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Bébé Vallée
Santé

Fausse couche : symptômes, prise en charge et après

Une fausse couche correspond à l’arrêt spontané d’une grossesse avant 22 semaines d’aménorrhée, avec des situations très différentes selon le terme. Les saignements en début de grossesse nécessitent un avis médical, car ils peuvent aussi accompagner une grossesse qui se poursuit ou une grossesse extra-utérine.

Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Une interruption fréquente en début de grossesse
  2. Les signes qui doivent être évalués
  3. Comment le diagnostic est posé
  4. Les différentes prises en charge
  5. Pourquoi la fausse couche est-elle arrivée ?
  6. Après la fausse couche, prendre soin de soi
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Une interruption fréquente en début de grossesse

Une fausse couche précoce survient avant 14 semaines d’aménorrhée, soit environ 12 semaines de grossesse. Elle concerne autour de 10 à 15 % des grossesses connues, et la fréquence réelle est probablement plus élevée parce que certaines interruptions surviennent avant le retard de règles ou avant la réalisation d’un test.

Dans près de la moitié des cas précoces, l’embryon présente une anomalie chromosomique apparue au moment de la fécondation. Cette anomalie empêche son développement normal et survient le plus souvent de façon aléatoire. Elle ne résulte généralement ni d’un effort ordinaire, ni d’un rapport sexuel, ni d’une émotion forte.

Une fausse couche tardive survient entre 14 et 22 semaines d’aménorrhée selon la définition médicale utilisée. Elle est beaucoup plus rare et peut être liée à une infection, une anomalie de l’utérus, une fragilité du col, une anomalie chromosomique ou d’autres facteurs qui ne sont parfois pas retrouvés.

  • Le risque augmente avec l’âge, surtout après 35 ans et davantage après 40 ans.
  • Le tabac, l’alcool et certaines maladies mal équilibrées peuvent augmenter le risque.
  • Un fibrome ou une malformation utérine n’entraîne pas systématiquement une fausse couche.
  • Une fausse couche isolée ne prédit généralement pas les grossesses suivantes.

Les signes qui doivent être évalués

Le signe le plus fréquent est un saignement vaginal, allant de quelques traces brunes à des pertes rouges plus abondantes. Des douleurs ressemblant à celles des règles, des crampes dans le bas-ventre ou l’expulsion de caillots et de tissus peuvent les accompagner.

Des saignements légers peuvent aussi survenir dans une grossesse qui évolue normalement. Leur présence ne permet donc pas, à elle seule, de confirmer une fausse couche. Une douleur d’un seul côté, une douleur à l’épaule, un malaise, des vertiges ou une grande faiblesse doivent faire rechercher rapidement une grossesse extra-utérine.

Après 14 semaines d’aménorrhée, des contractions régulières, une pression pelvienne, une perte de liquide ou des saignements nécessitent un contact immédiat avec la maternité. Ces signes peuvent annoncer une fausse couche tardive ou une autre complication obstétricale.

Comment le diagnostic est posé

Le médecin, la sage-femme ou les urgences évaluent le terme, la quantité de sang, les douleurs, les antécédents et l’état général. Une échographie endovaginale ou abdominale permet de vérifier la localisation de la grossesse et son évolution, selon le terme.

Un dosage sanguin de bêta-hCG peut être réalisé. Son évolution sur environ 48 heures apporte parfois une information utile lorsque l’échographie est trop précoce, mais elle ne suffit pas toujours à établir le diagnostic. Une échographie de contrôle est parfois nécessaire quelques jours plus tard.

L’équipe vérifie que la grossesse est bien située dans l’utérus et qu’il n’existe pas de complication hémorragique ou infectieuse. Une grossesse arrêtée peut être confirmée alors que les saignements n’ont pas encore commencé.

Le groupe sanguin et le statut Rhésus peuvent être recherchés selon la situation. La conduite à tenir pour une personne Rhésus négatif dépend du terme, de l’abondance des saignements et des recommandations de l’équipe médicale.

Les différentes prises en charge

Lorsque l’état général est stable et qu’aucune infection ni hémorragie n’est présente, trois options peuvent être discutées : attendre l’expulsion spontanée, utiliser un médicament prescrit pour favoriser l’expulsion ou réaliser une aspiration dans un établissement de santé. Le choix dépend du terme, de l’échographie, des symptômes, de vos préférences et des possibilités locales.

L’attente peut durer quelques jours ou parfois plusieurs semaines. Des saignements plus abondants et des douleurs de type contractions peuvent survenir pendant l’expulsion. L’équipe vous donne des consignes sur la surveillance, les antalgiques adaptés et le moment du contrôle.

Le traitement médicamenteux se fait uniquement sur prescription et avec un suivi défini. Une aspiration consiste à retirer le contenu de l’utérus par une fine canule, sous anesthésie locale ou générale selon la situation et l’établissement.

Une consultation urgente est nécessaire en cas de saignement qui imbibe rapidement plusieurs protections, de malaise, de douleur intense, de fièvre, de frissons ou de pertes malodorantes. Le 15 ou le 112 doit être appelé si vous vous sentez très faible, si vous perdez connaissance ou si l’hémorragie est importante.

