Consulter un psychologue pendant la grossesse
Une grossesse peut faire remonter une anxiété ancienne, une tristesse persistante ou un événement difficile à vivre. Un psychologue, une sage-femme, un médecin ou un psychiatre peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous ressentez et à choisir un accompagnement adapté.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
Coup de blues ou dépression pendant la grossesse
La grossesse entraîne des changements physiques, hormonaux, familiaux et professionnels qui peuvent fragiliser l’équilibre émotionnel. Les estimations de dépression pendant la grossesse varient selon les études et les critères utilisés, souvent autour de 10 à 20 % des grossesses.
Une tristesse qui dure plus de deux semaines, une anxiété difficile à contrôler ou une perte d’intérêt pour les activités habituelles méritent une attention médicale. La naissance du bébé ne fait pas disparaître automatiquement une dépression commencée pendant la grossesse, et une prise en charge précoce peut limiter son retentissement.
Un jour difficile, des pleurs ponctuels ou une inquiétude après une consultation ne suffisent pas à poser un diagnostic. Le professionnel évalue la durée des symptômes, leur intensité, votre sommeil, votre alimentation, vos relations et votre capacité à fonctionner au quotidien.
- Tristesse ou irritabilité présentes la plupart des jours
- Sentiment de solitude, de honte ou de dévalorisation
- Inquiétudes répétées concernant la santé du bébé ou l’accouchement
- Fatigue qui dépasse celle habituellement liée à la grossesse
- Difficultés d’endormissement ou réveils prolongés
- Perte d’intérêt, isolement ou crises de larmes fréquentes
Les signes qui justifient un échange
Certains symptômes ressemblent à des désagréments ordinaires de la grossesse. Les nausées, la fatigue, les douleurs ou les réveils nocturnes peuvent avoir une cause physique, tandis qu’une souffrance psychique peut les amplifier. Votre médecin ou votre sage-femme peut faire la part des choses et proposer un examen si nécessaire.
Une anxiété devient préoccupante lorsqu’elle vous empêche de dormir, de sortir, de travailler, de manger correctement ou de vous rendre à vos rendez-vous. Des pensées répétées de catastrophe, des rituels de vérification ou la peur de rester seule avec vos émotions sont aussi des raisons de demander de l’aide.
Les idées de mort, les pensées de vous faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un nécessitent une évaluation urgente. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Si la situation est très douloureuse sans danger immédiat, le 3114 répond gratuitement en France, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
- Vous n’arrivez plus à assurer les gestes courants pendant plusieurs jours
- Vous avez des attaques de panique répétées ou une peur qui vous immobilise
- Vous évitez les soins par angoisse ou vous ne parvenez plus à parler de la grossesse
- Vous consommez davantage d’alcool, de tabac, de cannabis ou de médicaments pour tenir
- Vous avez des idées suicidaires, même sans projet précis
À qui demander de l’aide en France
Vous pouvez commencer par votre sage-femme, votre médecin traitant, votre gynécologue-obstétricien ou la maternité qui suit votre grossesse. Ces professionnels peuvent écouter votre demande, repérer une dépression ou une anxiété et vous orienter vers un psychologue, un psychiatre ou une consultation spécialisée en périnatalité.
Les centres de protection maternelle et infantile, appelés PMI, proposent selon les départements des consultations gratuites ou un accompagnement avec une sage-femme, un médecin, un psychologue ou une puéricultrice. La PMI peut vous recevoir pendant la grossesse, même si vous n’avez pas encore d’enfant.
Les centres médico-psychologiques, ou CMP, accueillent les adultes qui ont besoin d’un suivi psychiatrique ou psychologique dans le service public. Les délais varient selon les territoires, donc prévenez la maternité ou votre médecin si votre état se dégrade pendant l’attente.
Les maternités de niveau II ou III disposent souvent d’équipes de psychiatrie ou de psychologie périnatale, mais les maternités de niveau I peuvent aussi organiser un relais. Le niveau de la maternité indique surtout le type de soins néonatals disponibles, et ne détermine pas à lui seul l’accès à un soutien psychologique.
- Sage-femme ou médecin qui suit la grossesse
- Psychologue libéral ou psychologue en structure publique
- Psychiatre, notamment en cas de symptômes intenses ou persistants
- PMI pour une orientation et un accompagnement de proximité
- CMP ou équipe de psychiatrie périnatale
- Maternité, surtout après un événement obstétrical difficile
Comment se déroule l’accompagnement
Le premier rendez-vous sert à comprendre ce que vous vivez aujourd’hui. Le professionnel peut vous demander depuis quand les symptômes ont commencé, ce qui les aggrave, comment vous dormez et quelles personnes peuvent vous soutenir.
Un suivi psychologique peut s’appuyer sur la parole, des exercices de gestion de l’anxiété, une thérapie cognitivo-comportementale, une approche psychodynamique ou une thérapie familiale. La méthode dépend de votre situation, de vos préférences et de la formation du professionnel.
Une thérapie cognitivo-comportementale travaille par exemple sur les pensées anxieuses, les évitements et les habitudes qui entretiennent la souffrance. Une approche familiale peut aider lorsque les relations, la communication ou la répartition des tâches pèsent sur la grossesse.
