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Bébé Vallée
Éveil et développement

Comment aider mon enfant à franchir un petit trottoir tout seul ?

Proposez à votre enfant une bordure très basse, loin de la circulation, et laissez-le essayer à son rythme en restant juste à côté pour le soutenir si nécessaire. Réduisez votre aide au fil de ses essais, sans attendre qu’il monte et descende seul au même moment.

Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Entre 15 et 36 mois, des progrès très variables
  2. Choisissez une petite bordure, loin de la circulation
  3. Laissez-le préparer son mouvement et ajustez votre aide
  4. Les idées reçues qui peuvent compliquer l’apprentissage
  5. Des exemples pour adapter vos petits essais
  6. Quand consulter ?
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources

Entre 15 et 36 mois, des progrès très variables

Franchir une bordure demande de déplacer son poids sur une jambe pendant que l’autre pied cherche un appui. Votre enfant doit aussi apprécier la hauteur et retrouver son équilibre après le mouvement. Entre 15 et 36 mois, ces capacités se construisent progressivement, avec des différences sensibles d’un enfant à l’autre. L’âge donne un contexte ; observez surtout sa façon de marcher et de réagir devant un petit changement de niveau.

Vers le début de cette période, un enfant qui découvre encore la marche peut avoir besoin de toute son attention pour avancer sur un sol plat. Il peut s’arrêter devant une bordure, chercher votre main ou préférer la contourner. Ces réactions renseignent sur ce qui lui paraît accessible aujourd’hui. S’il marche depuis peu, privilégiez les déplacements simples et laissez les petits obstacles venir au fil de ses explorations.

À mesure que sa marche devient plus assurée, votre enfant peut tenter de poser un pied sur une bordure puis de ramener l’autre. Plus tard, il pourra parfois le faire sans tenir votre main. Descendre peut rester moins facile, car il faut contrôler le mouvement vers le bas. Même à l’approche de 3 ans, une bordure inconnue ou la fatigue peuvent lui donner envie de retrouver votre soutien.

Choisissez une petite bordure, loin de la circulation

Pour les premiers essais, choisissez un endroit séparé de la circulation, avec une bordure très basse, large et stable. Le sol doit être sec, régulier et dégagé des deux côtés. Une petite différence de niveau dans une cour fermée peut convenir. Vérifiez qu’aucune chute ne pourrait entraîner votre enfant vers une route, un escalier ou un autre danger. Restez assez près pour intervenir dès qu’il perd l’équilibre.

Placez-vous à côté de lui, disponible, sans lui barrer le passage. Vous pouvez lui proposer votre main et le laisser choisir de la prendre. Évitez de tirer sur son bras pour le hisser ou de le soulever par les mains. S’il a besoin d’un soutien plus important, accompagnez son tronc pour stabiliser le mouvement. Si vous devez porter presque tout son poids, choisissez une hauteur plus faible ou revenez au sol plat.

Près d’une chaussée, la sécurité reste entièrement sous votre responsabilité, même si votre enfant sait franchir une bordure dans un espace protégé. Gardez sa main et gérez vous-même l’arrêt ainsi que la traversée. Savoir monter un petit trottoir ne signifie pas savoir évaluer la circulation. Distinguez donc les essais de motricité, réalisés au calme, des déplacements dans la rue, où votre accompagnement reste nécessaire à cet âge.

Laissez-le préparer son mouvement et ajustez votre aide

Commencez par lui laisser le temps de regarder la bordure et de s’en approcher. Une consigne courte suffit : « Tu peux poser ton pied ici. » Attendez ensuite sa réaction. Il peut tâter le bord avec sa chaussure, avancer puis reculer, ou vous regarder avant d’essayer. Ces pauses font partie de l’exploration. Évitez d’enchaîner les indications pendant qu’il cherche comment placer son corps et ses pieds.

Ensuite, proposez votre main s’il la cherche. Laissez-le engager lui-même le mouvement et poser son pied sur le dessus de la bordure. Accompagnez son équilibre sans accélérer la montée. Une fois le premier pied bien appuyé, attendez qu’il ramène le second. Lors d’un autre essai, vous pourrez alléger votre soutien s’il semble stable. Gardez toutefois votre main disponible : il n’a aucune obligation de s’en passer pour progresser.

Au quotidien, la marche sur un sol régulier et les jeux où votre enfant s’accroupit puis se redresse lui donnent aussi des occasions d’exercer son équilibre. Vous pouvez l’inviter à ramasser un gros ballon adapté à son âge, puis à se relever avec lui. Quelques essais spontanés sur une bordure suffisent lorsqu’une occasion se présente. Arrêtez si votre enfant se détourne, se crispe ou semble fatigué, sans chercher à obtenir une dernière réussite.

