Aller au contenu
Bébé Vallée
Accouchement

Accouchement et péridurale : comment se préparer ?

La péridurale permet de réduire fortement la douleur des contractions pendant le travail, tout en vous laissant éveillée et capable de participer à la naissance. En France, elle peut être demandée au cours du travail, après un échange avec l’équipe et une vérification de votre état de santé.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Comment agit la péridurale ?
  2. À quel moment peut-on la demander ?
  3. Quels sont les bénéfices et les limites ?
  4. Dans quels cas peut-elle être déconseillée ?
  5. Comment vous préparer le jour de la naissance ?
  6. Quelles autres options pour soulager la douleur ?
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Comment agit la péridurale ?

La péridurale est une anesthésie locorégionale réalisée dans le bas du dos par un médecin anesthésiste-réanimateur. Un petit cathéter souple reste placé entre deux vertèbres afin d’administrer le produit pendant le travail, sans devoir refaire une injection à chaque contraction.

Vous restez consciente et vous pouvez généralement sentir la pression, les mouvements du bébé et le besoin de pousser. La douleur diminue fortement, mais la disparition complète de toutes les sensations n’est pas garantie, car l’équipe adapte l’analgésie à votre réponse et à l’avancée de l’accouchement.

La pose demande habituellement une dizaine de minutes, puis l’effet apparaît progressivement en 10 à 20 minutes selon les produits et le fonctionnement du dispositif. Une perfusion, une surveillance de la tension artérielle et un enregistrement du rythme cardiaque du bébé sont généralement prévus autour de la pose.

  • Vous vous asseyez ou vous vous placez sur le côté, le dos arrondi.
  • La peau est désinfectée avant une anesthésie locale de la zone.
  • Vous devez rester immobile pendant quelques instants malgré les contractions.
  • Le cathéter est fixé dans le dos et relié à une pompe.
  • L’équipe vérifie l’efficacité et la force de vos jambes avant de vous installer.

À quel moment peut-on la demander ?

Vous pouvez demander une péridurale pendant le travail, selon l’organisation de votre maternité et votre état clinique. Il n’existe pas de règle nationale imposant d’attendre une dilatation précise du col, comme 3 ou 5 centimètres.

Il est utile de signaler votre souhait dès votre arrivée, même si vous hésitez encore. L’anesthésiste doit être disponible, vous examiner, vérifier votre dossier et parfois consulter un bilan sanguin avant la pose. Une demande très tardive, lorsque la naissance est imminente, peut ne plus laisser assez de temps pour l’installer et obtenir son effet.

La consultation d’anesthésie du troisième trimestre sert à repérer les antécédents, les allergies, les traitements et les problèmes de coagulation. Elle ne vous oblige pas à recevoir une péridurale, et une décision différente reste possible le jour de l’accouchement après discussion avec l’équipe.

Une péridurale posée ne signifie pas que vous devrez rester complètement allongée. Certaines maternités autorisent des changements de position et parfois une marche accompagnée si la force des jambes, la tension, la surveillance et le protocole local le permettent. Demandez ce qui est pratiqué dans votre lieu de naissance.

Quels sont les bénéfices et les limites ?

La péridurale apporte un soulagement efficace lorsque les contractions deviennent difficiles à supporter, lorsque le travail se prolonge ou lorsque la fatigue empêche de récupérer entre deux contractions. Elle peut aussi être proposée si une naissance instrumentale ou une césarienne devient nécessaire, même si les techniques utilisées ne sont alors pas toujours les mêmes.

Elle ne supprime pas systématiquement la sensation de pression dans le bassin. Vous pouvez donc rester actrice de la naissance, notamment en suivant les indications de la sage-femme au moment des poussées. Le niveau d’analgésie peut être ajusté si une zone reste douloureuse ou si vos jambes deviennent trop lourdes.

La péridurale peut entraîner une baisse transitoire de la tension, des démangeaisons, des frissons, une difficulté à uriner ou une sensation de jambes moins fortes. Une sonde urinaire temporaire peut être proposée si vous ne sentez plus suffisamment votre vessie.

Les données actuelles ne montrent pas qu’une péridurale augmente à elle seule le risque de césarienne. Elle peut cependant être associée à une deuxième phase du travail plus longue et, selon les situations et les pratiques, à davantage de naissances instrumentales. L’équipe tient compte de l’ensemble du travail, de votre état et de celui du bébé.

Dans quels cas peut-elle être déconseillée ?

Certaines situations nécessitent un avis anesthésique particulier : infection au niveau du dos, infection générale non contrôlée, trouble de la coagulation, nombre de plaquettes très bas ou traitement anticoagulant. La décision dépend de vos résultats, du médicament pris et du délai depuis la dernière dose.

Une scoliose, une chirurgie du dos, un tatouage lombaire ou un surpoids ne rendent pas automatiquement la péridurale impossible. La pose peut être plus longue ou demander un matériel spécifique, et l’anesthésiste vous expliquera les limites prévisibles.

En cas d’urgence obstétricale, l’équipe choisit la technique d’anesthésie qui permet de faire naître le bébé dans le délai nécessaire. Une péridurale déjà en place peut parfois être renforcée, tandis qu’une rachianesthésie ou une anesthésie générale peut être envisagée selon la situation.

