Pourquoi choisir l’allaitement maternel ?
L’allaitement apporte au bébé une alimentation adaptée à ses besoins et des facteurs de protection contre plusieurs infections. Pour la mère, il accompagne les suites de couches et est associé à une diminution de certains risques de santé. Chaque famille peut toutefois choisir son mode d’alimentation selon sa situation, son souhait et son vécu.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
- Le lait maternel s’adapte aux besoins du bébé
- Une protection contre plusieurs infections
- Allergies, poids et développement : ce que l’on sait
- Des effets possibles pour la santé de la mère
- Allaiter sans pression de performance
- Les premiers repères pour bien démarrer
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Le lait maternel s’adapte aux besoins du bébé
Le colostrum, produit en petite quantité pendant les premiers jours, est particulièrement concentré en protéines, en vitamines et en facteurs de défense. Sa faible quantité correspond au petit volume de l’estomac d’un nouveau-né, qui mesure environ 5 à 7 millilitres le premier jour.
Au fil des semaines, la composition du lait évolue. Elle varie au cours de la tétée et d’un jour à l’autre, afin de répondre à la croissance du bébé. Le lait maternel contient notamment des anticorps, des cellules immunitaires et des oligosaccharides, des sucres qui aident les bonnes bactéries intestinales à se développer.
L’allaitement exclusif est recommandé autour des six premiers mois par l’Organisation mondiale de la santé et les recommandations françaises lorsque la mère et l’enfant le souhaitent. La diversification commence ensuite progressivement, sans supprimer automatiquement les tétées. Une poursuite de l’allaitement au-delà de six mois reste possible aussi longtemps que la mère et l’enfant en ont envie.
- Le colostrum est présent dès les premières heures après la naissance.
- Le lait maternel apporte de l’eau au bébé allaité exclusivement.
- La fréquence des tétées varie selon l’âge et les journées.
- Les pleurs ne mesurent pas la quantité de lait reçue.
Une protection contre plusieurs infections
Les anticorps du lait maternel agissent surtout sur les muqueuses de la bouche, de l’intestin et des voies respiratoires. Ils participent à la protection contre certaines infections, en particulier les gastro-entérites et plusieurs infections respiratoires. La protection est plus marquée pendant la période où l’allaitement est en cours.
Les études observent aussi moins d’hospitalisations pour certaines infections chez les bébés allaités, surtout lorsque l’allaitement est exclusif au début de la vie. Cette diminution concerne des groupes et des tendances statistiques. Elle ne garantit pas qu’un bébé allaité évitera toutes les maladies.
Le lait maternel ne remplace ni les vaccins ni les gestes d’hygiène. Le calendrier vaccinal, le lavage des mains et l’éloignement des personnes malades restent utiles pour protéger un nourrisson.
- L’allaitement ne protège pas contre toutes les infections.
- Un bébé allaité peut recevoir les vaccins prévus à son âge.
- Une personne malade doit se laver les mains avant de prendre le bébé.
- Le port du masque peut être conseillé dans certaines situations infectieuses.
Allergies, poids et développement : ce que l’on sait
L’allaitement pourrait être associé à une diminution de certaines allergies et de certains épisodes de dermatite atopique, surtout dans les familles ayant un terrain allergique. Les résultats des études restent variables selon les allergies étudiées et les méthodes de recherche. L’allaitement ne permet pas de garantir qu’un enfant n’aura pas d’allergie alimentaire, respiratoire ou cutanée.
Les enfants allaités présentent en moyenne un risque un peu plus faible de surpoids ou d’obésité au cours de l’enfance. Cette association ne permet pas d’attribuer un pourcentage précis à l’allaitement seul, car le poids dépend aussi de la génétique, du sommeil, de l’alimentation familiale, de l’activité physique et de l’environnement.
Le contact peau à peau, le portage et les tétées offrent des occasions de proximité. Ils peuvent soutenir le sentiment de sécurité du bébé et l’observation de ses signaux de faim et de satiété. Le lien d’attachement se construit toutefois de nombreuses façons, avec l’allaitement, le biberon, les bras, la voix, les soins et la présence quotidienne.
Des effets possibles pour la santé de la mère
La succion du bébé stimule la libération d’ocytocine. Cette hormone favorise les contractions de l’utérus après la naissance et peut contribuer à réduire les saignements des suites de couches. Des contractions légères, semblables à des douleurs de règles, peuvent survenir pendant les tétées des premiers jours.
L’allaitement augmente les besoins énergétiques de la mère, mais il ne constitue pas une méthode rapide pour perdre du poids. La baisse du poids après la grossesse varie selon la prise de poids, le métabolisme, le sommeil, l’alimentation, l’activité physique et la récupération. Une alimentation diversifiée et une reprise progressive de l’activité, lorsque l’état de santé le permet, suffisent généralement.
Sur l’ensemble de la vie, les femmes qui ont allaité présentent en moyenne un risque plus faible de cancer du sein et de cancer de l’ovaire. La réduction dépend notamment de la durée totale d’allaitement et du nombre de grossesses. Il s’agit d’un effet statistique de prévention, qui ne supprime pas le risque.