Les idées reçues qui peuvent compliquer l’apprentissage

« S’il monte, il doit savoir descendre. » Les deux mouvements demandent des ajustements différents. Pour descendre, votre enfant doit accepter de déplacer son corps vers un appui situé plus bas et contrôler ce déplacement. Il peut donc monter avec aisance et demander votre main au retour. Accueillez simplement cette demande en proposant une descente moins haute ou en l’aidant davantage, sans utiliser sa réussite à la montée comme une preuve qu’il devrait y arriver.

« Il faut enlever la main pour qu’il ose. » Retirer brusquement votre soutien peut le déséquilibrer et le surprendre. Prévenez-le lorsque vous envisagez d’alléger votre aide, puis observez sa réponse. Vous pouvez dire : « Je reste à côté, tu peux essayer si tu veux. » S’il serre votre main, gardez-la. L’autonomie peut se construire avec un soutien encore présent, qui devient progressivement moins nécessaire au fil des expériences.

« Les autres enfants y arrivent déjà, il devrait suivre. » Une comparaison ne tient compte ni de l’expérience de marche ni de la hauteur rencontrée. Le sol, les chaussures et l’envie du moment peuvent aussi modifier sa façon de faire. Regardez plutôt ce qui change pour lui : il s’approche plus volontiers ou trouve son appui avec moins d’aide. Décrivez ces progrès sans lui demander de reproduire la performance d’un autre enfant.

Des exemples pour adapter vos petits essais

Votre enfant arrive devant la bordure et s’arrête sans essayer. Mettez-vous près de lui et dites : « Tu regardes la marche. Je suis là. » Vous pouvez montrer le mouvement avec votre propre pied, puis attendre. S’il tend la main, offrez-la sans tirer. S’il préfère contourner l’obstacle, accompagnez ce choix. Vous pourrez retrouver cette même bordure un autre jour, lorsqu’il sera reposé et disponible pour explorer à nouveau.

Votre enfant monte avec votre main, puis reste immobile au moment de redescendre. Rapprochez-vous pour pouvoir le soutenir et proposez : « Tu veux ma main pour descendre ? » Laissez-le observer l’endroit où son pied va se poser. Si la descente semble trop difficile, aidez-le à revenir au sol en le portant si nécessaire. Lors d’une prochaine occasion, choisissez une différence de niveau plus faible pour rendre l’expérience plus accessible.

Votre enfant réussit une fois et souhaite recommencer. Laissez-le retrouver son point de départ dans le même espace protégé. Gardez la même hauteur plutôt que de proposer aussitôt un obstacle plus grand. Vous pouvez commenter précisément : « Tu as posé ton pied, puis tu es monté. » Une réussite n’oblige pas à augmenter la difficulté. S’il réclame votre main au passage suivant, donnez-la : son besoin d’aide peut varier d’un essai à l’autre.

Quand consulter ?

  • Si votre enfant perd une capacité qu’il utilisait auparavant, par exemple marcher ou prendre appui, demandez conseil à son médecin.
  • S’il semble avoir mal en prenant appui ou évite régulièrement d’utiliser une jambe, parlez-en au professionnel qui le suit.

En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.

Questions fréquentes

À quel âge un enfant doit-il franchir seul un petit trottoir ?

Il n’existe pas d’âge unique pour cette situation. Entre 15 et 36 mois, l’expérience de marche, la hauteur de la bordure et l’équilibre influencent beaucoup les essais. Observez ses progrès dans l’ensemble de ses déplacements, sans fixer de date limite pour cet obstacle.

Faut-il lui tenir les deux mains ?

Proposez un soutien adapté à son équilibre, sans le tirer ni le suspendre par les bras. S’il ne peut franchir la bordure qu’en étant soulevé par les mains, choisissez un obstacle plus bas. Restez près de lui et soutenez son tronc si nécessaire.

Que faire s’il refuse d’essayer ?

Laissez-le observer, contourner la bordure ou poursuivre sa promenade. Vous pouvez montrer le mouvement sans lui demander de vous imiter. Une autre occasion, dans un lieu calme et lorsqu’il est reposé, sera peut-être plus favorable.

Peut-il lâcher ma main dans la rue s’il sait déjà monter ?

Au bord de la chaussée, gardez sa main. La capacité à franchir une bordure ne lui permet pas d’évaluer les véhicules ou de décider quand traverser. Les essais sans tenir votre main se font dans un espace protégé, avec vous juste à côté.

Testez-vous

2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Votre enfant monte avec votre aide, puis hésite à descendre. Que pouvez-vous faire ?
  2. 2.Où proposer les premiers essais sans tenir votre main ?
Carte savoir
Éveil et développement

Monter et descendre sont deux apprentissages

Un enfant peut monter une petite bordure et avoir encore besoin d’aide pour redescendre. La descente demande d’autres ajustements d’équilibre et un contrôle du mouvement vers le bas.

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Dans le jeu, la carte « Monter et descendre sont deux apprentissages » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.

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Sources

  1. Assurance Maladie, repères sur le développement psychomoteur de l’enfant ameli.fr
  2. Santé publique France, 1000 premiers jours : développement de l’enfant et activités du quotidien 1000-premiers-jours.fr

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