Césarienne en France : comprendre les chiffres et les indications
Le taux de césariennes en France se situe autour d’une naissance sur cinq depuis plusieurs années, avec des écarts entre les maternités. Ces différences ne suffisent pas à conclure à des interventions injustifiées, car elles dépendent notamment du profil des femmes accueillies, du niveau de soins et des situations obstétricales.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire11 parties
- Le taux français a augmenté depuis les années 1980
- Pourquoi les taux varient-ils d’une maternité à l’autre ?
- Dans quelles situations la césarienne est-elle proposée ?
- Quels sont les risques pour la mère et le bébé ?
- Une césarienne de convenance peut-elle être demandée ?
- Comment choisir et évaluer une maternité ?
- Les suites de naissance après une césarienne
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Le taux français a augmenté depuis les années 1980
En 1981, environ 10,9 % des naissances en France avaient lieu par césarienne. Le taux a progressé jusqu’à dépasser 20 % dans les années 2000, puis il s’est stabilisé autour de 20 à 22 % selon les années, les sources et la méthode de calcul.
Une césarienne consiste à faire naître le bébé par une incision de l’abdomen et de l’utérus. Elle peut être décidée avant le début du travail, appelée césarienne programmée, ou réalisée pendant le travail lorsqu’une situation l’exige.
La hausse observée depuis plusieurs décennies s’explique par plusieurs facteurs : les mères sont parfois plus âgées, les grossesses multiples sont davantage prises en charge, les antécédents de césarienne sont plus fréquents et les équipes surveillent mieux certaines complications. La médicalisation accrue des grossesses à risque intervient également dans ces chiffres.
- Le taux national ne mesure pas à lui seul la qualité d’une maternité.
- Une maternité de niveau 3 reçoit davantage de grossesses à risque qu’une maternité de niveau 1.
- Les taux doivent être comparés avec des populations et des situations obstétricales similaires.
- Une césarienne peut sauver la vie de la mère ou du bébé lorsqu’un accouchement vaginal devient dangereux.
Pourquoi les taux varient-ils d’une maternité à l’autre ?
Les écarts entre établissements peuvent être importants, mais ils ne traduisent pas automatiquement des pratiques abusives. Une maternité qui accueille de nombreuses femmes ayant une prééclampsie, un placenta prævia, des jumeaux ou un bébé en présentation du siège aura mécaniquement davantage de césariennes.
Le niveau de la maternité modifie aussi les chiffres. Les établissements de niveau 1 prennent en charge les grossesses sans risque particulier, tandis que les niveaux 2 et 3 disposent d’équipes et de soins néonatals adaptés aux situations plus complexes.
La comparaison doit tenir compte du premier accouchement ou des accouchements précédents, de l’âge gestationnel, du poids estimé du bébé, de la présentation fœtale et des antécédents médicaux. Le taux global d’un établissement ne permet donc pas, à lui seul, de juger la décision prise pour une femme donnée.
Les secteurs public et privé accueillent des profils différents et peuvent organiser les soins selon des modalités distinctes. Accuser une catégorie entière de pratiquer des césariennes par commodité ou intérêt économique ne rend pas compte de cette diversité et peut inquiéter inutilement les futures mères.
Dans quelles situations la césarienne est-elle proposée ?
La césarienne peut être recommandée lorsque le placenta recouvre le col de l’utérus, lorsque le bébé présente une souffrance aiguë, lorsque le travail ne progresse pas malgré une prise en charge adaptée ou lorsque le bébé est dans une position qui rend la naissance vaginale dangereuse.
Elle peut aussi être discutée en cas de certaines grossesses multiples, d’un poids fœtal très élevé associé à des facteurs de risque, d’une maladie maternelle grave ou d’une cicatrice utérine particulière. La conduite à tenir dépend du dossier complet et des protocoles de la maternité.
Après une première césarienne, une nouvelle césarienne n’est pas systématique. Un accouchement vaginal après césarienne peut être envisagé pour certaines femmes, après évaluation de la cicatrice utérine, de la cause de la première intervention et des conditions de la grossesse suivante.
