Grossesse non prévue : que faire maintenant ?
Un retard de règles, un test positif ou un doute peuvent faire surgir beaucoup de questions en même temps. Vous pouvez prendre quelques jours pour vérifier la grossesse, réfléchir à votre situation et demander un accompagnement confidentiel, quelle que soit votre décision.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
Commencer par confirmer la grossesse
Un retard de règles ne suffit pas à confirmer une grossesse. Un test urinaire peut être réalisé à partir du jour présumé des règles, de préférence avec les premières urines du matin. Si vous ne savez pas quand vos règles devaient arriver, faites-le environ trois semaines après le rapport à risque.
Un test positif est généralement fiable, mais un résultat négatif réalisé trop tôt peut être trompeur. Si les règles ne viennent toujours pas, répétez le test quelques jours plus tard ou demandez conseil à un médecin, une sage-femme ou un centre de santé sexuelle.
Une contraception utilisée habituellement ne supprime pas totalement le risque de grossesse. Un oubli de comprimé, des vomissements, une diarrhée importante ou certains traitements peuvent réduire l’efficacité de la pilule. Le préservatif peut aussi se déchirer ou glisser. Ces situations ne permettent pas de conclure à une erreur de votre part.
- Test urinaire dès le premier jour de retard des règles
- Nouveau test quelques jours plus tard si le premier est négatif
- Consultation si le doute persiste ou si les cycles sont irréguliers
- Contraception d’urgence après un rapport à risque, le plus tôt possible
Une grossesse non prévue peut avoir plusieurs issues
Une grossesse dite non prévue peut être poursuivie, interrompue ou parfois s’arrêter spontanément. Le mot décrit le contexte dans lequel la grossesse survient, sans dire ce que vous ressentez aujourd’hui ni la décision que vous prendrez.
Les enquêtes françaises anciennes estimaient qu’une part importante des grossesses n’était pas planifiée. Cette proportion varie selon la définition retenue, l’âge des femmes interrogées, le moment de l’enquête et la manière de poser la question. Le chiffre de 36 % cité dans l’ancien article ne doit donc pas être présenté comme une mesure actuelle et définitive.
Une grossesse non prévue peut devenir un projet accepté avec le temps. Elle peut aussi conduire à demander une interruption volontaire de grossesse, appelée IVG. Vous avez le droit de recevoir une information loyale sur les possibilités existantes, sans pression et sans jugement.
Le délai de réflexion n’est pas imposé par la loi pour une IVG. Vous pouvez demander un rendez-vous même si votre décision n’est pas encore arrêtée. Une sage-femme, un médecin, un centre de santé sexuelle ou le numéro national 0 800 08 11 11 peut vous aider à clarifier les étapes.
Si vous envisagez de poursuivre la grossesse
Prenez rendez-vous avec une sage-femme ou un médecin dès que possible. Le premier examen prénatal permet de dater la grossesse, de vérifier votre état de santé, de revoir vos traitements et de répondre aux questions sur l’alcool, le tabac, les infections, les vaccins et l’alimentation.
La déclaration de grossesse doit être réalisée avant la fin du troisième mois, généralement avant 14 semaines d’aménorrhée. Le professionnel peut la transmettre en ligne à l’Assurance maladie et à la Caf, ou vous remettre les documents nécessaires.
Si vous prenez un traitement régulier, ne l’arrêtez pas seule et ne le poursuivez pas sans avis. Demandez rapidement à votre médecin ou à votre pharmacien si le médicament est compatible avec une grossesse. Évitez l’alcool dès que la grossesse est possible, car aucune quantité n’est connue comme totalement sans risque pendant la grossesse.
Un accompagnement psychologique peut être proposé si la nouvelle vous bouleverse, si votre entourage vous met sous pression ou si vous avez vécu des violences. Vous pouvez demander un entretien seul avec le professionnel de santé, y compris si vous êtes mineure.
Si vous envisagez une IVG
En France, l’IVG est autorisée jusqu’à la fin de 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles. Deux méthodes existent : l’IVG médicamenteuse et l’IVG instrumentale. La méthode dépend notamment du terme, de votre état de santé, de vos préférences et de l’organisation du lieu de soins.
L’IVG médicamenteuse utilise deux médicaments prescrits et peut être réalisée jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, dans les conditions prévues par le professionnel. Elle provoque des contractions et des saignements, souvent plus abondants que des règles.
L’IVG instrumentale se déroule dans un établissement de santé ou une structure autorisée. L’aspiration dure généralement quelques minutes, avec une anesthésie locale ou générale selon votre choix et les possibilités du service. Un contrôle est organisé après l’intervention.
L’IVG est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie dans les conditions prévues par la réglementation. La confidentialité est garantie. Les mineures peuvent y accéder sans autorisation parentale, avec l’accompagnement d’un adulte de leur choix si elles le souhaitent.
Pour obtenir un rendez-vous, contactez un centre de santé sexuelle, une maternité, un médecin, une sage-femme ou le numéro national d’information sur l’IVG et la contraception, au 0 800 08 11 11. Donnez le premier jour de vos dernières règles lorsque vous appelez, car le terme détermine les possibilités de prise en charge.
