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Bébé Vallée
Vivre sa grossesse

DPNI et amniocentèse : où en est le dépistage ?

Une prise de sang maternelle peut aujourd’hui rechercher une forte probabilité de trisomie 21 à partir de l’ADN placentaire présent dans le sang. Ce dépistage prénatal non invasif, appelé DPNI, ne remplace toutefois pas l’amniocentèse lorsqu’un diagnostic certain est nécessaire.

Mis à jour le 5 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. La prise de sang a changé le parcours de dépistage
  2. Dépistage et diagnostic répondent à deux questions différentes
  3. Comment le parcours se déroule en France
  4. Que signifie le résultat du DPNI ?
  5. Quels risques pour la mère et le bébé ?
  6. Ce que le DPNI ne peut pas annoncer
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources

La prise de sang a changé le parcours de dépistage

L’ancien article évoquait une technique encore expérimentale provenant des États-Unis. Depuis, l’analyse de l’ADN libre circulant dans le sang maternel est devenue disponible en France sous le nom de dépistage prénatal non invasif, ou DPNI.

Le DPNI recherche surtout une quantité inhabituelle de matériel chromosomique correspondant au chromosome 21. Selon les indications et les prescriptions, l’analyse peut aussi porter sur les chromosomes 13 et 18. Elle s’effectue sur une prise de sang de la femme enceinte, généralement à partir de 11 semaines d’aménorrhée, dans le cadre du parcours proposé par l’équipe médicale.

L’ADN analysé vient principalement du placenta. Il circule en petites quantités dans le sang maternel, puis disparaît après la grossesse. Le laboratoire ne prélève donc pas directement de cellules du fœtus.

  • Le DPNI est un examen de dépistage.
  • Il ne nécessite pas d’aiguille dans l’utérus.
  • Il ne permet pas d’étudier toutes les maladies génétiques.
  • Son résultat doit être interprété avec l’échographie et le contexte médical.

Dépistage et diagnostic répondent à deux questions différentes

Un dépistage estime une probabilité. Un diagnostic cherche à confirmer ou à exclure une anomalie chromosomique dans des cellules fœtales. Cette différence explique pourquoi un DPNI positif doit être confirmé par un prélèvement invasif avant toute décision médicale.

Le DPNI est très performant pour la trisomie 21, mais aucun dépistage ne détecte tous les cas. Un résultat négatif diminue fortement la probabilité, sans la supprimer complètement. L’échographie du premier trimestre et les échographies suivantes restent nécessaires.

L’amniocentèse consiste à prélever une petite quantité de liquide amniotique avec une aiguille guidée par échographie, habituellement après 15 semaines d’aménorrhée. Les cellules présentes dans ce liquide peuvent être étudiées pour établir un diagnostic chromosomique.

La choriocentèse, aussi appelée biopsie du trophoblaste, prélève du tissu placentaire. Elle peut être réalisée plus tôt que l’amniocentèse dans certaines situations, souvent à partir de 11 semaines d’aménorrhée, selon le centre et l’indication.

Comment le parcours se déroule en France

Le dépistage commence habituellement au premier trimestre par une échographie mesurant notamment la clarté nucale, associée à une prise de sang maternelle. Le calcul tient compte du terme, de l’âge maternel et de certains marqueurs sanguins. La sage-femme, le médecin ou le gynécologue vous explique le résultat chiffré.

Lorsque le risque calculé se situe entre 1 sur 1 000 et 1 sur 51, un DPNI peut généralement être proposé. Lorsque le risque est d’au moins 1 sur 50, un prélèvement invasif à visée diagnostique peut être proposé d’emblée. Ces seuils s’inscrivent dans les recommandations françaises et la situation individuelle peut modifier la conduite à tenir.

Un DPNI peut aussi être discuté dans d’autres circonstances, par exemple si l’échographie montre un signe qui mérite une évaluation complémentaire. Si l’échographie révèle une anomalie importante, l’équipe peut recommander directement un prélèvement diagnostique plutôt que d’attendre un dépistage.

La décision vous appartient après une information claire. Vous pouvez accepter ou refuser un dépistage ou un examen diagnostique, et demander un rendez-vous de génétique ou de médecine fœtale si le résultat vous semble difficile à comprendre.

Que signifie le résultat du DPNI ?

