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Bébé Vallée
Éveil et développement

Pourquoi mon enfant comprend-il bien mais parle-t-il peu ?

Oui, un enfant peut comprendre de nombreuses choses et utiliser encore peu de mots entre 18 et 36 mois. Le langage évolue à son propre rythme, tout en méritant une attention particulière si les progrès restent très limités ou si une compétence disparaît.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une mère lit un livre illustré avec son jeune enfant, qui le regarde et montre quelque chose du doigt dans le salon
Sommaire10 parties
  1. Comprendre et parler n’avancent pas au même rythme
  2. Quels repères entre 18 et 36 mois ?
  3. Comment favoriser le langage au quotidien ?
  4. Quelques idées reçues à laisser de côté
  5. Quand demander un avis ?
  6. Des exemples concrets pour l’accompagner
  7. Quand consulter ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Comprendre et parler n’avancent pas au même rythme

Comprendre une consigne, reconnaître une personne ou suivre une petite histoire demande des compétences différentes de celles qui permettent de parler. Votre enfant peut donc saisir beaucoup de mots et d’intentions avant de réussir à les prononcer. Il observe, mémorise et communique aussi avec son regard, ses gestes, ses expressions ou des sons. Ces échanges montrent déjà une envie de communiquer, même si les mots sont encore rares.

Les enfants n’empruntent pas tous le même chemin. Certains utilisent rapidement plusieurs mots, tandis que d’autres prennent davantage de temps avant de se lancer. Une naissance prématurée, des otites répétées, plusieurs langues entendues à la maison ou un tempérament réservé peuvent aussi influencer le rythme, sans expliquer à eux seuls chaque situation. L’évolution au fil des semaines apporte souvent davantage d’informations qu’une comparaison avec un autre enfant.

Le langage oral se construit dans les échanges quotidiens. Votre enfant apprend en vous regardant parler, en entendant les mots dans leur contexte et en essayant de prendre son tour. Les premiers mots peuvent être approximatifs. Un son répété pour demander de l’eau ou désigner un animal peut déjà avoir une vraie valeur de mot si votre enfant l’utilise de façon régulière et compréhensible pour son entourage.

Quels repères entre 18 et 36 mois ?

Vers 18 mois, certains enfants utilisent quelques mots isolés et comprennent des demandes simples liées à la vie courante. D’autres communiquent surtout par gestes et sons, avec des mots qui apparaissent progressivement. À l’approche de 2 ans, de nombreux enfants commencent à associer deux mots, comme « encore gâteau » ou « papa parti ». Ces repères décrivent des tendances. Ils ne constituent pas un calendrier à suivre au jour près.

Entre 2 et 3 ans, le vocabulaire s’enrichit souvent par périodes. Les associations de mots deviennent plus fréquentes, puis les petites phrases apparaissent. La prononciation reste souvent difficile à comprendre, surtout pour une personne qui connaît peu l’enfant. Votre enfant peut aussi parler davantage à la maison qu’en consultation ou devant des personnes moins familières. Le contexte et la relation influencent beaucoup les prises de parole.

Observez surtout la progression. Votre enfant ajoute-t-il peu à peu des sons, des mots ou des gestes ? Cherche-t-il à attirer votre attention pour partager une découverte ? Imite-t-il des sons ou des mots ? Comprend-il des demandes simples sans geste pour l’aider ? Ces observations donnent des repères utiles. Notez quelques exemples dans un carnet si vous souhaitez en parler avec un professionnel.

Comment favoriser le langage au quotidien ?

Commencez par parler de ce que votre enfant regarde ou fait. « Vous mettez vos chaussures », « la voiture roule », « vous voulez encore de l’eau ». Utilisez des phrases courtes et naturelles. Laissez ensuite un temps de silence pour lui permettre de répondre à sa manière. Un regard, un geste ou un son peut être accueilli comme une participation, puis vous pouvez reformuler avec le mot attendu.

Les livres et les comptines offrent des occasions simples de répéter les mêmes mots. Choisissez une histoire courte et regardez les images ensemble. Posez une question, puis acceptez une réponse par geste ou par son. Vous pouvez commenter l’image sans multiplier les questions. Les jeux de coucou, les figurines et les activités de cuisine permettent aussi de reprendre des mots utiles, toujours avec un adulte à proximité lorsque de l’eau ou des ustensiles sont utilisés.

Répondez aux tentatives sans exiger une prononciation parfaite. Si votre enfant dit « tato » pour « gâteau », vous pouvez répondre « oui, un gâteau ». Évitez de lui faire répéter plusieurs fois ou de corriger chaque son. Limitez les bruits de fond pendant les échanges. Les écrans ne sont pas utiles pour apprendre à parler avant 3 ans. Le visage, la voix et le tour de rôle restent les meilleurs supports.

Quelques idées reçues à laisser de côté

« Il comprend, donc tout va forcément se débloquer seul » : la compréhension est un signe encourageant, sans suffire à décrire l’ensemble du développement du langage. Un enfant peut avoir une bonne compréhension et rencontrer une difficulté dans l’expression ou dans les sons. Si les progrès sont très lents, un échange avec le médecin qui suit votre enfant aide à choisir la suite adaptée.

« Les garçons parlent toujours plus tard » : les différences individuelles existent chez tous les enfants. Le sexe ne permet pas de prévoir le rythme d’un enfant. Il vaut mieux regarder ses acquisitions, ses échanges et leur évolution. Les comparaisons entre frères, sœurs ou camarades peuvent inquiéter inutilement, car les expériences et les tempéraments diffèrent.

