Bronchiolite du bébé : symptômes, soins et urgences
La bronchiolite touche surtout les bébés de moins de 2 ans, avec un pic entre novembre et février en France. Une surveillance régulière de la respiration, des prises de lait et des couches mouillées aide à repérer l’aggravation et à demander un avis au bon moment.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
- Reconnaître les premiers symptômes
- Surveiller la respiration à la maison
- Vérifier les prises de lait et les couches
- Les soins utiles et les gestes à éviter
- Comment le professionnel évalue votre bébé
- Limiter la transmission et prévenir les formes sévères
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Reconnaître les premiers symptômes
La bronchiolite commence souvent par un rhume pendant un à trois jours : nez bouché ou qui coule, éternuements et toux légère. L’infection gagne ensuite les petites bronches, qui deviennent inflammatoires et produisent davantage de sécrétions.
La respiration peut devenir plus rapide, bruyante ou sifflante. Vous pouvez observer un creusement sous les côtes ou entre les côtes à chaque inspiration, appelé tirage. Chez un nourrisson, ces signes peuvent apparaître alors que la fièvre reste absente ou modérée.
La toux dure souvent plusieurs jours et peut se prolonger pendant deux à trois semaines. L’intensité varie selon l’âge, le terme de naissance et l’état de santé du bébé. Les nourrissons de moins de 2 mois, les bébés prématurés et ceux qui ont une maladie cardiaque ou respiratoire doivent être évalués plus rapidement.
- Nez encombré, éternuements et toux
- Respiration plus rapide ou sifflante
- Creusement visible sous les côtes
- Fatigue pendant les biberons ou les tétées
- Boissons moins importantes et couches moins mouillées
Surveiller la respiration à la maison
Observez votre bébé lorsqu’il est calme, sans pleurs ni tétée. Regardez son ventre et sa poitrine pendant une minute entière, car les irrégularités respiratoires sont fréquentes chez les tout-petits. Notez si la respiration devient plus rapide, si les pauses se répètent ou si le tirage s’accentue.
Un bébé qui respire difficilement peut écarter les narines, pousser avec le ventre, geindre à l’expiration ou interrompre son sommeil pour reprendre son souffle. Une coloration bleutée des lèvres ou du visage, une grande somnolence et des pauses respiratoires nécessitent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112.
La température ne suffit pas à mesurer la gravité. Un bébé peut avoir peu de fièvre et fournir beaucoup d’efforts pour respirer. À l’inverse, une respiration bruyante après un lavage de nez peut s’améliorer sans que la situation soit sévère.
- Regardez la respiration au repos, pendant une minute
- Cherchez un tirage entre ou sous les côtes
- Vérifiez la couleur des lèvres et du visage
- Observez l’éveil, les pleurs et les réactions habituelles
- Notez l’évolution entre deux prises de lait
Vérifier les prises de lait et les couches
Le nez bouché gêne la succion, car le bébé doit respirer par le nez pendant la tétée ou le biberon. Il peut alors boire plus lentement, s’arrêter souvent, transpirer ou s’endormir avant d’avoir suffisamment mangé.
Proposez des prises plus courtes et plus fréquentes, en gardant votre bébé légèrement redressé dans vos bras pendant l’alimentation. Pour un biberon, ne forcez pas à terminer. Pour l’allaitement, des tétées rapprochées peuvent maintenir les apports si votre bébé reste suffisamment éveillé.
Surveillez les urines dans la couche et l’état général. Une baisse nette du nombre de couches mouillées, une bouche sèche, l’absence de larmes lorsque le bébé pleure ou une difficulté à le réveiller évoquent une déshydratation et justifient un avis médical rapide.
Chez un bébé de moins de 2 mois, toute bronchiolite suspectée mérite un contact médical le jour même, même si la respiration paraît encore correcte. Le médecin, la sage-femme ou la maternité peut préciser l’évaluation adaptée à son âge et à son terme de naissance.
- Fractionnez les prises de lait
- Faites des pauses pendant la tétée ou le biberon
- Comptez les couches mouillées sur 24 heures
- Surveillez la bouche sèche et l’éveil
- Demandez un avis si les apports diminuent nettement
Les soins utiles et les gestes à éviter
Le lavage de nez au sérum physiologique aide à dégager les narines avant les repas et le sommeil. Couchez votre bébé sur le dos, tournez doucement sa tête sur le côté et utilisez une dosette ou un dispositif adapté à son âge, selon les conseils du professionnel de santé. Un lavage peut être répété plusieurs fois par jour lorsque le nez est encombré.
Aérez la pièce, évitez la fumée de cigarette et maintenez une température modérée, autour de 18 à 20 °C dans la chambre. Pour dormir, votre bébé reste sur le dos, dans son propre lit, sans coussin, cale-bébé, couverture épaisse ni tour de lit.
Les médicaments contre la toux, les fluidifiants bronchiques et les décongestionnants nasaux ne doivent pas être donnés à un nourrisson sans prescription adaptée. Les antibiotiques ne traitent pas une bronchiolite virale, sauf si un médecin identifie une infection bactérienne associée.
La kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n’est pas recommandée en routine dans la bronchiolite aiguë du nourrisson. La Haute Autorité de santé ne recommande pas les techniques comme les claquements thoraciques ou l’augmentation du flux expiratoire, faute de bénéfice démontré et en raison d’effets indésirables possibles. Une prise en charge spécifique peut toutefois être décidée dans certaines situations médicales, notamment si une autre maladie respiratoire est présente.
