Infertilité : causes, bilan et parcours de soins
Une grossesse peut prendre plusieurs mois à survenir, même lorsque les deux partenaires vont bien. En France, un bilan est généralement proposé après 12 mois de rapports réguliers sans contraception, ou après 6 mois lorsque la femme a 35 ans ou plus, ou lorsqu’un facteur de risque est connu. Les examens recherchent une cause chez l’un, chez l’autre ou chez les deux partenaires.
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Sommaire10 parties
Quand parle-t-on d’infertilité ?
L’infertilité désigne l’absence de grossesse après au moins 12 mois de rapports sexuels réguliers, environ deux à trois fois par semaine, sans contraception. Le mot stérilité est encore utilisé dans le langage courant, mais il laisse entendre qu’une grossesse est impossible, ce que les examens ne permettent pas toujours d’affirmer.
La probabilité de grossesse varie avec l’âge, la fréquence des rapports, la qualité des spermatozoïdes et la période du cycle. Un délai de quelques mois reste donc fréquent. À partir de 35 ans, un avis médical est conseillé après 6 mois d’essais, car la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes diminuent progressivement avec l’âge.
Une consultation peut être organisée plus tôt en cas de règles très irrégulières ou absentes, d’endométriose connue, d’antécédent d’infection génitale, de chirurgie du bassin, de traitement contre un cancer ou de problème testiculaire. Le bilan concerne les deux partenaires dès le début, car une cause masculine est retrouvée seule ou associée dans une proportion importante des situations.
- Rapports réguliers : environ deux à trois fois par semaine.
- Bilan après 12 mois d’essais avant 35 ans.
- Bilan après 6 mois d’essais à partir de 35 ans.
- Consultation plus précoce en présence d’un facteur de risque.
Les principales causes recherchées
Chez la femme, les médecins recherchent notamment un trouble de l’ovulation, une atteinte des trompes, une endométriose, une anomalie de l’utérus ou une diminution de la réserve ovarienne. Le syndrome des ovaires polykystiques peut perturber l’ovulation, tandis qu’une infection à Chlamydia trachomatis peut endommager les trompes sans avoir provoqué de symptômes visibles.
Chez l’homme, le spermogramme étudie le volume de l’éjaculat, le nombre de spermatozoïdes, leur mobilité et leur forme. Une production insuffisante, une mobilité réduite, une absence de spermatozoïdes ou un obstacle sur les voies génitales peuvent diminuer la probabilité de fécondation. Un résultat anormal est souvent contrôlé par un second examen, car la qualité du sperme varie d’un prélèvement à l’autre.
Dans environ 10 à 20 % des parcours, aucune cause précise n’est retrouvée malgré les examens habituels. Cette situation est appelée infertilité inexpliquée. Elle ne signifie pas que la grossesse est impossible et l’équipe propose un accompagnement adapté à l’âge, à la durée des essais et aux résultats obtenus.
Le tabac, le cannabis, une consommation importante d’alcool, certains produits toxiques et des variations importantes du poids peuvent réduire la fertilité. La chaleur répétée peut perturber la production des spermatozoïdes, surtout lorsqu’elle s’ajoute à d’autres facteurs. Le stress peut compliquer le désir, la sexualité ou le suivi des traitements, mais il ne doit pas être présenté comme la cause unique d’une infertilité.
Comment se déroule le bilan ?
Le premier rendez-vous reprend les antécédents, la durée des essais, la fréquence des rapports, les cycles, les traitements en cours et les antécédents d’infection ou de chirurgie. Le médecin, la sage-femme ou le gynécologue peut demander que les deux partenaires soient présents afin d’éviter de faire porter les examens sur une seule personne.
Chez la femme, le bilan peut comprendre une échographie pelvienne, des prises de sang selon le moment du cycle et un examen de la perméabilité des trompes. L’hystérosalpingographie utilise un produit visible aux rayons X, tandis que l’hystérosalpingosonographie s’appuie sur l’échographie. La réserve ovarienne peut être évaluée par plusieurs éléments, dont le compte des follicules à l’échographie et certains dosages, mais aucun résultat isolé ne prédit à lui seul une grossesse.
Chez l’homme, le spermogramme est réalisé dans un laboratoire spécialisé, après les conditions de préparation indiquées par le laboratoire. Selon le résultat, un spermocytogramme, une culture ou un avis urologique peuvent être proposés. Les examens génétiques ne sont indiqués que dans certaines situations, par exemple en cas d’absence importante de spermatozoïdes.
Le bilan cherche une information utile pour choisir la suite. Il ne s’agit pas d’un concours d’examens et tous les couples n’ont pas besoin des mêmes analyses.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement dépend de la cause et du projet du couple. Une infection sexuellement transmissible est traitée avec l’antibiotique adapté, et les partenaires concernés peuvent devoir être pris en charge en même temps. Une anomalie de l’utérus, une endométriose ou certaines atteintes des trompes peuvent relever d’une intervention, mais la chirurgie n’est pas automatiquement la première étape.
Lorsque l’ovulation est irrégulière, une stimulation peut être proposée avec une surveillance par échographie et parfois par prise de sang. Cette surveillance limite le risque de grossesse multiple et permet d’adapter le traitement. Une stimulation sans insémination peut suffire dans certaines situations, tandis qu’une insémination intra-utérine peut être envisagée dans d’autres.
