Comment apprendre à mon enfant à descendre du canapé en sécurité ?
Montrez à votre enfant comment se retourner sur le ventre, puis reculer pour faire glisser ses jambes vers le sol, les pieds en premier, pendant que vous l’accompagnez de près. Proposez cet apprentissage sur une assise basse et stable : entre 12 et 30 mois, chaque enfant trouve ses repères à son rythme, et votre présence reste nécessaire.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
Entre 12 et 30 mois, des repères très variables
Autour de 12 mois, certains enfants cherchent déjà à grimper sur une assise basse. D’autres découvrent encore comment se déplacer au sol ou se mettre debout avec un appui. Savoir monter ne signifie pas savoir redescendre : votre enfant peut atteindre le canapé sans savoir comment retrouver le sol. Observez surtout ses mouvements et sa stabilité. Son âge, à lui seul, ne permet pas de décider qu’il est prêt à essayer.
Au cours de la deuxième année, beaucoup d’enfants deviennent plus à l’aise pour changer de position et explorer les meubles accessibles. Le retournement peut toutefois demander plusieurs essais accompagnés. Un enfant qui marche peut encore avoir du mal à reculer sans voir ses pieds. Vous pouvez lui proposer le mouvement lorsqu’il est disponible et calme, sans attendre une réussite immédiate ni comparer ses progrès avec ceux d’un autre enfant du même âge.
Vers 24 à 30 mois, les déplacements sont souvent plus assurés, avec des différences d’un enfant à l’autre. L’envie d’aller vite peut aussi prendre le dessus sur un geste déjà appris. La fatigue ou un canapé inhabituel peuvent modifier sa façon de descendre. Même lorsqu’il réussit régulièrement, restez près de lui pendant les essais. Un mouvement acquis dans une situation ne se retrouve pas automatiquement sur toutes les hauteurs ou tous les meubles.
Préparez une assise basse et un espace dégagé
Choisissez une assise stable, assez basse pour que les pieds de votre enfant puissent rejoindre le sol pendant que son ventre reste soutenu. Si le canapé est trop haut, commencez ailleurs, sur une assise plus basse adaptée à sa taille. Évitez les accoudoirs et les dossiers comme points de départ. Retirez les objets posés sur l’assise. Vérifiez également que le meuble ne glisse pas quand votre enfant prend appui dessus.
Dégagez le sol à l’endroit où ses pieds vont se poser. Éloignez la table basse et les objets durs qui pourraient gêner le mouvement. Le sol doit offrir un appui stable, sans tapis qui se replie ni coussins empilés. Des chaussettes glissantes peuvent compliquer l’arrivée au sol ; les pieds nus conviennent souvent sur une surface adaptée. Ces aménagements facilitent l’essai, sans remplacer votre présence juste à côté de votre enfant.
Placez-vous au niveau du bord, près du trajet de ses jambes, avec les mains disponibles pour le soutenir. Pendant cet apprentissage, évitez de faire autre chose en même temps. Si vous devez vous éloigner, installez votre enfant au sol dans un espace adapté. Le canapé reste un endroit qui demande de la vigilance, même après plusieurs descentes réussies. Pour dormir, un bébé doit être couché sur le dos dans son lit dégagé, jamais sur le canapé.
Montrez le mouvement, puis accompagnez ses essais
Commencez par montrer le geste lentement, par exemple avec une grande peluche sans petits éléments détachables. Dites simplement : « On se tourne sur le ventre. » Invitez ensuite votre enfant à essayer sur l’assise basse, sous votre regard. Aidez-le à pivoter pour placer son ventre contre l’assise et ses jambes vers le bord. S’il se raidit ou refuse cette position, revenez au sol et proposez un nouvel essai à un autre moment.
Ensuite, accompagnez doucement son bassin pour qu’il recule, les pieds dirigés vers le sol. Vous pouvez dire : « Les pieds cherchent le sol. » Gardez son ventre soutenu par l’assise pendant que ses jambes descendent. Évitez de le tirer par les mains ou les bras. Lorsqu’un pied touche le sol, laissez-lui le temps de trouver son appui, puis de poser l’autre. Soutenez-le autant que nécessaire, sans précipiter la fin du mouvement.
Quand il retrouve une position stable au sol, décrivez ce qu’il vient de faire : « Tu as posé tes pieds, te voilà en bas. » Cette phrase lui donne un repère concret. Au fil des occasions, ajustez votre aide à ce qu’il parvient à faire lui-même, tout en restant à portée de main. Quelques essais tranquilles suffisent pour une séance. Arrêtez dès qu’il se fatigue, s’agace ou souhaite passer à une autre activité.
Les idées reçues qui compliquent l’apprentissage
« Il sait monter, donc il sait descendre » est une idée fréquente. Monter permet de regarder l’endroit où l’on pose les mains, tandis que descendre à reculons demande de chercher le sol avec les pieds. Ces mouvements sollicitent des repères différents. Votre enfant peut donc avoir besoin d’aide pour redescendre longtemps après ses premières tentatives pour grimper. Continuez à lui montrer le même geste, sans interpréter cette différence comme un retard.
« Une petite chute lui apprendra » ne constitue pas une méthode d’apprentissage. Une chute peut surprendre votre enfant et ne lui indique pas comment se retourner ou placer ses pieds. Vous pouvez lui laisser une part d’initiative tout en restant assez proche pour intervenir. S’il avance la tête vers le bord, interrompez doucement le mouvement et aidez-le à retrouver une position stable. Reprenez ensuite le geste accompagné, ou terminez l’essai s’il semble contrarié.
