Mon enfant demande l’autre parent quand il est avec moi : que lui répondre ?
Vous pouvez lui répondre : « Vous aimeriez être avec maman ou papa, je comprends ; aujourd’hui, vous êtes avec moi et je m’occupe de vous », en adaptant les mots à votre façon de lui parler. Demander l’autre parent est fréquent entre 18 mois et 5 ans et ne signifie pas, à lui seul, que votre enfant vous aime moins.
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Sommaire9 parties
De 18 mois à 5 ans, une demande qui évolue
Vers 18 à 24 mois, votre enfant peut réclamer le parent absent dès qu’une situation lui semble difficile ou inhabituelle. Il dispose encore de peu de mots pour exprimer son manque et comprend progressivement les moments de séparation. Un prénom répété peut vouloir dire « cette personne me manque » ou « j’aimerais retrouver mon habitude ». Votre présence attentive l’aide à traverser ce moment, même si les pleurs ne cessent pas tout de suite.
Entre 2 et 3 ans, les préférences peuvent devenir très affirmées. Votre enfant souhaite parfois qu’un parent précis l’habille ou lise son histoire. Cette demande peut être liée à une habitude, à la fatigue ou à l’envie de choisir. Elle peut aussi changer selon les moments de la journée. Ces repères restent souples : chaque enfant a son rythme, et la facilité à vivre une séparation varie avec le contexte.
Entre 3 et 5 ans, beaucoup d’enfants peuvent mieux expliquer ce qui leur manque. Ils peuvent aussi imaginer que l’autre parent accepterait une demande refusée. Cela ne permet pas de conclure qu’ils cherchent volontairement à vous blesser. Le langage progresse, tandis que la capacité à attendre et à supporter une déception se construit encore. Une reprise de travail ou un changement familial peut rendre cette demande plus fréquente pendant quelque temps.
Accueillir sa demande avec une réponse courte
Commencez par nommer ce que vous entendez, sans chercher immédiatement à faire disparaître la demande. Avec un petit, vous pouvez dire : « Tu veux papa. Il te manque. Je suis là avec toi. » Avec un enfant plus grand : « Tu aurais aimé que maman soit là pour le bain. Je comprends. Aujourd’hui, c’est moi qui m’en occupe. » Votre enfant peut se sentir entendu tout en découvrant que la situation reste la même.
Ensuite, donnez une information concrète sur les retrouvailles, seulement si vous la connaissez. « Papa revient après le goûter » est souvent plus parlant qu’une heure précise. Si le retour est prévu un autre jour, appuyez-vous sur une étape familière, sans multiplier les explications. Lorsque vous ne savez pas, dites-le simplement : « Je ne sais pas encore quand tu le verras. Je te le dirai quand ce sera prévu. »
Proposez votre présence sans imposer un câlin. Vous pouvez vous asseoir près de lui et demander : « Tu veux venir contre moi ou que je reste à côté ? » S’il répète le nom du parent absent, reprenez calmement la même réponse. Vous n’avez pas besoin de trouver une nouvelle explication à chaque fois. S’il refuse le contact, restez disponible et gardez les limites nécessaires, notamment s’il frappe ou lance des objets.
Créer des repères dans les moments sensibles
Observez les moments où la demande revient : au retour de la crèche, pendant l’habillage ou lorsque votre enfant commence à fatiguer. Vous pourrez alors préparer une transition plus douce. Après une journée passée ailleurs, accordez-lui un petit temps de retrouvailles avant d’enchaîner les demandes. S’asseoir ensemble avec un livre peut suffire. L’objectif est de rendre votre présence prévisible, sans chercher à obtenir immédiatement de l’enthousiasme ou une marque d’affection.
Quand c’est possible, annoncez simplement qui sera présent et ce qui va se passer. « Aujourd’hui, je viens te chercher. Nous rentrerons ensemble à la maison. » Au moment de partir, le parent qui s’en va peut dire au revoir clairement, avec un rituel bref et familier. Évitez de lui demander de disparaître en cachette pour empêcher les protestations. Votre enfant peut être triste au départ tout en étant accompagné avec douceur par l’adulte qui reste.
Construisez aussi vos propres habitudes avec lui, sans essayer de reproduire exactement celles de l’autre parent. Une chanson pendant l’habillage ou un livre choisi ensemble peut devenir un repère partagé. Si vous vivez séparément, quelques informations pratiques échangées entre adultes peuvent faciliter les transitions : une mauvaise nuit, une inquiétude exprimée, un changement d’horaire. Votre enfant n’a ainsi pas à transmettre les messages ni à expliquer lui-même les décisions qui le concernent.
