Don d’ovocytes : comment devenir donneuse en France
En France, le don d’ovocytes permet à des personnes de réaliser un projet parental lorsque leurs propres ovocytes ne peuvent pas être utilisés. Le don est volontaire, gratuit et encadré par une équipe médicale spécialisée.
Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire10 parties
Pourquoi donner ses ovocytes ?
Certaines femmes et certains couples ont besoin d’un don d’ovocytes pour avoir un enfant. Cette situation peut être liée à une insuffisance ovarienne, à l’absence d’ovocytes utilisables, à certains traitements médicaux ou à une maladie génétique qui ne doit pas être transmise.
Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’assistance médicale à la procréation avec don de gamètes est ouverte aux couples de femmes et aux femmes non mariées, comme elle l’était déjà aux couples composés d’un homme et d’une femme. Les règles d’accès dépendent toutefois de la situation médicale et du centre d’AMP.
Les délais d’attente pour recevoir des ovocytes varient selon le nombre de donneuses, le centre choisi et les caractéristiques médicales de la personne ou du couple receveur. Un don peut donc répondre à un besoin concret sans garantir une grossesse.
- Le don concerne des ovocytes prélevés après une stimulation ovarienne.
- Les ovocytes sont utilisés dans le cadre d’une fécondation in vitro.
- Le don ne crée aucun lien de filiation entre la donneuse et l’enfant.
- La donneuse ne reçoit pas d’information sur l’issue du don.
Qui peut devenir donneuse ?
En France, une donneuse doit être majeure et généralement âgée de 18 à 37 ans au moment du don. Le centre vérifie son état de santé, ses antécédents personnels et familiaux, ainsi que les traitements qu’elle prend.
Depuis la réforme de la bioéthique, il n’est plus nécessaire d’avoir déjà eu un enfant pour donner ses ovocytes. Une femme qui n’a jamais été enceinte peut donc être candidate, si l’évaluation médicale et psychologique ne retrouve pas de contre-indication.
Un entretien permet aussi de vérifier que la décision est libre, personnelle et comprise. Le consentement peut être retiré tant que les ovocytes n’ont pas été utilisés dans le cadre prévu par la loi.
La donneuse doit signaler une maladie chronique, une intervention récente, une grossesse en cours, un allaitement, une anomalie connue dans sa famille ou un traitement régulier. Le centre décide ensuite si le don peut être réalisé et dans quel délai.
- Avoir entre 18 et 37 ans en général.
- Accepter un bilan médical et biologique.
- Participer à un entretien avec l’équipe du centre.
- Signer un consentement écrit.
- Pouvoir se rendre plusieurs fois au centre pendant le cycle de don.
Comment se déroule le don ?
Le parcours commence par une prise de contact avec un centre autorisé à pratiquer le don de gamètes. L’équipe réalise un entretien, un examen clinique, des analyses sanguines et une échographie des ovaires. Une consultation de génétique peut être proposée selon les antécédents familiaux.
La stimulation ovarienne utilise des injections d’hormones pendant environ dix à douze jours, avec une durée qui varie selon la réponse des ovaires. Des échographies et des prises de sang permettent d’ajuster le suivi et de réduire le risque d’une réponse excessive.
Le prélèvement des ovocytes se fait par voie vaginale, sous contrôle échographique, avec une anesthésie locale ou générale selon le centre et la situation médicale. Le geste dure généralement moins d’une heure, puis une période de surveillance est prévue avant le retour à domicile.
Le nombre d’ovocytes recueillis varie d’une donneuse à l’autre. Tous ne donnent pas forcément un embryon, et certains ovocytes peuvent ne pas être utilisables. Le don peut parfois être réalisé une seconde fois, uniquement après une nouvelle évaluation de l’équipe médicale.
- Bilan médical et entretien préalable.
- Stimulation ovarienne surveillée pendant environ dix à douze jours.
- Prélèvement des ovocytes par voie vaginale.
- Repos et surveillance après l’anesthésie.
- Suivi médical dans les jours qui suivent.
Quels sont les risques et les suites ?
Les injections peuvent provoquer une sensation de ventre gonflé, une gêne pelvienne, de la fatigue ou des variations d’humeur. Ces effets s’atténuent habituellement après la fin de la stimulation, mais leur durée dépend de chaque organisme.
Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est une complication rare liée à une réaction excessive des ovaires. Il peut entraîner des douleurs abdominales, une augmentation rapide du poids, un essoufflement ou des vomissements, ce qui nécessite un avis médical rapide.