Lorsque la césarienne est programmée, l’équipe explique généralement son indication, le moment prévu, l’anesthésie, la présence éventuelle de l’accompagnant et les suites de naissance. Vous pouvez demander que les bénéfices, les risques et les alternatives soient expliqués avec des mots simples.
Quels sont les risques pour la mère et le bébé ?
La césarienne est une intervention chirurgicale fréquente, réalisée le plus souvent sous anesthésie locorégionale. Elle expose cependant à des risques opératoires comme une infection, un saignement, une réaction à l’anesthésie ou une thrombose, même si les complications graves restent rares dans les systèmes de soins actuels.
La récupération demande souvent plus de temps qu’après un accouchement vaginal. La cicatrice abdominale peut être sensible pendant plusieurs semaines, et le port de charges, les déplacements et la reprise des activités sont adaptés à la douleur et aux conseils de l’équipe.
Pour le bébé, une césarienne réalisée avant 39 semaines d’aménorrhée augmente le risque de difficultés respiratoires transitoires. La date d’une césarienne programmée est donc choisie en fonction de l’indication médicale, souvent à partir de 39 semaines d’aménorrhée lorsque la situation le permet.
Les risques ne sont pas identiques selon que la césarienne est programmée ou réalisée en urgence. Une urgence peut être liée à une complication déjà présente, ce qui rend difficile de distinguer les effets de l’intervention de ceux de la situation initiale.
Une césarienne de convenance peut-elle être demandée ?
En France, une demande de césarienne sans indication médicale doit donner lieu à un échange approfondi avec l’équipe. La sage-femme ou le médecin recherche notamment une peur intense de l’accouchement, un traumatisme antérieur, des informations incomplètes ou une difficulté psychologique qui pourrait être accompagnée.
Une césarienne programmée réduit certains risques liés au travail, tout en ajoutant ceux d’une chirurgie abdominale. Elle peut aussi avoir des conséquences lors de grossesses ultérieures, notamment une probabilité plus élevée de placenta prævia ou de placenta accreta, deux anomalies d’insertion du placenta qui nécessitent une surveillance spécialisée.
La décision se construit avec la personne enceinte, en tenant compte de son histoire, de ses priorités et des données médicales. Une femme qui accouche par césarienne, qu’elle soit programmée ou urgente, ne mérite aucun jugement sur son choix ou sa situation.
Une peur majeure de l’accouchement peut être abordée dès le suivi prénatal. Un entretien avec une sage-femme, un obstétricien ou un psychologue de la maternité peut aider à préciser les craintes et à préparer un projet de naissance réaliste.
Comment choisir et évaluer une maternité ?
Le taux de césariennes peut être demandé à la maternité, mais il doit être interprété avec le niveau de soins, le nombre de naissances et le profil des patientes. Un chiffre isolé ne permet pas de savoir si les décisions sont adaptées.
Vous pouvez demander comment sont discutées les indications, si une analgésie péridurale est proposée, quelles sont les modalités d’accompagnement du travail et comment se déroule le contact peau à peau après une césarienne lorsque l’état de la mère et du bébé le permet.
La qualité d’une maternité repose aussi sur sa capacité à répondre aux urgences, à respecter le consentement, à expliquer les décisions et à organiser les soins après la naissance. La Haute Autorité de santé recommande une information claire et une décision partagée lorsque plusieurs options sont possibles.
Les suites de naissance après une césarienne
Après l’intervention, l’équipe surveille la douleur, les saignements, la cicatrice, la température, la mobilité et la reprise de l’alimentation. Le lever est encouragé précocement, souvent dans les premières heures, avec une aide adaptée pour réduire le risque de phlébite.
Le contact peau à peau et le démarrage de l’alimentation du bébé peuvent être proposés en salle d’opération ou en salle de réveil si l’état de santé de la mère et de l’enfant le permet. L’allaitement et le biberon sont tous deux compatibles avec une césarienne.