Comment le professionnel évalue votre bébé
Le médecin ou le professionnel consulté observe d’abord l’état général, la respiration au repos, la couleur de la peau et la capacité à boire. Il écoute les poumons et recherche un tirage, des pauses ou des signes de fatigue.
Il peut vous demander depuis quand la toux a commencé, combien de prises ont été bues et combien de couches ont été mouillées. Ces informations sont utiles pour comparer l’évolution sur plusieurs heures, surtout chez un bébé qui ne peut pas décrire ses symptômes.
La bronchiolite est généralement diagnostiquée grâce à l’examen clinique. Une radiographie du thorax ou une prise de sang n’est pas nécessaire dans la majorité des cas. Une hospitalisation peut être proposée si la respiration est trop difficile, si les apports sont insuffisants ou si l’âge et les antécédents augmentent le risque.
À l’hôpital, l’équipe peut surveiller la saturation en oxygène, aider à l’alimentation et apporter de l’oxygène si le taux mesuré ou l’état clinique le justifie. La durée d’observation dépend de l’évolution de la respiration et des prises de lait.
Limiter la transmission et prévenir les formes sévères
Les virus responsables de la bronchiolite se transmettent par les mains, les sécrétions respiratoires et les objets contaminés. Lavez-vous les mains avant de toucher votre bébé, après vous être mouché et après avoir toussé. Nettoyez régulièrement les objets portés à la bouche et évitez les visites lorsqu’une personne est enrhumée.
Les adultes et les enfants plus grands doivent tousser dans leur coude, utiliser un mouchoir à usage unique et éviter d’embrasser le visage ou les mains du bébé pendant la saison épidémique. Le tabac, y compris sur les vêtements ou dans une voiture, augmente l’irritation des voies respiratoires.
En France, une prévention contre le virus respiratoire syncytial peut être proposée selon la saison, l’âge du nourrisson et la vaccination reçue pendant la grossesse. Il peut s’agir d’une vaccination de la mère pendant la grossesse ou d’un anticorps préventif administré au bébé. Votre maternité, votre médecin ou votre sage-femme vous indique l’option correspondant au calendrier en vigueur et aux recommandations de la saison.
Ces mesures réduisent le risque de forme sévère, sans empêcher toutes les infections. Un bébé protégé doit donc continuer à être surveillé s’il respire difficilement ou boit moins.
Quand consulter ?
- Appelez le 15 ou le 112 si votre bébé fait des pauses respiratoires, devient bleu autour des lèvres, présente une grande difficulté à respirer, semble épuisé ou répond moins bien que d’habitude.
- Consultez rapidement un médecin, une sage-femme ou la maternité si votre bébé a moins de 2 mois et présente des signes de bronchiolite.
- Demandez un avis médical le jour même si le tirage s’accentue, si la respiration devient très rapide, si votre bébé geint à chaque expiration ou s’il n’arrive plus à boire correctement.
- Consultez rapidement si votre bébé boit nettement moins pendant plusieurs prises, vomit de façon répétée ou mouille beaucoup moins ses couches.
- Demandez un avis si une fièvre apparaît chez un bébé de moins de 3 mois, ou si l’état général se dégrade quel que soit l’âge.
Questions fréquentes
À quel âge la bronchiolite est-elle la plus fréquente ?
Elle touche surtout les enfants de moins de 2 ans, avec un risque plus élevé pendant les premiers mois de vie. Les nourrissons de moins de 2 mois doivent être évalués rapidement en cas de symptômes.
Faut-il consulter pour une toux sans gêne respiratoire ?
Une toux isolée peut être surveillée si votre bébé respire normalement, reste éveillé et boit comme d’habitude. Consultez si la toux s’aggrave, si les prises diminuent, si les couches sont moins mouillées ou si votre bébé a moins de 2 mois.
Le lavage de nez peut-il être fait avant chaque repas ?
Oui, il peut être réalisé avant les repas et le sommeil lorsque le nez est bouché. Faites-le doucement avec du sérum physiologique et arrêtez si votre bébé présente une gêne inhabituelle ou une difficulté respiratoire importante.
La kinésithérapie est-elle nécessaire pour une bronchiolite ?
La kinésithérapie respiratoire de désencombrement n’est pas recommandée systématiquement dans la bronchiolite aiguë du nourrisson selon la HAS. Une indication particulière relève d’un professionnel après examen.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
La respiration guide la surveillance
Un bébé peut avoir peu de fièvre et pourtant respirer avec effort. Regardez son ventre et ses côtes au repos, puis vérifiez qu’il boit et mouille ses couches.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « La respiration guide la surveillance » rejoint votre album de cartes savoir.
Répondre aux 3 questionsSources
- Haute Autorité de santé, recommandations sur la bronchiolite aiguë du nourrisson de moins de 12 mois has-sante.fr
- Assurance Maladie, bronchiolite du nourrisson ameli.fr
- Santé publique France, bronchiolite et prévention des infections respiratoires santepubliquefrance.fr
- Ministère de la Santé, calendrier des vaccinations et prévention du VRS sante.gouv.fr
- Service public, numéros d’urgence service-public.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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