Pourquoi la fausse couche est-elle arrivée ?

Après une première fausse couche précoce, aucun bilan complet n’est habituellement nécessaire lorsque l’examen et l’échographie ne montrent pas d’élément particulier. Les analyses approfondies deviennent pertinentes lorsque les pertes se répètent ou lorsqu’une fausse couche survient plus tardivement.

Selon l’histoire médicale, le bilan peut rechercher une anomalie de la cavité utérine, un syndrome des antiphospholipides, une maladie thyroïdienne, un diabète ou une anomalie chromosomique chez l’un des parents. Tous les examens ne sont pas utiles pour chaque personne, et certains traitements souvent proposés sur internet n’ont pas démontré leur intérêt.

Le syndrome des antiphospholipides est une maladie auto-immune rare qui peut favoriser les complications de grossesse. Son diagnostic repose sur des analyses sanguines répétées et une interprétation médicale, car un résultat isolé ne suffit pas.

La plupart des activités quotidiennes ne provoquent pas de fausse couche. Le repos strict, l’arrêt systématique du travail ou l’interdiction des rapports sexuels ne préviennent pas une anomalie chromosomique, sauf indication personnalisée donnée par un professionnel.

Après la fausse couche, prendre soin de soi

Les saignements diminuent habituellement en quelques jours et peuvent se prolonger jusqu’à deux semaines, avec des variations selon la méthode utilisée et le terme. Les règles reviennent souvent en quatre à six semaines, parfois plus tard si le cycle était irrégulier.

L’ovulation peut survenir avant le retour des règles. Une grossesse est donc possible rapidement. Vous pouvez reprendre un projet de grossesse lorsque vous vous sentez prête et que l’équipe a confirmé l’absence de complication. Un délai supplémentaire peut être conseillé dans certaines situations médicales.

Le vécu émotionnel varie beaucoup : tristesse, colère, soulagement, culpabilité ou anxiété peuvent se succéder. Ces réactions ne mesurent pas l’attachement à la grossesse. Parler avec votre sage-femme, votre médecin, un psychologue ou une association peut aider si la souffrance dure ou gêne le sommeil, l’alimentation ou la vie quotidienne.

Une nouvelle grossesse se déroule le plus souvent normalement après une fausse couche isolée. Une consultation avant conception peut être utile si vous avez vécu plusieurs fausses couches, une fausse couche tardive, une maladie chronique ou une grossesse extra-utérine.

Quand consulter ?

  • Contactez rapidement un médecin, une sage-femme ou la maternité pour tout saignement pendant la grossesse, même léger, surtout s’il s’accompagne de douleurs.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de malaise, perte de connaissance, grande faiblesse, douleur intense, douleur d’un seul côté ou saignement abondant qui imbibe rapidement plusieurs protections.
  • Consultez dans la journée en cas de fièvre à 38 °C ou plus, de frissons, de douleurs qui augmentent ou de pertes vaginales malodorantes après une fausse couche.
  • Après 14 semaines d’aménorrhée, contactez immédiatement la maternité en cas de contractions régulières, perte de liquide, pression pelvienne ou saignements.

Questions fréquentes

Des saignements signifient-ils forcément que la grossesse est arrêtée ?

Non. Des saignements peuvent accompagner une grossesse qui se poursuit, une fausse couche ou une grossesse extra-utérine. Seule une évaluation médicale avec examen, dosage de bêta-hCG et parfois échographie permet de faire la différence.

Une fausse couche est-elle due à un effort ou à un rapport sexuel ?

Dans la grande majorité des cas, elle est liée à une anomalie chromosomique apparue au début du développement. La marche, le travail habituel, le port ponctuel d’une charge ou un rapport sexuel ne sont généralement pas responsables.

Quand peut-on retomber enceinte après une fausse couche ?

L’ovulation peut revenir avant les prochaines règles, parfois dès les semaines qui suivent. Une nouvelle grossesse peut être envisagée quand les saignements sont terminés, qu’aucune complication n’est présente et que vous vous sentez prête, avec un avis médical si votre situation le nécessite.

À partir de combien de fausses couches faut-il faire un bilan ?

Un bilan est généralement discuté après des fausses couches répétées, souvent trois pertes précoces ou deux selon le terme, l’âge et le contexte médical. Une fausse couche tardive justifie un avis spécialisé plus précoce.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe impose d’appeler rapidement le 15 ou le 112 ?
  2. 2.Quelle est la cause la plus fréquente des fausses couches précoces ?
  3. 3.Quel examen permet notamment de vérifier où se situe la grossesse ?

Sources

  1. Assurance Maladie, grossesse et suivi médical ameli.fr
  2. Haute Autorité de santé, recommandations en santé de la femme et grossesse has-sante.fr
  3. CNGOF, Collège national des gynécologues et obstétriciens français cngof.fr
  4. Santé publique France, les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
  5. Service-Public.fr, santé et grossesse service-public.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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