« Il faut répéter jusqu’à ce qu’il réussisse » peut conduire à prolonger un exercice alors que votre enfant n’est plus disponible. L’apprentissage se construit aussi pendant les déplacements au sol et les occasions ordinaires de changer de position. Vous n’avez pas besoin d’organiser des séances longues ni d’exiger une descente parfaite. Proposez le geste lorsqu’une situation s’y prête. Une réussite un jour peut être suivie d’un besoin d’aide le lendemain, notamment avec la fatigue.
Des exemples pour les situations du quotidien
Votre enfant s’est hissé sur le canapé et vous appelle sans bouger. Approchez-vous avant de lui donner une consigne. Dites : « Je suis là, on va descendre avec les pieds. » Aidez-le à se tourner sur le ventre, puis accompagnez son recul. S’il semble inquiet, vous pouvez simplement le prendre et le déposer au sol. Il retrouvera une occasion d’essayer plus tard, dans une situation où il se sent suffisamment à l’aise.
Votre enfant veut rejoindre rapidement un jouet et se présente face au bord. Placez-vous près de lui et bloquez doucement l’avancée si nécessaire. Ramenez-le vers une position stable, puis proposez le retournement avec votre phrase habituelle. Gardez le jouet hors du passage pour qu’il puisse poser ses pieds sans obstacle. S’il est trop pressé pour suivre le mouvement, aidez-le à descendre entièrement. Vous pourrez reprendre l’apprentissage lors d’un moment plus calme.
Chez des proches, le canapé est plus haut ou ses coussins s’enfoncent davantage. Même si votre enfant descend facilement à la maison, accompagnez-le davantage dans ce nouvel environnement. Si ses pieds ne peuvent pas trouver le sol pendant que son ventre reste soutenu, déposez-le vous-même en bas. Expliquez aux autres adultes le geste que vous utilisez et votre consigne courte. Une façon de faire cohérente lui offre des repères, tout en tenant compte du meuble présent.
Quand consulter ?
- Si votre enfant semble avoir mal lorsqu’il prend appui sur une jambe ou utilise un bras, demandez conseil au professionnel qui le suit avant de poursuivre les essais.
- S’il ne réalise plus un mouvement qu’il faisait auparavant, parlez-en au médecin qui le suit en décrivant ce que vous avez observé.
En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.
Questions fréquentes
Mon enfant ne marche pas encore. Peut-il apprendre à descendre ?
La marche n’est pas le seul repère. Observez sa capacité à changer de position et à prendre appui. Vous pouvez accompagner le mouvement sur une assise très basse, sans lui demander de tenir debout seul. S’il ne trouve pas d’appui stable, aidez-le entièrement à rejoindre le sol.
Dois-je mettre des coussins au pied du canapé ?
Des coussins empilés peuvent rendre l’arrivée instable et gêner la pose des pieds. Privilégiez un sol dégagé et un appui stable. Un aménagement au sol ne remplace jamais votre présence au bord de l’assise.
Que faire s’il veut sauter du canapé ?
Interrompez le départ et aidez-le à retrouver une position stable. Dites calmement : « Du canapé, on descend avec les pieds. » Accompagnez la descente ou déposez-le au sol s’il continue à vouloir sauter. Proposez ensuite un espace de jeu au sol adapté à ses mouvements.
Quand puis-je le laisser descendre seul ?
Il n’existe pas d’âge qui garantisse une descente sûre. Vous pouvez réduire progressivement votre aide lorsqu’il réalise le geste avec stabilité sur une assise adaptée. Entre 12 et 30 mois, restez près de lui et disponible pour intervenir, même après des réussites répétées.
Testez-vous
2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Monter et descendre sont deux apprentissages
Un enfant peut réussir à monter sur le canapé sans savoir comment en redescendre. Pour descendre à reculons, il doit notamment apprendre à chercher le sol avec ses pieds sans le regarder directement.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Dans le jeu, la carte « Monter et descendre sont deux apprentissages » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.
Récupérer la carteSources
- Assurance Maladie, repères sur le développement psychomoteur de l’enfant et la prévention des accidents domestiques ameli.fr
- Santé publique France, 1000 premiers jours : développement de l’enfant et sécurité à la maison 1000-premiers-jours.fr
Mis à jour le .
À lire ensuite
- Éveil et développementPoser des limites à son enfant avec fermeté et bienveillanceRègles, émotions, conséquences et sécurité : des repères actuels pour poser des limites à votre enfant sans violence ni humiliation.7 min de lecture
- Éveil et développementFaut-il respecter l’âge indiqué sur une boîte de jeu si mon enfant semble déjà intéressé ?Âge conseillé ou avertissement de sécurité : découvrez comment choisir un jeu adapté à votre enfant et accompagner son intérêt de 12 mois à 6 ans.6 min de lecture
- Éveil et développementComment aider mon bébé à apprendre à se retourner ?Découvrez comment accompagner votre bébé vers ses premiers retournements avec des jeux simples, un espace sûr et des repères adaptés à son rythme.6 min de lecture
- Éveil et développementComment aider mon enfant à s’accroupir et se relever en jouant ?Des jeux simples pour aider votre enfant de 18 à 48 mois à s’accroupir et se relever, en respectant son rythme et sa sécurité.6 min de lecture