Le psychiatre est un médecin. Il peut poser un diagnostic, proposer un suivi et discuter d’un traitement lorsque l’intensité de la dépression ou de l’anxiété le justifie. Pendant la grossesse, toute décision médicamenteuse se prend avec un professionnel qui connaît votre terme, vos antécédents et les bénéfices attendus.
Vous pouvez demander au professionnel sa formation, la fréquence des rendez-vous, le coût et les possibilités de prise en charge. Le dispositif Mon soutien psy et les structures publiques évoluent, avec des conditions d’accès qui doivent être vérifiées sur ameli.fr.
Après une épreuve ou une grossesse difficile
Une fausse couche, une interruption volontaire ou médicale de grossesse, une grossesse multiple, une réduction embryonnaire ou une menace d’accouchement prématuré peuvent provoquer de la tristesse, de la culpabilité, de la colère ou une impression d’irréalité. Ces réactions peuvent apparaître immédiatement ou plusieurs semaines plus tard.
Après une interruption médicale de grossesse ou une interruption sélective dans une grossesse multiple, un suivi psychologique peut être proposé avant la décision, après le geste et lors d’une nouvelle grossesse. La place du conjoint ou de la conjointe peut être incluse avec votre accord, car chacun peut vivre l’événement d’une manière différente.
Une hospitalisation, une annonce de malformation, une césarienne probable ou un parcours de procréation médicalement assistée peuvent aussi nécessiter un soutien. Demander un rendez-vous ne signifie pas que vous échouez à devenir parent, cela permet de ne pas rester seule avec une charge émotionnelle trop lourde.
Une consultation est particulièrement utile si vous revivez la scène en boucle, si vous évitez les soins, si vous ne parvenez plus à vous projeter ou si la peur empêche tout échange avec vos proches.
Tabac, alcool et autres consommations
Le tabac, l’alcool, le cannabis et certains médicaments peuvent être utilisés pour calmer une angoisse ou trouver le sommeil. Une consommation pendant la grossesse mérite un échange confidentiel avec une sage-femme, un médecin, un addictologue ou un service spécialisé, sans jugement.
L’alcool présente un risque pour le développement du fœtus pendant toute la grossesse, et les recommandations françaises conseillent zéro alcool. Pour le tabac, un accompagnement augmente les chances de réduire ou d’arrêter, avec des solutions adaptées à la grossesse lorsque le professionnel les estime nécessaires.
Vous pouvez contacter Tabac Info Service au 39 89 pour un accompagnement concernant le tabac. Alcool Info Service répond au 0 980 980 930 et propose une écoute anonyme. En cas de consommation quotidienne d’alcool ou de médicament, ne stoppez pas brutalement sans avis médical, car un sevrage peut nécessiter une prise en charge.
Quand consulter ?
- Prenez rendez-vous dans les prochains jours avec votre sage-femme, votre médecin ou la maternité si une tristesse ou une anxiété dure plus de deux semaines.
- Demandez un avis rapidement si vous ne dormez presque plus, si vous ne mangez plus correctement ou si vous ne parvenez plus à assurer vos activités habituelles.
- Contactez un professionnel sans attendre si vous augmentez votre consommation d’alcool, de tabac, de cannabis ou de médicaments pour supporter la grossesse.
- Appelez le 3114 si vous avez des pensées de mort ou de suicide sans danger immédiat.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat, de passage à l’acte, de confusion importante ou d’impossibilité de rester en sécurité.
Questions fréquentes
Faut-il attendre d’être très mal pour consulter un psychologue pendant la grossesse ?
Non. Un rendez-vous est pertinent dès qu’une tristesse, une anxiété, des insomnies ou une situation difficile perturbent votre vie pendant plusieurs jours. Une demande précoce facilite l’orientation et peut éviter une aggravation.
Une sage-femme peut-elle aider pour une souffrance psychologique ?
Oui. Elle peut repérer une dépression ou une anxiété, proposer un premier soutien, utiliser un questionnaire de repérage et vous orienter vers un psychologue, un psychiatre, un médecin ou une structure adaptée.
La dépression pendant la grossesse disparaît-elle après l’accouchement ?
Elle peut persister ou s’aggraver après la naissance. Une tristesse durable, une perte d’intérêt, une grande anxiété ou des difficultés à prendre soin de vous et du bébé doivent être signalées rapidement.
Peut-on consulter si l’on ne sait pas si l’on a besoin d’un psychiatre ou d’un psychologue ?
Oui. Votre sage-femme, votre médecin, la maternité, la PMI ou un CMP peuvent vous aider à choisir le bon interlocuteur selon l’intensité des symptômes, vos antécédents et vos possibilités financières.
Testez-vous
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La grossesse peut fragiliser le moral
La dépression peut commencer avant la naissance et continuer après l’accouchement. Un suivi pendant la grossesse aide à repérer les symptômes et à organiser rapidement un soutien.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Haute Autorité de santé, santé mentale et grossesse has-sante.fr
- Assurance Maladie, dépression et santé mentale ameli.fr
- Les 1000 premiers jours, santé mentale des parents 1000-premiers-jours.fr
- Ministère de la Santé, numéro national de prévention du suicide 3114 sante.gouv.fr
- Tabac Info Service, accompagnement pendant la grossesse tabac-info-service.fr
- Alcool Info Service, aide et accompagnement alcool-info-service.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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