Comment vous préparer le jour de la naissance ?

Apportez votre compte rendu de consultation d’anesthésie, vos résultats récents et la liste des traitements pris pendant la grossesse. Signalez immédiatement toute prise d’anticoagulant, même si elle vous semble ancienne ou occasionnelle.

Pendant la pose, gardez le dos arrondi et prévenez la sage-femme si une contraction arrive. Elle vous aide à respirer et à maintenir la position. Une petite sensation de pression ou de décharge dans une jambe peut survenir brièvement, mais une douleur intense ou persistante doit être signalée.

Après la naissance, la sensibilité et la force des jambes reviennent progressivement. Ne vous levez pas seule tant que la sage-femme n’a pas vérifié votre équilibre, vos sensations et votre capacité à uriner. Le cathéter est retiré lorsque l’analgésie n’est plus nécessaire, selon le fonctionnement de la maternité.

La péridurale n’empêche ni le peau à peau ni le démarrage de l’allaitement lorsque votre état et celui du bébé le permettent. Une naissance avec biberon, allaitement ou alimentation mixte peut être accompagnée de la même façon.

Quelles autres options pour soulager la douleur ?

Vous pouvez utiliser plusieurs moyens pendant le travail, avec ou sans péridurale : respiration guidée, mouvements du bassin, ballon, positions variées, douche ou bain si la maternité le permet, massage et présence continue d’un accompagnant. Leur disponibilité dépend du lieu et de votre état médical.

Le protoxyde d’azote, parfois appelé gaz analgésiant, peut être proposé dans certaines maternités. Vous le respirez avec un masque au moment de la contraction, sous la surveillance de l’équipe. Son effet est variable et moins puissant qu’une péridurale.

Votre projet de naissance peut préciser vos souhaits, mais il reste adaptable aux circonstances. Demander une péridurale, ne pas en vouloir, changer d’avis ou ne pas pouvoir en bénéficier ne constitue pas un échec : l’équipe recherche le soulagement le plus sûr pour vous et votre bébé.

Quand consulter ?

  • Pendant le travail, prévenez immédiatement la sage-femme d’une douleur qui reste très forte malgré la péridurale, d’une sensation de malaise, de difficultés à respirer ou d’une faiblesse inhabituelle.
  • Après le retour à domicile, contactez rapidement la maternité, votre sage-femme ou votre médecin si vous avez une forte douleur lombaire, de la fièvre, une rougeur ou un écoulement au point de ponction.
  • Consultez sans attendre si un mal de tête intense apparaît après la péridurale, surtout s’il augmente en position debout et s’améliore allongée, ou s’il s’accompagne de troubles visuels, de vomissements ou d’une raideur de la nuque.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de perte de force brutale d’une jambe, de perte de connaissance, de difficulté respiratoire importante ou de douleur thoracique.

Questions fréquentes

La péridurale fait-elle mal ?

La piqûre d’anesthésie locale peut brûler quelques secondes. La pose se fait ensuite dans le bas du dos et provoque surtout une pression. Prévenez l’équipe si une douleur vive, une décharge persistante ou une gêne inhabituelle apparaît.

Puis-je demander une péridurale si je n’en avais pas prévu ?

Oui, vous pouvez changer d’avis pendant le travail. L’anesthésiste doit toutefois être disponible et disposer du temps nécessaire pour vérifier votre dossier, poser le cathéter et laisser agir l’analgésie.

Vais-je sentir le moment de pousser ?

La plupart des femmes ressentent une pression ou une envie de pousser, avec une intensité variable. Si les sensations sont trop diminuées, la sage-femme vous guide grâce à l’examen et au suivi du travail.

La péridurale augmente-t-elle le risque de paralysie ?

Les complications neurologiques graves sont exceptionnelles. Une douleur lombaire temporaire ou une sensibilité différente peut exister après l’accouchement, mais une faiblesse persistante d’une jambe, une perte de sensibilité ou des difficultés urinaires nécessitent un avis médical rapide.

La péridurale a-t-elle un effet sur le bébé ?

Les produits utilisés agissent principalement autour des nerfs de votre dos et passent peu dans le sang. L’équipe surveille votre tension et le rythme cardiaque du bébé afin de repérer rapidement une éventuelle modification.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quel moment peut-on demander une péridurale ?
  2. 2.Que ressentez-vous généralement avec une péridurale ?
  3. 3.Quel signe nécessite un avis médical rapide après une péridurale ?
Carte savoir
Accouchement

La péridurale reste réglable

Le cathéter reste en place pendant le travail : l’équipe peut adapter l’analgésie selon vos sensations, au lieu de refaire une injection complète à chaque contraction.

Bébé Vallée

Gagnez cette carte dans Bébé Vallée

Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « La péridurale reste réglable » rejoint votre album de cartes savoir.

Répondre aux 3 questions

Sources

  1. Haute Autorité de santé, recommandations sur l’accouchement normal et l’accompagnement de la physiologie has-sante.fr
  2. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, informations et recommandations cngof.fr
  3. Assurance Maladie, grossesse, accouchement et suivi médical ameli.fr
  4. Santé publique France, dossier 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

À lire aussi