« Parler à la place de l’enfant l’aide à apprendre » : deviner systématiquement ses demandes peut réduire les occasions de prendre la parole. Vous pouvez lui laisser un petit temps pour montrer, tenter un son ou utiliser un mot. S’il ne répond pas, donnez-lui simplement ce dont il a besoin et mettez le mot sur la situation. L’objectif est de soutenir l’échange, sans transformer chaque moment en exercice.

Quand demander un avis ?

Prenez rendez-vous avec le médecin qui suit votre enfant si vous êtes préoccupé par le nombre de mots, l’absence de progrès ou la compréhension. Apportez des exemples concrets : les mots utilisés, les gestes, les consignes comprises et les situations où votre enfant parle le plus. Le médecin pourra vérifier l’audition, le développement général et proposer, si besoin, un avis spécialisé.

Un avis est aussi utile si votre enfant ne réagit pas régulièrement à son prénom ou aux voix, semble avoir du mal à entendre, ne cherche pas à partager ce qu’il voit ou perd des mots et des gestes qu’il utilisait. Ces signes ne permettent pas de conclure seuls. Ils indiquent simplement qu’une évaluation mérite d’être organisée, avec calme et sans attendre que la situation devienne plus difficile.

Vous pouvez préparer la consultation en notant les langues parlées à la maison, les antécédents d’otites et les changements récents. Une courte vidéo prise dans la vie quotidienne peut parfois montrer les échanges habituels, si vous êtes à l’aise avec cette idée. Continuez entre-temps à parler, jouer et lire avec votre enfant. Un accompagnement précoce peut proposer des pistes adaptées à ses besoins et à votre famille.

Des exemples concrets pour l’accompagner

Au moment du repas, nommez les aliments et les actions : « Vous versez l’eau », « la cuillère tombe », « vous voulez du pain ». Présentez deux choix simples, comme « pomme ou banane ? », puis attendez sa réponse. Un regard ou un pointage peut suffire. Vous pouvez ensuite donner le mot correspondant, sans demander une répétition immédiate. Gardez les petits objets hors de portée avant 3 ans et restez près de votre enfant pendant le repas.

Pendant l’habillage, décrivez une étape à la fois : « On met le pantalon », « vous cherchez votre chaussette ». Faites une pause avant de l’aider à enfiler un vêtement. Votre enfant peut tirer sur la manche, vous regarder ou produire un son. Mettez des mots sur cette demande. Ce type de rituel revient chaque jour et permet d’entendre souvent les mêmes expressions, dans une situation facile à comprendre.

En promenade, suivez son intérêt. S’il regarde un chien, vous pouvez dire « oui, un chien, il court ». Ajoutez un seul mot ou une courte phrase, puis observez sa réaction. S’il détourne le regard, l’échange peut s’arrêter naturellement. Les moments de langage n’ont pas besoin d’être longs. Leur régularité, le plaisir partagé et la disponibilité de l’adulte comptent davantage qu’une activité spéciale.

Quand consulter ?

  • Demandez un avis au médecin qui suit votre enfant si les mots et les gestes progressent très peu, ou si votre enfant ne cherche pas à communiquer avec son entourage.
  • Consultez sans attendre davantage si votre enfant perd des mots, des gestes ou des compétences qu’il utilisait auparavant, ou si vous suspectez une difficulté à entendre.

En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.

Questions fréquentes

Mon enfant comprend tout, doit-il déjà parler en phrases à 2 ans ?

Les repères varient beaucoup. De nombreux enfants commencent à associer deux mots autour de 2 ans, tandis que d’autres avancent plus progressivement. Regardez la progression, les gestes, les tentatives de communication et la compréhension. En cas de doute, parlez-en au médecin qui suit votre enfant.

Le bilinguisme retarde-t-il forcément la parole ?

Entendre deux langues ne signifie pas qu’un retard est inévitable. Comptez les mots utilisés dans l’ensemble des langues et observez la compréhension dans chacune. Continuez à parler naturellement la langue dans laquelle vous êtes le plus à l’aise. Un avis peut être demandé si les inquiétudes concernent les deux langues.

Que faire si mon enfant refuse de répéter les mots ?

Évitez de transformer les échanges en entraînement. Parlez de ce qui l’intéresse, reformulez ses sons et accueillez ses gestes. Vous pouvez proposer un mot une fois, puis poursuivre l’activité. Le plaisir d’échanger favorise davantage les essais qu’une demande répétée.

Une otite peut-elle influencer la parole ?

Des otites répétées ou une audition diminuée peuvent gêner l’accès aux sons et aux mots. Si votre enfant réagit peu aux voix, demande souvent de répéter ou semble moins attentif aux sons, demandez un avis médical. Une vérification de l’audition peut être proposée.

Testez-vous

2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel comportement soutient le mieux les premières prises de parole ?
  2. 2.Quel repère mérite un avis médical ?
Carte savoir
Éveil et développement

Une réponse peut être un geste

Pointer, regarder l’adulte ou apporter un objet sont déjà des façons de communiquer. Vous pouvez mettre des mots sur ces gestes pour aider votre enfant à faire le lien entre son intention et le langage.

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Dans le jeu, la carte « Une réponse peut être un geste » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.

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Sources

  1. Haute Autorité de Santé, Trouble du neurodéveloppement : repérage et orientation des enfants de moins de 7 ans has-sante.fr
  2. Assurance Maladie, Le développement de l’enfant ameli.fr
  3. Ministère de la Santé, Santé de l’enfant et prévention sante.gouv.fr

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