Comment réagir quand mon enfant fait une grosse colère ?
Restez près de votre enfant, protégez-le et parlez peu pendant la crise. Quand il retrouve son calme, aidez-le à mettre des mots sur ce qu’il a vécu et cherchez avec lui une autre façon d’exprimer son besoin.
Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire10 parties
Comprendre ce qui se passe
Entre 18 et 72 mois, une colère peut surgir lorsque votre enfant est fatigué, frustré, pressé ou contrarié. Ses émotions montent vite et ses capacités de langage et de maîtrise de soi sont encore en construction. Une demande simple peut alors sembler très difficile à accepter. Chaque enfant réagit à sa manière, selon son tempérament, son âge et le contexte de la journée.
Pendant la colère, votre enfant peut crier, pleurer, taper des pieds, se rouler au sol ou refuser le contact. Son cerveau est mobilisé par l’émotion. Il entend moins bien les explications longues et trouve difficilement une solution. Ce comportement exprime souvent un besoin ou une frustration. Il ne permet pas toujours de comprendre immédiatement ce qui a déclenché la crise.
Votre présence aide votre enfant à traverser ce moment. Vous pouvez rester proche avec une voix calme et un visage posé. Si vous sentez votre propre tension monter, éloignez-vous quelques secondes lorsque la situation le permet, puis revenez auprès de lui. Demander le relais d’un autre adulte peut aussi vous aider à garder une attitude sécurisante.
Agir pendant la colère
Commencez par sécuriser l’espace. Éloignez les objets qui pourraient blesser et retenez doucement un geste dangereux si cela est nécessaire. Dites une phrase courte, comme « Je vous empêche de taper » ou « Je reste près de vous ». Votre enfant a besoin d’une limite claire, exprimée sans menace. Gardez une distance qui respecte son besoin d’espace tout en restant disponible.
Ensuite, réduisez les paroles. Vous pouvez nommer ce que vous observez : « Vous êtes très en colère parce que nous devons partir ». Cette phrase ne fait pas disparaître la crise. Elle montre à votre enfant que son émotion est comprise. Évitez les explications détaillées, les reproches et les questions répétées. Attendez que son corps et sa voix commencent à s’apaiser.
Proposez un contact seulement si votre enfant l’accepte. Certains enfants cherchent les bras, d’autres préfèrent rester au sol ou à distance. Vous pouvez dire : « Je suis là. Vous pourrez venir quand vous serez prêt ». Si la colère se déroule dans un lieu public, déplacez-vous vers un endroit plus calme. Votre objectif est de protéger et d’accompagner, sans chercher à obtenir une obéissance immédiate.
Revenir sur l’épisode
Quand votre enfant est calme, reparlez brièvement de ce qui s’est passé. Utilisez des mots simples et concrets : « Vous vouliez encore jouer. Nous avons dû arrêter. Vous avez crié et tapé ». Cette reprise aide à relier l’émotion, le besoin et le comportement. Elle permet aussi de rappeler la règle, avec une phrase courte et stable.
Cherchez ensuite une autre manière d’agir pour la prochaine fois. Vous pouvez apprendre à dire « encore », « aide-moi », « je suis en colère » ou « je veux une pause ». Avec un enfant plus jeune, montrez le geste ou utilisez une image. Avec un enfant plus grand, inventez ensemble un signal pour demander un câlin, un temps calme ou une aide.
Si votre enfant a blessé quelqu’un ou cassé un objet, accompagnez la réparation selon ses possibilités. Il peut apporter un mouchoir, aider à remettre un coussin en place ou dire une phrase d’excuse lorsqu’il est prêt. La réparation ne doit pas devenir une humiliation. Elle apprend que les actes ont des conséquences et qu’une relation peut se reconstruire.
Réduire les situations difficiles
Observez les moments où les colères apparaissent le plus souvent. La faim, la fatigue, les changements rapides et les transitions peuvent rendre les frustrations plus difficiles à vivre. Prévenez votre enfant avant une étape : « Encore deux minutes, puis nous rangeons ». Une routine visible, avec quelques images ou des mots répétés, peut l’aider à savoir ce qui vient ensuite.
Donnez des choix limités lorsque c’est possible. Vous pouvez proposer le pull rouge ou le pull bleu, marcher jusqu’à la voiture ou être porté. Deux options suffisent pour éviter une nouvelle négociation. Gardez certaines limites stables, notamment celles qui concernent la sécurité. Votre enfant peut choisir la manière de faire, tandis que l’adulte conserve la décision nécessaire.
Prévoyez aussi des moments de mouvement, de jeu libre et de retour au calme. Le sommeil, les repas réguliers et une présence attentive soutiennent la régulation des émotions au quotidien. Aucun enfant ne reste calme tout le temps. Les progrès se voient parfois dans un retour plus rapide au calme, une demande formulée plus tôt ou un geste dangereux qui disparaît.