Après la décision, revoir la contraception
Une ovulation peut survenir avant le retour des premières règles après une IVG ou une fausse couche. Une contraception peut donc être commencée rapidement, selon la méthode choisie et l’avis du professionnel. Le préservatif reste utile pour réduire le risque d’infections sexuellement transmissibles.
La contraception d’urgence est disponible en pharmacie sans ordonnance. Le lévonorgestrel doit être pris dans les trois jours suivant le rapport à risque, et l’ulipristal dans les cinq jours. Plus elle est utilisée tôt, plus elle est efficace. Un dispositif intra-utérin au cuivre peut aussi être posé dans les cinq jours par un professionnel formé et constitue la méthode d’urgence la plus efficace.
La pilule est très efficace lorsqu’elle est prise correctement, mais son efficacité pratique diminue en cas d’oubli ou de problème digestif. Un dispositif intra-utérin, un implant, un anneau, un patch, une injection ou une méthode barrière peuvent convenir à certaines personnes. Le choix se fait avec un professionnel, selon votre santé, vos habitudes et votre souhait d’avoir ou non un rappel régulier.
Se faire accompagner sans rester seule
Vous pouvez demander un rendez-vous confidentiel même si vous n’avez pas encore choisi entre poursuivre la grossesse et l’interrompre. Préparez, si vous le pouvez, la date du début de vos dernières règles, la date des rapports à risque, votre contraception habituelle et vos traitements.
Un centre de santé sexuelle peut répondre aux questions sur l’IVG, la contraception, les infections sexuellement transmissibles et les violences. Le numéro 0 800 08 11 11 est gratuit et anonyme en France. Le 3114 peut être appelé gratuitement si des idées suicidaires ou une détresse intense apparaissent.
Votre entourage peut vous soutenir, mais la décision concernant votre corps vous appartient. Un professionnel doit vous fournir les informations médicales nécessaires et respecter votre choix, sans vous culpabiliser si la grossesse survient malgré une contraception ou si vous changez d’avis.
Quand consulter ?
- Appelez le 15 ou le 112 si vous avez une douleur abdominale intense, surtout d’un seul côté, avec malaise, faiblesse, douleur à l’épaule ou saignement important.
- Contactez rapidement une maternité, un médecin ou une sage-femme si vous êtes enceinte et avez des saignements, une douleur persistante, de la fièvre ou des vertiges.
- Après une IVG, consultez rapidement si vous avez une fièvre, une douleur qui augmente, des pertes malodorantes, un malaise ou des saignements très abondants.
- Appelez le 3114 si la grossesse provoque une détresse psychique majeure ou des idées suicidaires, et le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat.
Questions fréquentes
Un test de grossesse positif peut-il être faux ?
Un faux positif est rare, mais un test peut être mal interprété ou réalisé dans une situation particulière. Prenez rendez-vous avec un médecin ou une sage-femme pour confirmer la grossesse et la dater, surtout si vous avez des douleurs ou des saignements.
Puis-je demander une IVG sans avoir pris ma décision ?
Oui. Un rendez-vous d’information permet de connaître le terme, les méthodes, les délais et les lieux de prise en charge. Vous pouvez demander cet entretien sans être obligée de poursuivre la démarche.
Une grossesse non prévue signifie-t-elle que je serai une mauvaise mère ?
Non. Le contexte de conception ne prédit ni vos compétences parentales ni votre attachement futur. Vous pouvez demander un accompagnement psychologique ou social pour réfléchir à votre situation sans jugement.
Que faire si je ne connais pas la date de mes dernières règles ?
Indiquez au professionnel la date approximative, vos cycles habituels et la date des rapports à risque. Une échographie peut aider à dater la grossesse, notamment lorsque les cycles sont irréguliers.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- IVG.gouv.fr, site officiel sur l’interruption volontaire de grossesse ivg.gouv.fr
- Service-Public.fr, droits et démarches liés à l’IVG service-public.fr
- Ameli, contraception et santé sexuelle ameli.fr
- Haute Autorité de santé, recommandations professionnelles has-sante.fr
- Ined, études sur la fécondité, la contraception et les grossesses non prévues ined.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
À lire aussi
- Projet bébéQuand faire un test de grossesse pour un résultat fiable ?Test urinaire, prise de sang, retard de règles : apprenez quand tester, quoi faire après un résultat négatif et quand consulter rapidement.7 min de lecture
- Projet bébéAcide folique : quand en prendre avant la grossesse ?Acide folique et grossesse : quand commencer, qui consulter et quelles situations nécessitent une prescription adaptée avant la conception ?6 min de lecture
- Projet bébéArrêter sa contraception pour une grossesse : quels délais ?Pilule, implant, DIU ou injection : apprenez quand la fertilité revient après l’arrêt de la contraception et comment préparer votre projet de grossesse.7 min de lecture
- Projet bébéConsultation préconceptionnelle : préparer votre grossesseTraitements, vaccins, antécédents et travail : préparez votre consultation préconceptionnelle avec une liste claire de questions à poser.7 min de lecture