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Bébé Vallée
Santé

Dépistage néonatal de la surdité : comment ça se passe

En France, le dépistage de la surdité est proposé à tous les nouveau-nés avant leur sortie de maternité ou dans les premières semaines de vie. Le débat éthique soulevé en 2007 a conduit à mieux encadrer l’information des parents et l’accompagnement des familles, sans remettre en cause l’intérêt d’un repérage précoce.

Mis à jour le 6 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Une pratique devenue nationale
  2. Comment le test est-il réalisé ?
  3. Que se passe-t-il si le résultat reste incertain ?
  4. Informer sans réduire l’enfant à un résultat
  5. Les signes à observer après la naissance
  6. Quand consulter ?
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources

Une pratique devenue nationale

L’article historique rappelait la réserve exprimée par le Comité consultatif national d’éthique en janvier 2007. À cette époque, la généralisation du dépistage néonatal de la surdité soulevait plusieurs questions : fiabilité des tests réalisés très tôt, risque d’annoncer à tort une perte auditive et place de la langue des signes dans le parcours de l’enfant.

Depuis 2012, un programme national organise le dépistage de la surdité permanente bilatérale chez les nouveau-nés. Le test est proposé à tous les bébés, que leurs parents soient entendants ou sourds, car la majorité des enfants sourds naissent dans une famille sans antécédent connu.

La surdité permanente concerne environ 1 nouveau-né sur 1 000 dans la population générale. La fréquence est plus élevée chez les bébés qui présentent certains facteurs de risque, comme une infection congénitale, une grande prématurité, un séjour prolongé en réanimation ou des antécédents familiaux.

  • Le dépistage est proposé avant la sortie de maternité quand l’organisation le permet.
  • Un rendez-vous peut être organisé dans les premières semaines si le test n’a pas pu être réalisé.
  • Le dépistage concerne les deux oreilles.
  • Le résultat est inscrit dans le dossier de l’enfant et expliqué aux parents.

Comment le test est-il réalisé ?

Le dépistage est indolore et ne nécessite pas d’anesthésie. Un petit embout placé dans le conduit auditif ou un capteur posé sur la tête envoie des sons doux, puis mesure la réponse de l’oreille interne ou des voies auditives.

Deux techniques sont utilisées selon les maternités et la situation du bébé : les otoémissions acoustiques automatisées et les potentiels évoqués auditifs automatisés. Le test dure généralement quelques minutes par oreille lorsque le bébé est calme ou endormi.

Un résultat intitulé « test satisfaisant » signifie que la réponse mesurée est compatible avec une audition suffisante au moment du dépistage. Il ne garantit pas que l’audition restera normale pendant toute l’enfance.

Un résultat « test non satisfaisant » ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer une surdité. Du liquide dans l’oreille moyenne après la naissance, des bruits ambiants, des mouvements du bébé ou des débris présents dans le conduit peuvent perturber la mesure.

  • Le bébé peut téter ou dormir pendant l’examen.
  • Le personnel recommence parfois la mesure dans chaque oreille.
  • Un second test est souvent proposé avant d’orienter vers un bilan spécialisé.
  • Les examens complémentaires recherchent la nature et le degré d’une éventuelle perte auditive.

Que se passe-t-il si le résultat reste incertain ?

Lorsque le premier dépistage n’est pas concluant, l’équipe propose un contrôle, souvent avant la sortie ou lors d’un rendez-vous précoce. La date doit être clairement donnée aux parents, car attendre plusieurs mois sans suivi retarde la confirmation du résultat.

Si le contrôle demeure anormal, le bébé est adressé à une équipe spécialisée en audiologie pédiatrique, en ORL ou dans un centre de diagnostic adapté aux jeunes enfants. Le bilan peut comprendre des potentiels évoqués auditifs diagnostiques, un examen ORL et d’autres mesures de l’audition.

Le dépistage vise à raccourcir le délai entre la naissance, le diagnostic et l’accompagnement. Les repères souvent utilisés en audiologie pédiatrique consistent à confirmer une éventuelle surdité dans les premiers mois et à mettre en place l’accompagnement avant 6 mois lorsque cela correspond aux besoins de l’enfant et aux choix de sa famille.

Une orientation rapide permet de discuter plusieurs possibilités : appareillage auditif, implant cochléaire dans certaines situations, suivi médical, soutien à la communication orale, langue des signes française ou approche bilingue. La décision se construit avec les parents et tient compte du bilan, de l’âge de l’enfant, de son développement et du projet familial.

Informer sans réduire l’enfant à un résultat

L’avis éthique de 2007 rappelait que le dépistage ne devait pas être présenté comme une simple recherche d’anomalie. Une perte auditive peut modifier l’accès aux échanges, mais elle ne résume ni les capacités de l’enfant ni son identité future.

