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Bébé Vallée
Vivre sa grossesse

Questions sur le syndrome HELLP pendant la grossesse

Le syndrome HELLP est une complication rare et sévère de la grossesse, souvent associée à une prééclampsie. Il peut aussi apparaître après l’accouchement, parfois alors que la tension semblait normale auparavant. Une douleur sous les côtes à droite, des maux de tête inhabituels ou un malaise nécessitent un avis médical rapide.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Que signifie le syndrome HELLP ?
  2. Quels signes doivent vous alerter ?
  3. Comment le diagnostic est-il posé ?
  4. Quel traitement pendant la grossesse ?
  5. Quelles conséquences pour le bébé ?
  6. Peut-on avoir un autre bébé après un HELLP ?
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Que signifie le syndrome HELLP ?

HELLP est l’acronyme anglais de trois anomalies observées dans le sang : une destruction des globules rouges, une élévation des enzymes du foie et une baisse du nombre de plaquettes. Les plaquettes participent à la coagulation, tandis que les enzymes hépatiques augmentent lorsque le foie souffre.

Ce syndrome survient le plus souvent au troisième trimestre, mais il peut débuter avant 28 semaines d’aménorrhée ou dans les jours qui suivent la naissance. Il est fréquemment lié à une prééclampsie, qui associe habituellement une hypertension apparue après 20 semaines d’aménorrhée et des signes d’atteinte d’un organe.

Le mot HELLP ne décrit pas une simple fatigue de grossesse. Le diagnostic repose sur un examen clinique et des analyses sanguines, avec notamment une numération des plaquettes, un bilan du foie et des marqueurs de destruction des globules rouges.

  • H signifie hemolysis, soit hémolyse, la destruction anormale de globules rouges.
  • EL signifie elevated liver enzymes, soit élévation des enzymes du foie.
  • LP signifie low platelets, soit diminution des plaquettes.
  • La gravité dépend des résultats biologiques, de la tension, des symptômes et du terme de la grossesse.

Quels signes doivent vous alerter ?

La douleur ou la gêne sous les côtes à droite, dans le haut du ventre ou parfois au creux de l’estomac est un signe classique. Elle peut être continue, augmenter après les repas ou s’accompagner de nausées et de vomissements apparus après le premier trimestre.

Un mal de tête intense ou inhabituel, des troubles de la vue, une sensibilité importante à la lumière, un essoufflement soudain ou un gonflement rapide du visage et des mains peuvent accompagner une prééclampsie. Une tension élevée peut être présente, mais une mesure rassurante à la maison ne suffit pas à écarter le diagnostic.

Certaines femmes ont peu de symptômes, et les anomalies sont découvertes lors d’un contrôle de grossesse. La surveillance prénatale comprend donc des mesures de tension et, selon le contexte, une recherche de protéines dans les urines et des analyses sanguines.

Une douleur abdominale avec malaise, saignement, confusion, convulsions ou difficulté à respirer relève d’une urgence immédiate. Appelez le 15 ou le 112 si vous ne pouvez pas joindre rapidement la maternité.

Comment le diagnostic est-il posé ?

À la maternité, l’équipe mesure la tension à plusieurs reprises, recherche des protéines dans les urines et réalise un bilan sanguin. Les analyses portent généralement sur les plaquettes, les enzymes hépatiques, la fonction rénale et les signes d’hémolyse.

Le bébé est évalué par un monitoring du rythme cardiaque, une échographie et parfois un Doppler. Ces examens renseignent sur sa croissance, la quantité de liquide autour de lui et les échanges sanguins dans le placenta.

Le seuil retenu pour parler de syndrome HELLP peut varier légèrement selon les classifications utilisées par les équipes. Le diagnostic ne se fait donc pas à partir d’un seul chiffre trouvé sur une prise de sang, mais en rapprochant les symptômes, les résultats biologiques et l’état de la mère et du bébé.

Une hospitalisation est généralement nécessaire pour répéter les examens et surveiller l’évolution heure par heure ou plusieurs fois par jour. La durée dépend du terme, des résultats et de la stabilité de la mère.

Quel traitement pendant la grossesse ?

Le syndrome HELLP nécessite une prise en charge obstétricale à l’hôpital, souvent dans une maternité adaptée au terme et à l’état du bébé. L’équipe protège d’abord la mère, car son état peut se dégrader rapidement, puis évalue les bénéfices et les risques d’une naissance immédiate.

L’accouchement est le traitement qui permet d’arrêter la cause placentaire du syndrome, même si les anomalies du sang peuvent mettre plusieurs jours à se corriger. Selon la situation, la naissance peut avoir lieu par voie vaginale ou par césarienne. Le choix dépend du terme, du col, du rythme cardiaque du bébé, de la position du bébé, des plaquettes et de l’état général.

Lorsque le terme est précoce et que la mère et le bébé restent stables, l’équipe peut parfois gagner un court délai pour préparer la naissance. Des corticoïdes peuvent être proposés pour accélérer la maturation pulmonaire du bébé lorsque le risque de naissance prématurée est important, selon le terme et les recommandations de l’équipe.