Une consultation postnatale est recommandée dans les 6 à 8 semaines après l’accouchement. Elle permet de parler de la cicatrice, des douleurs, de la contraception, du vécu de la naissance, de la rééducation périnéale et d’une éventuelle grossesse future.
Quand consulter ?
- Après une césarienne, consultez rapidement la maternité ou votre sage-femme en cas de fièvre à 38 °C ou plus, de cicatrice très rouge, gonflée, douloureuse ou qui coule.
- Appelez la maternité le jour même en cas de saignements vaginaux abondants, de douleur qui augmente malgré les mesures prescrites ou de difficultés à uriner.
- Appelez rapidement le 15 ou le 112 en cas d’essoufflement soudain, de douleur dans la poitrine, de malaise important ou de gonflement douloureux d’une seule jambe.
- Pendant la grossesse, appelez la maternité en cas de saignement, de perte des eaux, de contractions régulières douloureuses ou de diminution nette des mouvements du bébé.
Questions fréquentes
Quel est le taux de césariennes en France ?
Il se situe autour de 20 à 22 % des naissances selon les années et les sources, soit environ une naissance sur cinq. Le chiffre varie selon le type de maternité et le profil des grossesses prises en charge.
Un taux élevé signifie-t-il qu’une maternité pratique trop de césariennes ?
Non, un taux global doit être interprété avec le niveau de soins, les antécédents des patientes, les grossesses multiples et les situations à risque. La comparaison entre établissements doit porter sur des populations comparables.
Une césarienne est-elle plus dangereuse qu’un accouchement vaginal ?
Elle comporte les risques d’une chirurgie, notamment infection, saignement et thrombose, tandis que l’accouchement vaginal comporte d’autres risques. Le rapport bénéfices et risques dépend de la situation médicale de chaque grossesse.
Peut-on accoucher par voie vaginale après une césarienne ?
Oui, cela peut être possible pour certaines femmes. L’équipe évalue la cicatrice utérine, la cause de la première césarienne, la présentation du bébé et les conditions de surveillance disponibles dans la maternité.
Quand une césarienne programmée est-elle généralement réalisée ?
Lorsqu’il n’existe pas de raison médicale de faire naître le bébé plus tôt, elle est souvent programmée à partir de 39 semaines d’aménorrhée. La date peut être avancée si la santé de la mère ou du bébé le nécessite.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Un chiffre à interpréter
Deux maternités peuvent avoir des taux de césariennes très différents parce qu’elles ne prennent pas en charge les mêmes grossesses : l’une peut recevoir davantage de situations à risque.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « Un chiffre à interpréter » rejoint votre album de cartes savoir.
Répondre aux 3 questionsSources
- Haute Autorité de santé, recommandations et informations sur la césarienne programmée à terme has-sante.fr
- Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, données sur les établissements de santé drees.solidarites-sante.gouv.fr
- Assurance Maladie, grossesse et accouchement ameli.fr
- Collège national des gynécologues et obstétriciens français cngof.fr
- Santé publique France, les 1000 premiers jours santepubliquefrance.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
À lire aussi
- AccouchementAccoucher par voie basse après une césarienneAprès une césarienne, une voie basse peut être envisagée. Comprenez le rôle réel de l’échographie, les risques et la préparation avec la maternité.7 min de lecture
- AccouchementCésarienne programmée ou urgente : déroulement et suitesCésarienne programmée ou urgente : anesthésie, naissance, peau à peau, premier lever, cicatrice et signes qui doivent vous conduire à consulter.8 min de lecture
- AccouchementQuestions sur la césarienne : préparation et suitesPréparation, anesthésie, cicatrice, allaitement et prochaine grossesse : les réponses actuelles aux questions fréquentes sur la césarienne en France.8 min de lecture
- AccouchementAccouchement à domicile : le témoignage de SoniaSonia raconte ses deux accouchements à domicile et les conditions à connaître : suivi par une sage-femme, préparation, douleur et transfert.7 min de lecture