.
- La chorionicité se détermine surtout lors de l’échographie du premier trimestre.
- Le nombre de placentas influence la fréquence des échographies.
Pourquoi une grossesse gémellaire peut-elle survenir ?
Les traitements de fertilité augmentent la probabilité d’une grossesse multiple, surtout lorsqu’une stimulation ovarienne produit plusieurs ovules ou lorsque plusieurs embryons sont transférés. En France, les équipes d’assistance médicale à la procréation privilégient de plus en plus le transfert d’un seul embryon lorsque cela correspond à la situation médicale, afin de réduire les risques pour la mère et les bébés.
La probabilité d’avoir des faux jumeaux dépend aussi de facteurs familiaux et biologiques. Elle augmente notamment avec l’âge maternel jusqu’à la fin de la trentaine et avec le nombre de grossesses antérieures. Ces associations statistiques ne permettent toutefois pas de prévoir le résultat pour une personne donnée.
L’origine géographique et familiale peut modifier les fréquences observées entre populations, mais ce critère ne sert pas à estimer le risque individuel en consultation. La taille, le poids, la saison ou l’ensoleillement ne permettent pas de dater ni de prédire une grossesse gémellaire.
Les vrais jumeaux surviennent de façon beaucoup plus aléatoire. Leur fréquence est relativement stable dans les populations, avec une légère augmentation observée dans certains contextes d’assistance médicale à la procréation.
Comment la grossesse gémellaire est-elle diagnostiquée ?
Une échographie endovaginale peut parfois montrer deux sacs gestationnels ou deux embryons dès 5 à 6 semaines d’aménorrhée, soit environ 3 à 4 semaines de grossesse. La visibilité dépend de la date réelle de l’ovulation, de la qualité de l’appareil et de la position de l’utérus.
L’échographie du premier trimestre, réalisée entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée plus 6 jours, confirme la vitalité des deux fœtus, mesure leur croissance et recherche le nombre de placentas et de poches. Cette information doit être conservée dans le dossier, car elle guide le calendrier du suivi.
Un taux élevé de bêta-hCG ou des nausées marquées peuvent être observés lors d’une grossesse gémellaire, mais ces signes ne suffisent pas à poser le diagnostic. Une grossesse simple peut aussi provoquer une fatigue importante, des vomissements et des envies fréquentes d’uriner.
Un suivi adapté au type de grossesse
Le suivi dépend du nombre de placentas, du nombre de poches, de la croissance des bébés et de l’état de santé de la mère. Il peut être assuré par une sage-femme et un médecin, avec l’avis d’une équipe spécialisée lorsque la grossesse présente un risque particulier.
Les consultations recherchent notamment une hypertension artérielle, une prééclampsie, une anémie, un diabète gestationnel et des signes de menace d’accouchement prématuré. La tension artérielle et la recherche de protéines dans les urines font partie des contrôles habituels de la grossesse.
Les échographies sont plus fréquentes lorsque les bébés partagent un placenta. Pour des jumeaux ayant chacun leur placenta, l’intervalle dépend du protocole de la maternité et de l’évolution de la grossesse. Pour une grossesse monochoriale, les échographies sont habituellement rapprochées, souvent toutes les deux semaines à partir du deuxième trimestre selon les recommandations de l’équipe.
Le repos strict au lit n’est pas recommandé systématiquement, car il n’a pas démontré qu’il empêchait l’accouchement prématuré et il peut favoriser la fonte musculaire et les caillots sanguins. L’activité doit être adaptée aux symptômes, au travail et aux consignes médicales. Une sage-femme peut aider à organiser les pauses, les déplacements et les démarches professionnelles.
Accouchement : la voie dépend de la situation
Une grossesse gémellaire se termine souvent avant 37 semaines d’aménorrhée. La proportion exacte varie selon le type de grossesse, les complications et les pratiques de chaque maternité. La prématurité expose les bébés à des difficultés de respiration, de température, d’alimentation et de régulation de la glycémie.
Le choix de la maternité dépend du terme prévu, de la chorionicité, de la croissance des bébés et des ressources locales. Une maternité de niveau 3 est particulièrement adaptée lorsqu’un accouchement très prématuré est possible ou lorsqu’une complication fœtale ou maternelle est identifiée. Une maternité de niveau 2 peut convenir à certaines grossesses gémellaires sans complication, selon l’organisation régionale.
La voie d’accouchement se discute au cas par cas. Une naissance par voie vaginale peut être proposée lorsque le premier bébé est tête en bas, que les deux bébés vont bien et que l’équipe possède l’expérience nécessaire. Une césarienne peut être recommandée si le premier bébé est en siège ou en travers, si les deux bébés partagent une poche, en cas de souffrance fœtale ou selon d’autres éléments médicaux.
Pendant le travail, la surveillance des deux rythmes cardiaques est organisée avec du matériel adapté. La naissance du premier bébé est suivie d’une nouvelle évaluation de la position et de l’état du second. Un délai variable entre les deux naissances est fréquent.