Le prélèvement expose aussi à des risques peu fréquents, comme un saignement, une infection ou une complication liée à l’anesthésie. Le centre explique les signes à surveiller et remet les coordonnées à utiliser après le retour à domicile.
La fertilité future n’est pas diminuée par le fait de donner ses ovocytes, selon les données disponibles et les recommandations médicales actuelles. Le don ne prélève pas tous les ovocytes disponibles, car plusieurs ovocytes dégénèrent naturellement à chaque cycle.
Un don gratuit, avec les frais remboursés
Le don d’ovocytes repose sur le principe de gratuité. La donneuse ne reçoit pas de rémunération en échange de ses ovocytes.
Les frais directement liés au parcours peuvent être pris en charge ou remboursés, notamment les transports, certains repas, l’hébergement lorsque le centre est éloigné et les dépenses médicales restant à payer. Les modalités sont précisées par l’équipe avant le début du protocole.
Le don demande plusieurs rendez-vous et peut nécessiter une organisation avec le travail, les études ou la vie familiale. Le centre fournit les justificatifs et explique les démarches administratives applicables à chaque situation.
Anonymat et accès aux origines
La donneuse et les personnes receveuses ne connaissent pas l’identité les unes des autres. La donneuse ne sait pas si ses ovocytes ont conduit à une grossesse ou à une naissance, et les receveurs ne reçoivent pas son identité.
La loi française a toutefois changé pour les dons réalisés depuis le 1er septembre 2022. À sa majorité, une personne née d’un don peut demander à accéder à des données non identifiantes concernant la donneuse et, si celle-ci y a consenti, à son identité.
Une personne qui souhaite donner doit donc accepter que son identité puisse être communiquée à l’enfant issu du don lorsqu’il sera majeur, conformément aux règles en vigueur. Cette possibilité ne crée aucun droit ou devoir de parent envers l’enfant.
Les informations sont conservées par les organismes compétents dans les conditions prévues par la loi. L’équipe du centre explique le consentement et les conséquences de cette réforme avant la signature.
Quand consulter ?
- Appelez le centre de don rapidement en cas de douleurs abdominales importantes ou persistantes après la stimulation ou le prélèvement.
- Demandez un avis médical le jour même en cas de vomissements répétés, de ventre qui augmente rapidement, de prise de poids rapide ou de diminution nette des urines.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas d’essoufflement marqué, de malaise, de douleur thoracique ou de saignement abondant.
- Contactez le centre dans les jours suivant le prélèvement en cas de fièvre, de frissons ou de pertes vaginales malodorantes.
Questions fréquentes
Faut-il avoir déjà eu un enfant pour donner ses ovocytes ?
Non. Depuis la loi de bioéthique de 2021, une femme majeure peut être candidate même si elle n’a jamais été enceinte. Le centre vérifie son état de santé, ses antécédents et sa compréhension du don.
La donneuse est-elle payée ?
Non. Le don est gratuit en France. Les frais liés au parcours, comme certains transports ou l’hébergement, peuvent être pris en charge ou remboursés selon les règles applicables.
La donneuse peut-elle connaître la famille receveuse ?
Non. Les identités ne sont pas communiquées entre donneuse et receveurs. Une personne née du don pourra toutefois demander certaines informations à sa majorité, selon le consentement recueilli et la loi française.
Combien de temps faut-il prévoir ?
La durée varie selon le centre et les examens nécessaires. La stimulation ovarienne dure souvent environ dix à douze jours, auxquels s’ajoutent le bilan préalable, les rendez-vous de suivi et le prélèvement.
Comment prendre contact avec un centre ?
La liste des centres autorisés est disponible auprès de l’Agence de la biomédecine. Vous pouvez demander un rendez-vous dans le centre de don le plus proche, sans vous engager avant l’entretien et le bilan.
Testez-vous
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Un don encadré par la loi
Une donneuse n’a pas besoin d’avoir déjà eu un enfant. Elle doit toutefois accepter qu’une personne née de son don puisse demander son identité à sa majorité, selon son consentement.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Agence de la biomédecine, rubrique Don de gamètes agence-biomedecine.fr
- Service-Public.fr, droits et démarches liés à la procréation médicalement assistée service-public.fr
- Légifrance, Code de la santé publique et loi de bioéthique legifrance.gouv.fr
- Assurance Maladie, procréation médicalement assistée ameli.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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