L’insémination consiste à déposer des spermatozoïdes préparés dans l’utérus autour de l’ovulation. Elle peut être réalisée avec les spermatozoïdes du partenaire ou avec un don, lorsque les conditions médicales et légales sont réunies. Le nombre de tentatives dépend de l’âge, de la cause et des pratiques de l’équipe.
La fécondation in vitro consiste à mettre en contact les ovocytes et les spermatozoïdes au laboratoire, puis à transférer un embryon dans l’utérus. Une injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde dans l’ovocyte, appelée ICSI, peut être proposée lorsque la qualité ou le nombre de spermatozoïdes le justifie. Le transfert d’un seul embryon est souvent privilégié pour réduire les grossesses multiples, selon l’âge, les antécédents et la qualité embryonnaire.
Dons de spermatozoïdes et d’ovocytes
Un don de spermatozoïdes peut être envisagé lorsqu’il n’existe pas de spermatozoïdes utilisables, lorsqu’une maladie génétique doit être évitée ou dans certaines situations de projet parental. En France, le don est organisé par des centres autorisés, notamment les CECOS, avec un accompagnement médical et psychologique.
Le don d’ovocytes concerne les femmes qui n’ont pas d’ovocytes utilisables ou dont les ovocytes présentent un risque médical particulier. La donneuse suit une stimulation ovarienne et une ponction, puis les ovocytes sont fécondés au laboratoire avant le transfert d’un embryon chez la receveuse. Les délais dépendent du nombre de donneuses et des besoins des centres.
Depuis l’évolution de la loi française sur la bioéthique, les personnes nées d’un don peuvent, à leur majorité, demander l’accès à certaines informations relatives au donneur, selon les règles applicables au don réalisé. L’équipe explique ces dispositions avant le parcours.
L’assistance médicale à la procréation est ouverte en France aux couples composés d’un homme et d’une femme, aux couples de femmes et aux femmes non mariées. Les conditions médicales, les limites d’âge et les démarches sont vérifiées par l’équipe au cas par cas.
Ce que vous pouvez faire pendant les essais
Un rendez-vous préconceptionnel permet de vérifier les vaccinations, les traitements, les maladies chroniques et les habitudes de vie. L’acide folique est recommandé avant la conception, avec la dose prescrite ou conseillée par un professionnel de santé selon votre situation.
Arrêter le tabac améliore la santé reproductive et diminue les risques pendant la grossesse. Pour l’alcool, l’absence de consommation est la règle dès le projet de grossesse, car la période de conception peut précéder la découverte de la grossesse. Une alimentation variée, une activité physique régulière et un sommeil suffisant soutiennent la santé générale sans garantir à eux seuls une grossesse.
Les rapports peuvent avoir lieu tous les deux ou trois jours pendant le cycle. Des rapports plus rapprochés ne sont pas nécessaires pour augmenter les chances. Les tests d’ovulation peuvent aider certaines personnes, mais ils ne remplacent pas un avis médical en cas de cycles irréguliers.
Un parcours d’infertilité peut susciter tristesse, colère, fatigue ou tensions dans le couple. Un soutien psychologique, une association de patients ou un professionnel formé à la fertilité peuvent aider, sans que cette démarche ne signifie que le problème serait seulement émotionnel.
Quand consulter ?
- Prenez rendez-vous avec un médecin, une sage-femme ou un gynécologue après 12 mois d’essais avant 35 ans, ou après 6 mois à partir de 35 ans.
- Consultez plus tôt si vos règles sont absentes, très espacées ou très irrégulières, si vous avez une endométriose connue, une infection pelvienne ancienne, une chirurgie du bassin ou un traitement contre un cancer.
- Demandez un avis médical rapidement en cas de douleur pelvienne persistante, de fièvre, de pertes vaginales inhabituelles ou de douleur testiculaire.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de douleur pelvienne brutale avec malaise, saignement abondant, difficulté à respirer ou perte de connaissance.
Questions fréquentes
Après combien de temps faut-il consulter ?
Consultez après 12 mois de rapports réguliers sans contraception si vous avez moins de 35 ans. Prenez rendez-vous après 6 mois à partir de 35 ans, ou plus tôt en cas de cycles absents, d’endométriose, d’infection pelvienne, de chirurgie ou de traitement pouvant affecter la fertilité.
L’infertilité vient-elle forcément de la femme ?
Non. Une cause peut être identifiée chez l’homme, chez la femme, chez les deux partenaires, ou rester inexpliquée. Le spermogramme fait donc partie du bilan initial, au même titre que l’évaluation de l’ovulation et de l’utérus.
Le stress empêche-t-il de tomber enceinte ?
Le stress peut réduire le désir, perturber la sexualité et rendre les rendez-vous plus difficiles à vivre. Il n’explique pas à lui seul une infertilité et vous ne devez pas vous sentir responsable d’un délai de conception.
Une FIV est-elle toujours nécessaire ?
Non. Selon la cause, une simple surveillance, un traitement de l’ovulation, une chirurgie ciblée ou une insémination peuvent être proposés. La FIV est choisie lorsque les autres options sont insuffisantes ou lorsqu’elle offre de meilleures chances dans votre situation.
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Sources
- Assurance Maladie, Infertilité et difficultés à concevoir ameli.fr
- Agence de la biomédecine, Assistance médicale à la procréation agence-biomedecine.fr
- Haute Autorité de santé, recommandations et parcours de soins has-sante.fr
- Service-Public.fr, assistance médicale à la procréation service-public.fr
- Santé publique France, grossesse et 1 000 premiers jours santepubliquefrance.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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