La date d’une naissance programmée dépend du type de grossesse et de son évolution. Elle est discutée avec l’équipe, souvent avant le terme théorique de 40 semaines, car les risques changent au fil des semaines. Un déclenchement n’est pas décidé uniquement pour réunir davantage de professionnels.
Préparer le retour à la maison avec deux bébés
Les premières semaines demandent une organisation concrète : prévoir plusieurs changes accessibles, installer deux espaces de couchage séparés et noter les tétées ou les biberons lorsque la fatigue rend les horaires difficiles à retenir. Chaque bébé doit dormir sur le dos, dans son propre lit, sans oreiller, couverture, tour de lit ni objet mou.
L’allaitement simultané, l’allaitement en alternance et l’alimentation au lait infantile sont plusieurs options. Le choix peut évoluer au fil des jours. Une consultante en lactation, une sage-femme ou une puéricultrice peut aider à vérifier la prise du sein, les quantités de lait et la récupération de la mère.
Il est utile de demander avant la naissance quelles aides sont disponibles auprès de la caisse d’allocations familiales, de la protection maternelle et infantile, de la mairie et des services d’aide à domicile. L’association Jumeaux et Plus propose également un accompagnement de proximité dans de nombreux départements.
Les proches peuvent contribuer avec des repas, des courses, du ménage ou des temps de présence. Le matériel peut être emprunté s’il respecte les règles de sécurité et s’il est en bon état. Les sièges auto doivent être adaptés à la taille et au poids de chaque bébé, installés selon la notice et remplacés après un accident, même sans dommage visible.
Quand consulter ?
- Appelez rapidement votre maternité en cas de contractions régulières et douloureuses, de pertes de liquide ou de saignements, surtout avant 37 semaines d’aménorrhée.
- Contactez la maternité le jour même si vous ressentez une diminution nette ou une modification inhabituelle des mouvements des bébés.
- Consultez sans attendre en cas de maux de tête intenses, troubles visuels, douleur sous les côtes à droite, gonflement brutal du visage ou prise de poids rapide, car ces signes peuvent accompagner une prééclampsie.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique, de malaise important ou de saignement abondant.
Questions fréquentes
Une échographie suffit-elle à savoir si les jumeaux sont vrais ou faux ?
Elle peut orienter la réponse grâce au nombre de placentas et de poches, surtout au premier trimestre. Lorsque les bébés ont chacun leur placenta, il s’agit généralement de faux jumeaux, mais seuls les examens génétiques peuvent confirmer le type avec certitude.
Faut-il accoucher dans une maternité de niveau 3 ?
Ce n’est pas automatique. Le choix dépend du terme, du nombre de placentas, du partage éventuel d’une poche, de la croissance des bébés et des ressources de votre région. Votre obstétricien ou votre sage-femme peut organiser un transfert vers un niveau adapté si la situation évolue.
Une grossesse gémellaire impose-t-elle une césarienne ?
Non. Une voie vaginale peut être envisagée lorsque le premier bébé est tête en bas, que les bébés vont bien et que les conditions de sécurité sont réunies. La présentation des deux bébés, leur terme, leur croissance et l’expérience de l’équipe entrent dans la décision.
Les jumeaux doivent-ils dormir dans le même lit ?
Chaque bébé doit disposer de son propre espace de sommeil, sur le dos, dans un lit adapté. Les lits peuvent être placés côte à côte dans la même chambre, sans coussin ni couverture épaisse.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Le placenta donne le calendrier
Deux bébés peuvent partager un placenta ou avoir chacun le leur. Cette information, visible à l’échographie du premier trimestre, change la fréquence des contrôles.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « Le placenta donne le calendrier » rejoint votre album de cartes savoir.
Répondre aux 3 questionsSources
- CNGOF, recommandations et informations sur la grossesse gémellaire cngof.fr
- HAS, recommandations sur l’assistance médicale à la procréation has-sante.fr
- Assurance Maladie, suivi de la grossesse et de l’accouchement ameli.fr
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Fédération Jumeaux et Plus, accompagnement des familles jumeaux-et-plus.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
À lire aussi
- Vivre sa grossesseGrossesse gémellaire : un suivi adapté à chaque grossesseSuivi d’une grossesse gémellaire, type de placenta, échographies, maternité, repos, congé légal et signes qui doivent conduire à consulter.7 min de lecture
- Vivre sa grossesseDoula : quel rôle pendant la grossesse et après la naissance ?Quel est le rôle d’une doula en France ? Formation, limites, complémentarité avec la sage-femme et repères pour choisir un accompagnement sûr.6 min de lecture
- Vivre sa grossesseExamens de grossesse : comprendre votre suivi médicalConsultations, analyses, échographies et dépistages : comprenez le suivi de grossesse, les examens selon les risques et votre droit au consentement.7 min de lecture
- Vivre sa grossesseAngelina Jolie et ses jumeaux : ce que l’on sait aujourd’huiLes jumeaux d’Angelina Jolie sont nés en 2008 à Nice. Suivi, terme, accouchement et signes d’alerte : les repères actuels pour une grossesse gémellaire.7 min de lecture