Une surveillance après la naissance reste indispensable, car les complications peuvent s’aggraver dans les premières heures du post-partum. La tension, les plaquettes, le foie, les reins, les saignements et les symptômes neurologiques sont contrôlés jusqu’à amélioration.

  • La décision dépend de la santé maternelle, du rythme du bébé et du nombre de semaines d’aménorrhée.
  • Une césarienne n’est pas automatique en cas de HELLP.
  • Les traitements sont adaptés aux analyses et à la situation obstétricale.
  • La surveillance continue après l’accouchement, parfois en service spécialisé.

Quelles conséquences pour le bébé ?

Le principal risque pour le bébé est une naissance prématurée, car l’équipe peut devoir interrompre la grossesse avant le terme pour protéger la mère. Le placenta peut aussi fonctionner moins efficacement, ce qui ralentit la croissance du bébé ou modifie son rythme cardiaque.

Le pédiatre ou le néonatologiste explique les soins possibles selon le terme et le poids estimé. Un bébé né très prématurément peut avoir besoin d’une aide respiratoire, d’une couveuse et d’une alimentation adaptée à ses capacités.

La présence d’un syndrome HELLP ne permet pas de prédire à elle seule l’état du bébé. Le terme, la croissance, le rythme cardiaque, le fonctionnement du placenta et la rapidité de la prise en charge comptent également.

Après la naissance, l’équipe surveille le bébé en fonction de son terme et de son adaptation. Le contact peau à peau, l’expression du colostrum et l’allaitement peuvent être proposés lorsque l’état de la mère et de l’enfant le permettent, sans pression si des soins médicaux sont prioritaires.

Peut-on avoir un autre bébé après un HELLP ?

Un antécédent de syndrome HELLP augmente le risque de prééclampsie ou de complication placentaire lors d’une grossesse suivante, mais il ne signifie pas qu’une nouvelle grossesse se déroulera de la même façon. Le risque varie selon le terme de survenue, la gravité et l’existence d’une hypertension ou d’une maladie rénale.

Une consultation avant la conception permet de relire le compte rendu d’hospitalisation, de vérifier la tension et de rechercher certains facteurs de risque. La grossesse suivante bénéficie généralement d’un suivi rapproché avec contrôles de tension, analyses et échographies adaptés.

Dans certaines situations, un traitement préventif par aspirine à faible dose est proposé par le médecin ou la sage-femme, selon les recommandations françaises et le profil de risque. Il ne faut pas commencer ce médicament seule, car la prescription dépend notamment du moment de début et des contre-indications.

Le syndrome HELLP n’est pas provoqué par une erreur alimentaire, une activité physique ordinaire ou une émotion. Vous n’avez pas à vous reprocher son apparition.

Quand consulter ?

  • Appelez votre maternité immédiatement pour une douleur persistante sous les côtes à droite, une douleur intense dans le haut du ventre ou des vomissements apparus brutalement après le premier trimestre.
  • Demandez un avis urgent pour un mal de tête intense ou inhabituel, des troubles de la vue, des points lumineux, une confusion ou une sensibilité inhabituelle à la lumière.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de convulsions, de perte de connaissance, de difficulté importante à respirer, de douleur thoracique, de faiblesse d’un côté du corps ou de saignement abondant.
  • Après l’accouchement, contactez rapidement la maternité pour ces mêmes signes, même si vous êtes déjà rentrée chez vous et même si votre tension était normale pendant la grossesse.

Questions fréquentes

Le syndrome HELLP est-il la même chose que la prééclampsie ?

Ils sont souvent associés, mais ils ne désignent pas exactement la même situation. La prééclampsie concerne surtout une hypertension et des signes d’atteinte d’un organe après 20 semaines d’aménorrhée, tandis que le HELLP correspond à des anomalies du sang, du foie et des plaquettes.

Peut-on avoir un HELLP avec une tension normale ?

Oui, cela peut arriver, même si le syndrome est fréquemment associé à une prééclampsie. Une douleur sous les côtes à droite, des vomissements inhabituels ou un malaise doivent être signalés à la maternité, même si votre tension mesurée à domicile est normale.

Le HELLP impose-t-il toujours une césarienne ?

Non. La voie d’accouchement dépend du terme, de l’état de la mère, du rythme du bébé, de la position du bébé, de l’ouverture du col et des résultats sanguins. L’équipe choisit la solution la plus sûre dans le délai disponible.

Combien de temps faut-il pour récupérer après un HELLP ?

Les plaquettes et les enzymes du foie s’améliorent souvent après la naissance, mais la normalisation peut prendre plusieurs jours. La fatigue peut durer plus longtemps, surtout après une naissance prématurée, une césarienne ou une hospitalisation en soins intensifs.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que représentent les lettres HELLP ?
  2. 2.Quel signe doit conduire à contacter rapidement la maternité ?
  3. 3.Après un syndrome HELLP, que prévoir pour une grossesse suivante ?

Sources

  1. CNGOF, recommandations et informations sur l’hypertension artérielle au cours de la grossesse cngof.fr
  2. Haute Autorité de Santé, recommandations professionnelles has-sante.fr
  3. Assurance Maladie, grossesse et prééclampsie ameli.fr
  4. Santé publique France, les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
  5. OMS, santé maternelle et hypertension pendant la grossesse who.int

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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