Peut-on influencer le sexe du bébé avec l’alimentation ?
Une étude britannique publiée en 2008 avait associé une alimentation plus calorique avant la conception à une proportion légèrement plus élevée de garçons. Les recherches disponibles ne permettent toutefois pas de choisir le sexe d’un bébé avec un menu, et manger davantage peut exposer la future maman à des risques inutiles.
Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire9 parties
- Ce que disait réellement l’étude britannique
- Le sexe chromosomique se joue lors de la fécondation
- Manger plus ne favorise pas une grossesse en bonne santé
- Les bons repères alimentaires avant et pendant la grossesse
- Peut-on choisir le sexe d’un enfant en France ?
- L’information à retenir pour votre projet de bébé
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Ce que disait réellement l’étude britannique
L’étude concernait 740 femmes enceintes qui avaient décrit leur alimentation avant la conception et au début de leur grossesse. Parmi celles dont les apports énergétiques étaient les plus élevés, 56 % ont donné naissance à un garçon, contre 45 % dans le groupe qui déclarait manger le moins.
Les chercheuses ont aussi observé une association avec une consommation plus importante de céréales et avec plusieurs nutriments, notamment le potassium, le calcium et les vitamines C, E et B12. La publication est parue en 2008 dans Proceedings of the Royal Society B, une revue scientifique britannique.
Ces chiffres décrivent une différence entre deux groupes. Ils ne prouvent pas qu’un aliment ou qu’une quantité de calories ait provoqué la naissance d’un garçon. L’étude était observationnelle, ce qui signifie que les participantes n’avaient pas été réparties par tirage au sort dans différents régimes alimentaires.
Les habitudes alimentaires pouvaient aussi être liées à l’âge, au niveau de vie, à la corpulence, à l’activité physique ou à d’autres facteurs qui n’ont pas tous été mesurés de la même façon. Une seule étude de ce type ne suffit donc pas à établir une méthode fiable.
- 740 femmes ont participé à l’étude citée.
- 56 % de garçons ont été observés dans le groupe aux apports caloriques les plus élevés.
- 45 % de garçons ont été observés dans le groupe aux apports les plus faibles.
- Une association statistique ne démontre pas une relation de cause à effet.
Le sexe chromosomique se joue lors de la fécondation
L’ovule apporte habituellement un chromosome X. Le spermatozoïde apporte soit un chromosome X, soit un chromosome Y. La combinaison XX est généralement associée au développement d’une fille et la combinaison XY au développement d’un garçon, même si le développement sexuel humain comprend des variations biologiques plus diverses.
Le repas de la veille, le petit-déjeuner du jour ou la quantité de céréales consommée ne modifie pas les chromosomes du spermatozoïde qui féconde l’ovule. Aucun aliment courant n’a démontré une capacité à orienter de manière fiable ce résultat.
Des mécanismes liés à l’état nutritionnel ont été étudiés chez certains animaux, et quelques travaux humains ont recherché des associations entre alimentation et sex-ratio. Les résultats restent irréguliers et ne conduisent à aucune recommandation médicale pour les couples qui souhaitent avoir un garçon ou une fille.
Les méthodes proposées sur Internet, comme les régimes très salés, très riches en potassium ou très pauvres en certains aliments, peuvent déséquilibrer l’alimentation. Elles ne permettent pas de garantir le sexe du bébé.
Manger plus ne favorise pas une grossesse en bonne santé
Au début de la grossesse, les besoins énergétiques n’augmentent généralement pas assez pour justifier de manger davantage à chaque repas. Le corps s’adapte progressivement, et l’appétit peut varier avec les nausées, la fatigue ou les habitudes de vie.
Un excès de calories peut favoriser une prise de poids supérieure aux repères adaptés à la corpulence de départ. Il augmente aussi le risque de diabète gestationnel, d’hypertension artérielle pendant la grossesse et de complications liées à un poids fœtal élevé.
Les besoins en vitamines et en minéraux se couvrent d’abord par une alimentation variée : légumes et fruits, féculents, légumineuses, produits laitiers ou équivalents enrichis, œufs, poisson, viande ou alternatives végétales adaptées. Les compléments de potassium, de calcium ou de vitamines ne doivent pas être pris sans conseil médical.
Avant une grossesse, une consultation avec un médecin ou une sage-femme permet de vérifier les vaccinations, les traitements, les antécédents et la supplémentation en acide folique recommandée pour réduire le risque d’anomalies de fermeture du tube neural. Cette démarche concerne la santé de la grossesse, et non le choix du sexe de l’enfant.
Les bons repères alimentaires avant et pendant la grossesse
Une alimentation régulière aide à couvrir les besoins de la mère et du futur bébé sans chercher à modifier le sex-ratio. Variez les sources de protéines et associez les féculents à des légumes ou à des légumineuses pour obtenir des repas plus rassasiants.