Ce que cette préférence ne permet pas de conclure
Une demande insistante ne mesure pas la force du lien avec chaque parent. Votre enfant peut réclamer celui qu’il voit moins, celui qui assure habituellement ce moment ou simplement celui qui est absent. Évitez de lui demander de vous départager avec des questions comme « Qui préfères-tu ? ». Vous pouvez reconnaître sa préférence du moment sans en faire une étiquette durable : « Pour cette histoire, tu avais envie de retrouver papa. »
Accueillir son émotion ne vous oblige pas à faire venir l’autre parent. Si vous avez prévu d’assurer le repas ou le coucher, vous pouvez maintenir cette organisation avec calme. Faire systématiquement revenir le parent réclamé peut rendre plus difficile l’installation d’autres habitudes. Il reste possible de s’adapter ponctuellement, selon la fatigue de chacun. Cherchez une organisation tenable pour votre famille, plutôt qu’une règle rigide qui devrait s’appliquer dans toutes les circonstances.
Vous pouvez vous sentir blessé, agacé ou découragé lorsque votre enfant vous repousse. Ces réactions méritent d’être entendues entre adultes, dans un moment où votre enfant n’a pas à vous consoler. Évitez les phrases comme « Tu me rends triste quand tu demandes maman » ou « Après tout ce que je fais pour toi ». Si vous avez répondu sèchement, vous pouvez revenir vers lui : « J’étais contrarié. Tu as le droit de penser à papa. »
Des réponses concrètes selon la situation
Au coucher, votre enfant réclame le parent qui raconte habituellement l’histoire. Vous pouvez répondre : « Tu voulais l’histoire avec maman. Ce soir, je suis avec toi. Tu choisis ce livre ou celui-ci ? » Le choix porte sur un détail que vous pouvez réellement lui laisser décider. S’il pleure, gardez le déroulement familier et restez attentif à son besoin de proximité. Il peut avoir du chagrin tout en acceptant progressivement votre accompagnement.
Après une limite, votre enfant dit : « Je veux papa, lui il dit oui ! » Répondez à la demande sans entrer dans une comparaison : « Tu voudrais lui demander. Pour aujourd’hui, la réponse reste non. Tu es déçu, je comprends. » Si vous n’êtes pas d’accord entre adultes, gardez cette discussion pour un autre moment. Votre enfant peut exprimer sa colère ; vous pouvez l’aider à la traverser sans rouvrir une décision que vous maintenez.
Lors d’un changement de domicile, votre enfant réclame le parent qu’il vient de quitter. Vous pouvez dire : « Tu penses à maman. Tu la retrouveras après les jours prévus ensemble. Aujourd’hui, tu es ici avec moi. » Utilisez un repère plus précis si votre organisation le permet. Proposez ensuite une activité familière, sans exiger qu’il se réjouisse. Un appel audio peut être envisagé si les adultes sont d’accord et si cela l’apaise réellement.
Quand consulter ?
- Si les séparations restent très difficiles dans la durée et perturbent nettement le sommeil, les repas ou l’accueil en crèche ou à l’école, parlez-en au médecin de votre enfant ou à la PMI.
- Si votre enfant exprime une peur précise d’un adulte ou d’un lieu, écoutez-le sans suggérer de réponse et demandez conseil à un professionnel de santé.
En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.
Questions fréquentes
Dois-je appeler l’autre parent chaque fois que mon enfant le réclame ?
Non, ce n’est pas nécessaire à chaque demande. Vous pouvez reconnaître son manque et rester auprès de lui. Si vous prévoyez un appel audio, observez comment il le vit : certains enfants sont apaisés, d’autres trouvent la fin de l’appel difficile. Adaptez cette possibilité à votre organisation.
Que répondre quand il me dit « Je ne t’aime plus » ?
Vous pouvez dire : « Tu es très fâché contre moi. Moi, je t’aime toujours. » Évitez de lui demander de retirer ses mots ou de vous rassurer immédiatement. Une fois le calme revenu, vous pourrez l’aider à exprimer plus précisément sa déception.
Faut-il que les deux parents fassent exactement la même chose ?
Non. Des habitudes différentes peuvent trouver leur place. Des repères compréhensibles et des échanges respectueux entre adultes aident votre enfant à s’y retrouver. Vous pouvez garder chacun votre façon de raconter une histoire ou de partager un moment avec lui.
Testez-vous
2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Une préférence peut changer
Le parent réclamé peut varier selon la fatigue, le moment ou les habitudes de votre enfant. Cette préférence ponctuelle ne suffit pas à décrire la qualité de son lien avec chacun de vous.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Dans le jeu, la carte « Une préférence peut changer » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.
Récupérer la carteSources
- 1000 premiers jours, Santé publique France : ressources sur les émotions et les relations avec bébé 1000-premiers-jours.fr
- ameli, Assurance Maladie : ressources sur le développement de l’enfant ameli.fr
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