L’allaitement peut aussi réduire le risque de diabète de type 2 chez les femmes ayant eu un diabète gestationnel. Le suivi médical reste nécessaire, notamment avec un contrôle glycémique après la grossesse selon les recommandations reçues.
Allaiter sans pression de performance
La quantité de lait produite augmente généralement grâce à des tétées fréquentes et efficaces. Pendant les premières semaines, proposer le sein selon les signes d’éveil du bébé, souvent 8 à 12 fois en 24 heures, aide à installer la lactation. Certains bébés tètent davantage, d’autres font des pauses plus longues.
Une tétée efficace comporte une bouche largement ouverte, une prise d’une grande partie de l’aréole et une déglutition que vous pouvez parfois entendre. Après la montée de lait, des urines régulièrement présentes et une prise de poids suivie par un professionnel donnent des repères plus fiables que la durée d’une tétée.
Les douleurs persistantes, les crevasses, l’impression de manquer de lait ou un bébé qui s’endort systématiquement sans déglutir méritent un accompagnement précoce. Une sage-femme, une puéricultrice, une consultante en lactation formée ou un médecin peut observer une tétée et proposer des ajustements.
Un allaitement mixte ou l’utilisation de lait infantile peuvent faire partie du parcours de certaines familles. Le choix du mode d’alimentation ne définit ni la qualité du lien avec le bébé ni les compétences de la mère.
Les premiers repères pour bien démarrer
Le contact peau à peau dès que l’état de la mère et du bébé le permet favorise la première tétée et aide le nouveau-né à réguler sa température. À la maternité, demandez que le bébé reste contre vous aussi longtemps que possible, sous surveillance et dans des conditions de sécurité adaptées.
Pour limiter les douleurs, installez le bébé ventre contre vous, son nez face au mamelon, puis attendez une ouverture large de la bouche. Son menton doit toucher le sein et ses lèvres doivent être retroussées. Une douleur qui dure pendant toute la tétée signale souvent une prise du sein à corriger.
Le sommeil doit rester sécurisé : le bébé dort sur le dos, dans son propre espace de sommeil, sur un matelas ferme, sans oreiller, couette, tour de lit ni objet mou. Le partage du lit augmente le risque d’étouffement et de mort inattendue du nourrisson, particulièrement si un adulte fume, a consommé de l’alcool ou prend un médicament sédatif.
Quand consulter ?
- Appelez rapidement une sage-femme, la maternité, la PMI ou le médecin si votre bébé tète très peu, ne déglutit pas, mouille de moins en moins ses couches ou paraît difficile à réveiller.
- Consultez dans la journée si votre bébé a une température de 38 °C ou plus avant l’âge de 3 mois, même s’il semble aller bien. En cas de difficulté à respirer, de teint bleuté, de grande somnolence ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
- Demandez un avis dans les 24 à 48 heures pour une douleur importante, une crevasse qui saigne, un sein rouge et chaud avec fièvre, ou une zone douloureuse qui ne s’améliore pas.
- Après l’accouchement, appelez la maternité ou le 15 si les saignements deviennent très abondants, si vous avez un malaise ou une douleur intense.
Questions fréquentes
L’allaitement protège-t-il complètement contre les maladies ?
Non. Le lait maternel apporte des facteurs de défense qui diminuent le risque de certaines infections, surtout pendant l’allaitement, sans remplacer les vaccins ni les consultations médicales.
Faut-il allaiter exclusivement pendant six mois dans toutes les situations ?
Les recommandations françaises et internationales visent un allaitement exclusif autour de six mois lorsque cela convient à la mère et au bébé. Une diversification peut être commencée entre 4 et 6 mois selon la situation, avec l’avis du professionnel qui suit l’enfant.
L’allaitement évite-t-il les allergies ?
Il pourrait réduire certaines manifestations allergiques, mais les résultats varient selon les études. Il ne garantit pas l’absence d’allergie alimentaire, d’eczéma, d’asthme ou de rhinite.
Comment savoir si mon bébé boit assez ?
Après les premiers jours, des couches régulièrement mouillées, des déglutitions pendant les tétées et une prise de poids suivie donnent des repères. La sage-femme, la PMI ou le médecin peut vérifier le transfert de lait.
Puis-je continuer à allaiter si je suis malade ?
Dans de nombreuses infections courantes, l’allaitement peut continuer avec lavage des mains et mesures d’hygiène adaptées. Demandez un avis médical avant de prendre un médicament, car certains traitements nécessitent une précaution particulière.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Le premier lait
Le colostrum produit les premiers jours est peu abondant, très concentré et adapté au petit estomac du nouveau-né, qui contient seulement quelques millilitres à la naissance.
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Répondez à 3 questions sur cette fiche, dans le jeu ou plus haut dans « Testez-vous » : avec 2 bonnes réponses, la carte « Le premier lait » rejoint votre album de cartes savoir.
Répondre aux 3 questionsSources
- Santé publique France, Les 1000 premiers jours 1000-premiers-jours.fr
- Assurance Maladie, Grossesse et bébé ameli.fr
- Organisation mondiale de la santé, Alimentation du nourrisson et du jeune enfant who.int
- Haute Autorité de santé, recommandations professionnelles has-sante.fr
- Santé publique France, recommandations sanitaires et calendrier vaccinal santepubliquefrance.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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