Un résultat négatif signifie que la probabilité de trisomie recherchée devient très faible. Il ne garantit pas l’absence de toute anomalie chromosomique et ne remplace ni les échographies ni le suivi habituel de la grossesse.

Un résultat positif indique une probabilité élevée, pas une certitude. Le laboratoire ou l’équipe qui suit votre grossesse vous orientera vers une consultation spécialisée. Une amniocentèse ou une choriocentèse est alors proposée pour confirmer le résultat.

Il arrive que le laboratoire ne puisse pas rendre de résultat, notamment lorsque la quantité d’ADN placentaire dans le sang est insuffisante. Le terme de la grossesse, le poids, un prélèvement trop précoce ou des raisons techniques peuvent intervenir. L’équipe vous expliquera s’il faut refaire la prise de sang ou envisager un autre examen.

Le délai de rendu dépend du laboratoire, souvent autour d’une semaine à deux semaines. Demandez le délai prévu au moment du prélèvement, car il peut varier selon l’organisation locale.

Quels risques pour la mère et le bébé ?

Le DPNI présente les risques habituels d’une prise de sang, comme une douleur brève, un petit hématome ou un malaise vagal. Il ne provoque pas de fausse couche puisqu’aucune aiguille ne pénètre dans la poche des eaux.

L’amniocentèse et la choriocentèse sont des gestes invasifs. Le risque de fausse couche est devenu faible dans les équipes entraînées, mais il n’est pas nul. Les chiffres varient selon le geste, le terme, l’indication et le centre ; l’ordre de grandeur communiqué est souvent inférieur à 1 cas sur 500, parfois autour de 1 à 3 cas sur 1 000.

Avant le geste, le professionnel vérifie la situation par échographie et vous explique le bénéfice attendu, les limites et le risque propre au centre. Après le prélèvement, des douleurs modérées ou quelques pertes peuvent survenir. Les consignes de surveillance vous sont données avant votre retour.

Ce que le DPNI ne peut pas annoncer

Le DPNI ne prédit pas le sexe, le tempérament, les capacités futures ou l’état de santé général du bébé. Il ne recherche pas toutes les maladies rares ni toutes les anomalies visibles à l’échographie.

Un résultat rassurant ne dispense donc pas de l’échographie morphologique du deuxième trimestre, habituellement réalisée entre 20 et 24 semaines d’aménorrhée. Cette échographie observe notamment le cœur, le cerveau, les reins, la colonne et la croissance.

Les résultats d’un dépistage peuvent provoquer de l’inquiétude, même lorsque la probabilité est faible. Notez vos questions avant le rendez-vous et demandez que le résultat soit traduit en chiffres compréhensibles, par exemple une probabilité sur 10 000 plutôt qu’un simple commentaire comme faible ou élevé.

Questions fréquentes

Le DPNI remplace-t-il toujours l’amniocentèse ?

Non. Le DPNI est un dépistage. Un résultat positif doit être confirmé par une amniocentèse ou une choriocentèse avant de poser un diagnostic de trisomie.

À quel moment peut-on faire le DPNI ?

Il est généralement réalisable à partir de 11 semaines d’aménorrhée, selon la prescription, le laboratoire et la situation de la grossesse.

Un résultat négatif garantit-il que le bébé va bien ?

Non. Il réduit fortement la probabilité des trisomies recherchées, mais il ne dépiste pas toutes les anomalies. Les échographies et le suivi obstétrical restent nécessaires.

Que faire si le DPNI est positif ?

Contactez rapidement la sage-femme, le gynécologue ou la maternité qui vous suit. Une consultation spécialisée proposera un examen diagnostique et expliquera les résultats avec vous.

L’amniocentèse est-elle encore pratiquée ?

Oui. Elle reste utile lorsqu’un diagnostic est nécessaire, notamment après un DPNI positif ou lorsqu’une échographie montre une anomalie qui doit être étudiée.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que recherche principalement le DPNI ?
  2. 2.Que signifie un DPNI positif ?
  3. 3.Quel examen reste nécessaire après un DPNI négatif ?

Sources

  1. Haute Autorité de Santé, dépistage prénatal de la trisomie 21 has-sante.fr
  2. Assurance Maladie, suivi et examens de la grossesse ameli.fr
  3. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, informations sur le diagnostic prénatal cngof.fr
  4. Service-Public.fr, examens médicaux pendant la grossesse service-public.fr
  5. Santé publique France, grossesse et premiers mois de vie santepubliquefrance.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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