Les parents doivent recevoir une information compréhensible avant le test : objectif du dépistage, limites de la mesure, suite prévue en cas de résultat non satisfaisant et possibilité de poser des questions. Leur consentement est recueilli et ils peuvent refuser le dépistage, avec une explication des conséquences possibles de ce choix.

Les familles de parents sourds doivent bénéficier d’un échange respectueux de leur expérience et de leur langue. La langue des signes française peut être proposée comme moyen de communication et d’accès précoce au langage. Elle ne s’oppose pas aux examens médicaux ni aux autres solutions d’accompagnement.

Un résultat qui nécessite un contrôle peut déstabiliser les parents, même lorsque la cause est probablement transitoire. La maternité, le médecin, la sage-femme, le pédiatre ou l’équipe spécialisée doivent répondre aux questions et préciser le calendrier des rendez-vous.

Les signes à observer après la naissance

Le dépistage ne remplace pas la surveillance du développement. Certains troubles de l’audition apparaissent après la naissance ou évoluent progressivement, notamment après une infection, un traumatisme ou une atteinte de l’oreille.

Les réactions varient selon l’âge. Un bébé peut sursauter à un bruit soudain sans percevoir correctement la parole, car les sons forts ne testent pas toutes les fréquences utiles au langage.

Parlez-en au médecin ou à la Protection maternelle et infantile si votre enfant ne réagit pas aux voix, ne cherche pas l’origine d’un son, cesse de répondre à des bruits qu’il reconnaissait ou présente un retard dans les vocalises et le langage. Le médecin peut demander un avis ORL même si le dépistage de la maternité était satisfaisant.

Le suivi habituel comprend notamment les consultations médicales du jeune enfant et les échanges sur son développement. Une inquiétude parentale mérite d’être entendue, y compris lorsque l’entourage trouve que le bébé « entend quand même ».

Quand consulter ?

  • Contactez rapidement la maternité ou le professionnel indiqué si aucun dépistage n’a été réalisé et qu’aucun rendez-vous n’a été donné avant les premières semaines de vie.
  • Prenez rendez-vous avec le médecin, la sage-femme ou la PMI si le contrôle recommandé après un résultat non satisfaisant n’a pas encore été organisé.
  • Consultez votre médecin ou un ORL si votre bébé ne réagit pas aux voix ou aux sons, ne cherche pas leur origine ou ne développe pas ses vocalises comme attendu.
  • Appelez le 15 ou le 112 si une difficulté auditive s’accompagne d’un malaise grave, d’une gêne respiratoire, d’une perte de connaissance ou d’un état général très altéré.

Questions fréquentes

Le dépistage de la surdité fait-il mal au bébé ?

Non. Le test utilise un petit embout ou des capteurs et ne provoque pas de douleur. Il est réalisé pendant que le bébé dort ou reste calme, sans aiguille ni anesthésie.

Un résultat non satisfaisant signifie-t-il que mon bébé est sourd ?

Non. Du liquide dans l’oreille, les mouvements du bébé ou le bruit peuvent perturber la mesure. Un contrôle, puis parfois un bilan ORL spécialisé, sont nécessaires pour connaître l’audition réelle.

Pourquoi dépister avant la sortie de maternité ?

Une perte auditive repérée tôt permet d’organiser rapidement les examens et l’accompagnement. Le calendrier est ensuite adapté au résultat, à l’état de santé du bébé et aux choix de la famille.

Les parents peuvent-ils refuser le dépistage ?

Oui, le dépistage est proposé après une information des parents et leur accord est recherché. L’équipe explique toutefois qu’un refus peut retarder le repérage d’une perte auditive et remet les informations utiles pour organiser un suivi.

Testez-vous

3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quand le dépistage néonatal de la surdité est-il généralement proposé ?
  2. 2.Que signifie un résultat « non satisfaisant » au premier test ?
  3. 3.Quelle affirmation est juste concernant les familles de parents sourds ?
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Santé

Un test discret après la naissance

Le dépistage mesure la réponse de l’oreille à de petits sons pendant que le bébé dort. Il dure souvent quelques minutes et ne nécessite ni piqûre ni anesthésie.

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Sources

  1. Haute Autorité de santé, dépistage néonatal de la surdité has-sante.fr
  2. Ministère de la Santé, dépistage néonatal et programme national sante.gouv.fr
  3. Légifrance, arrêté du 23 avril 2012 relatif à l’organisation du dépistage de la surdité permanente néonatale legifrance.gouv.fr
  4. Comité consultatif national d’éthique, avis sur le dépistage néonatal de la surdité ccne-ethique.fr
  5. Santé publique France, dépistage néonatal santepubliquefrance.fr

Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.

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