Des repères selon l’âge
Entre 18 et 24 mois, les frustrations peuvent être très physiques. Votre enfant comprend certaines consignes courtes, tout en ayant encore peu de mots pour expliquer son besoin. Montrez, répétez et accompagnez les transitions. Entre 2 et 3 ans, il affirme davantage ses envies et peut refuser une proposition pourtant habituelle. Les réactions restent variables d’un jour à l’autre.
Entre 3 et 5 ans, votre enfant développe son langage et commence à mieux comprendre les émotions. Il peut participer à une recherche de solutions, surtout après le retour au calme. Les crises peuvent encore survenir lors d’une fatigue ou d’un changement. Votre enfant apprend progressivement à attendre, négocier et demander de l’aide, avec des réussites qui alternent avec des moments plus difficiles.
Entre 5 et 6 ans, les explications deviennent souvent plus accessibles. Votre enfant peut prévoir une stratégie avant une situation connue : respirer avec vous, demander une pause ou s’éloigner d’un jeu. Ces compétences se construisent dans la répétition. Elles ne remplacent pas votre accompagnement. Le rythme dépend de la maturité, de l’environnement et des expériences de chaque enfant.
Idées reçues et exemples concrets
Une colère ne signifie pas automatiquement que votre enfant est capricieux ou que vous avez raté son éducation. Elle peut traduire une émotion trop forte pour ses capacités du moment. Céder à chaque demande ne l’aide pas à comprendre la limite. Maintenir une règle avec calme lui donne un repère, tandis que l’écoute lui montre qu’il peut être accompagné dans ce qu’il ressent.
Au supermarché, vous pouvez dire : « Vous voulez les biscuits. Aujourd’hui, nous achetons ce qui est prévu. Vous pouvez tenir la liste ou marcher près de moi ». À la maison, au moment du bain : « Vous voulez continuer à jouer. Le bain commence maintenant. Vous pouvez choisir le bateau ou le gobelet ». Une phrase, un choix possible et une limite claire suffisent souvent.
Si votre enfant crie parce qu’un jeu s’arrête, restez près de lui et dites : « C’est difficile d’arrêter. Je vous aide à ranger ». Lorsqu’il se calme, proposez une suite concrète : regarder un livre, boire de l’eau ou préparer le repas avec vous. Ces propositions l’aident à passer d’une activité à une autre, sans chercher à le distraire systématiquement.
Quand consulter ?
- Parlez-en à votre médecin si les colères sont très fréquentes, très longues ou si elles perturbent durablement la vie familiale, la crèche ou l’école.
- Demandez conseil si votre enfant se blesse souvent, blesse régulièrement les autres ou si vous ne parvenez plus à assurer sa sécurité malgré vos ajustements.
En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.
Questions fréquentes
Dois-je ignorer une grosse colère ?
Vous pouvez limiter les paroles et ne pas répondre à chaque cri, tout en restant disponible et en assurant la sécurité. Votre enfant a besoin de savoir où vous êtes et quelle limite vous posez.
Puis-je prendre mon enfant dans les bras ?
Oui, si votre enfant le souhaite et si le contact l’apaise. Certains enfants préfèrent garder de l’espace. Proposez vos bras sans les imposer et restez proche autrement.
Que faire si mon enfant tape pendant sa colère ?
Retenez doucement le geste si nécessaire et dites : « Je ne vous laisse pas taper ». Éloignez les personnes et les objets à risque, puis reparlez de la situation quand votre enfant est calme.
Les colères vont-elles disparaître avec l’âge ?
Elles évoluent généralement avec le développement du langage et de la maîtrise de soi. Des épisodes peuvent encore apparaître lors de fatigue, de frustration ou de changement. Chaque enfant avance à son rythme.
Testez-vous
2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Une colère ne se raisonne pas tout de suite
Pendant une forte émotion, votre enfant entend moins bien les longues explications. Une présence calme et une phrase courte l’aident davantage sur le moment.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Dans le jeu, la carte « Une colère ne se raisonne pas tout de suite » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.
Récupérer la carteSources
- Santé publique France, Les émotions de l’enfant santepubliquefrance.fr
- Assurance Maladie, Le développement de l’enfant ameli.fr
- Ministère de la Santé, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
Mis à jour le .
À lire ensuite
- Éveil et développementComment accueillir une grosse colère sans céder ni crier ?Découvrez comment accompagner une grosse colère de 18 mois à 6 ans, poser une limite et aider votre enfant à retrouver son calme.6 min de lecture
- Éveil et développementMon enfant dit des gros mots : comment réagir sans en faire un jeu ?Votre enfant dit des gros mots ? Découvrez des réponses calmes, des repères selon l’âge et des idées pour l’aider à exprimer ses émotions.6 min de lecture
- Éveil et développementÀ quel âge bébé se met-il debout tout seul ?Découvrez quand bébé se met debout, les étapes habituelles, les écarts de rythme et les conseils pour l’accompagner en toute sécurité.6 min de lecture
- Éveil et développementComment aider mon enfant à mettre des mots sur sa colère ?Découvrez comment aider votre enfant de 2 à 6 ans à nommer sa colère, poser des limites et retrouver son calme avec des mots simples.6 min de lecture