Le poisson peut être consommé en respectant les recommandations françaises sur les espèces et les quantités. Certains poissons prédateurs, comme le requin, l’espadon ou le marlin, sont déconseillés pendant la grossesse en raison de leur teneur possible en mercure.
L’alcool est à éviter pendant toute la grossesse, car aucune quantité n’a été établie comme sans risque pour le fœtus. Le tabac et le cannabis nécessitent également un accompagnement pour réduire puis arrêter l’exposition.
Lavez soigneusement les fruits, les légumes et les herbes consommés crus. La grossesse demande aussi des précautions contre la listériose et la toxoplasmose, qui dépendent notamment des aliments consommés et de l’immunité de la future mère.
Une prise de poids adaptée varie selon l’indice de masse corporelle avant la grossesse, la grossesse multiple et l’état de santé. Votre sage-femme ou votre médecin peut interpréter votre courbe sans appliquer le même objectif à toutes les femmes.
- Composez les repas avec plusieurs familles d’aliments.
- Évitez les régimes restrictifs destinés à choisir le sexe du bébé.
- Ne prenez pas de complément minéral sans avis médical.
- Évitez l’alcool pendant toute la grossesse.
- Demandez un conseil personnalisé si les nausées empêchent de manger ou de boire.
Peut-on choisir le sexe d’un enfant en France ?
La procréation médicalement assistée n’est pas proposée en France pour convenance personnelle afin de choisir une fille ou un garçon. Le diagnostic préimplantatoire peut être envisagé dans un cadre médical très encadré, notamment lorsqu’une maladie génétique grave liée au sexe risque d’être transmise.
Ce cadre concerne des situations particulières évaluées par une équipe spécialisée et autorisées selon les règles françaises de bioéthique. Il ne correspond pas à un régime alimentaire, à un calendrier de rapports ou à une méthode vendue sur Internet.
Le sexe du bébé peut parfois être observé pendant une échographie lorsque la position du fœtus le permet et lorsque le terme est suffisamment avancé. L’échographie a d’abord pour objectif de surveiller le développement et la santé du bébé, et elle ne garantit pas toujours une observation certaine.
L’information à retenir pour votre projet de bébé
L’étude de 2008 a relancé une hypothèse intéressante, sans transformer cette hypothèse en méthode. Les données actuelles ne justifient ni de manger plus, ni de supprimer certains aliments pour tenter d’obtenir un garçon.
Si vous préparez une grossesse, concentrez vos efforts sur les mesures qui ont démontré un bénéfice : consultation préconceptionnelle si besoin, acide folique selon les recommandations de votre professionnel de santé, alimentation variée, absence d’alcool et suivi régulier.
Le désir d’un garçon ou d’une fille peut être très présent et mérite d’être accueilli sans jugement. La santé de la mère et du bébé reste le seul objectif sur lequel l’alimentation peut réellement agir.
Questions fréquentes
Existe-t-il un aliment qui augmente les chances d’avoir un garçon ?
Aucun aliment n’a démontré une capacité fiable à augmenter les chances d’avoir un garçon. Les observations sur les calories, les céréales ou le potassium ne permettent pas de créer une méthode alimentaire.
Faut-il manger davantage avant de tomber enceinte ?
Il n’est pas recommandé d’augmenter volontairement les quantités pour influencer le sexe du bébé. Une alimentation variée et une prise en charge des besoins particuliers sont plus utiles qu’un surplus calorique.
Le régime riche en potassium est-il sans danger ?
Un régime très riche en potassium ou en compléments peut être inadapté, notamment en cas de maladie rénale ou de certains traitements. Ne modifiez pas votre alimentation de façon importante sans en parler à un médecin ou à une sage-femme.
La méthode du calendrier des rapports fonctionne-t-elle ?
Aucune méthode fondée sur la date des rapports, la position sexuelle ou le moment de l’ovulation n’a prouvé qu’elle permettait de choisir le sexe du bébé.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Le chiffre à remettre en contexte
Dans l’étude de 2008, 56 % des bébés étaient des garçons dans le groupe qui mangeait le plus, contre 45 % dans le groupe qui mangeait le moins. Cela ne prouve pas une cause.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Proceedings of the Royal Society B, You are what your mother eats: evidence for maternal preconception diet influencing fetal sex in humans pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- ameli, Alimentation pendant la grossesse ameli.fr
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Ministère de la Santé, recommandations alimentaires pendant la grossesse sante.gouv.fr
- Agence de la biomédecine, assistance médicale à la procréation et diagnostic préimplantatoire agence-biomedecine.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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