Faut-il compter les mots dans les deux langues chez un enfant bilingue ?
Oui, pour suivre le vocabulaire de votre enfant bilingue, prenez en compte les mots qu’il utilise dans chacune de ses langues. Ce total donne un repère, à compléter par ce qu’il comprend et par sa manière de communiquer au quotidien.
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Sommaire9 parties
Les mots des deux langues comptent
Votre enfant peut connaître certains mots en français et d’autres dans sa seconde langue. Cela dépend des personnes avec qui il parle et des situations qu’il rencontre. Pour observer son vocabulaire, vous pouvez donc réunir les mots utilisés dans les deux langues. Compter uniquement les mots français laisserait de côté une partie de ses acquisitions. Ce relevé reste une photographie à un moment donné, sans valeur de bilan à lui seul.
Deux façons de compter existent. Pour le vocabulaire total, « chat » et « cat » comptent comme deux mots si votre enfant utilise les deux. Pour le vocabulaire par concepts, ils correspondent à une seule idée. Ces deux méthodes apportent des informations différentes. Si un professionnel vous demande une liste de mots, précisez comment vous avez compté. Vous pouvez aussi lui transmettre les mots dans chaque langue, avec leurs traductions lorsque cela est possible.
Retenez les mots que votre enfant emploie avec un sens identifiable, même si leur prononciation reste approximative. Un « ato » utilisé régulièrement pour demander un gâteau peut ainsi être noté. Une répétition isolée juste après vous renseigne moins sur les mots qu’il utilise de lui-même. Gardez une méthode simple et cohérente. Le but est de voir son langage évoluer, sans transformer chaque échange en vérification de ses connaissances.
Entre 12 et 36 mois, des repères à regarder avec souplesse
Entre 12 et 18 mois, les premiers mots apparaissent souvent, avec de grandes variations entre les enfants. Certains utilisent déjà plusieurs mots, tandis que d’autres communiquent surtout par des gestes et des sons. Chez un enfant bilingue, les premiers mots peuvent se répartir entre les deux langues ou apparaître principalement dans l’une. Regardez aussi s’il cherche votre attention, vous montre quelque chose et comprend des paroles familières dans leur contexte.
Entre 18 et 24 mois, le vocabulaire s’enrichit généralement et les premières associations de mots peuvent apparaître. Votre enfant peut dire « encore lait » dans une langue, puis employer un mot de l’autre langue dans une autre situation. La progression peut sembler irrégulière, avec des périodes où vous remarquez davantage de nouveautés. Ces repères d’âge restent indicatifs. Une observation de l’ensemble de sa communication est plus utile qu’un total pris isolément.
Entre 24 et 36 mois, les associations de mots et les petites phrases prennent habituellement davantage de place. Votre enfant exprime progressivement plus d’idées et participe plus aux échanges. Une langue peut être plus présente à la maison, une autre chez la personne qui l’accueille. Leur place peut changer avec le temps. Chaque enfant a son rythme, et le bilinguisme ne suffit pas à expliquer une difficulté de langage qui persiste.
Au quotidien, privilégiez les échanges naturels
Parlez à votre enfant dans la ou les langues où vous vous sentez à l’aise pour échanger avec lui. Vous pourrez plus facilement raconter ce qui se passe et répondre à ses initiatives. Aucune organisation unique ne convient à toutes les familles. Certaines associent une langue à une personne, d’autres à un lieu ou à un moment. Cherchez surtout une organisation qui vous permet de partager des échanges réguliers et agréables.
Appuyez-vous sur ce qui attire son attention. S’il regarde un chien, vous pouvez dire « Tu as vu le chien », puis attendre sa réaction. S’il dit un mot, reprenez-le dans une phrase un peu plus développée, sans exiger qu’il répète. Laissez-lui le temps de répondre, y compris par un geste. Les livres illustrés et les chansons partagées offrent aussi des occasions de retrouver des mots dans un contexte familier.
Si vous souhaitez garder une trace, notez de temps en temps quelques mots nouveaux dans un carnet. Indiquez la langue et une situation où votre enfant les utilise spontanément. Vous pouvez demander à l’autre parent ou à la personne qui l’accueille ce qu’elle entend de son côté. Évitez les interrogations répétées pour compléter la liste. Un relevé occasionnel suffit pour vous rappeler ses progrès et préparer, si besoin, un échange avec un professionnel.
Mélanger les langues ne signifie pas être perdu
Un enfant peut mélanger deux langues dans une même phrase. Il peut choisir le mot qui lui vient le plus facilement, celui qu’il connaît dans cette situation ou celui qu’il entend souvent chez son interlocuteur. Ce mélange fait partie des usages possibles du bilinguisme. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une confusion. Vous pouvez répondre naturellement dans votre langue, en lui proposant la phrase complète sans commentaire sur son mélange.
Parler deux langues ne provoque pas, en soi, un trouble du langage. En revanche, un enfant bilingue peut rencontrer une difficulté de langage, comme tout autre enfant. Une inquiétude mérite donc d’être écoutée sans être attribuée automatiquement au bilinguisme. Pour comprendre la situation, le professionnel s’intéresse aux différentes langues de l’enfant et à son histoire. Le temps d’exposition à chacune aide notamment à interpréter ce qu’il comprend et ce qu’il dit.
Un vocabulaire moins fourni dans une seule langue ne décrit pas toutes les compétences de votre enfant. Il peut connaître les mots du repas dans une langue et ceux du parc dans l’autre. L’idée qu’il devrait posséder exactement les mêmes mots des deux côtés ne correspond pas à tous les parcours bilingues. De même, additionner ses mots ne donne pas un score à comparer directement à n’importe quelle grille destinée aux enfants monolingues.
Des exemples pour compter sans se compliquer la vie
Votre enfant dit « eau », « encore » et « dodo » en français. Il utilise aussi « water » et « ball » en anglais. Pour le vocabulaire total, vous relevez cinq mots. Pour le vocabulaire par concepts, vous relevez quatre idées, puisque « eau » et « water » désignent la même chose. Aucun de ces résultats ne suffit à situer son développement. Ils décrivent simplement deux façons différentes de regarder le même petit répertoire.
Autre situation : à la maison, votre enfant demande « pain », tandis que chez ses grands-parents il emploie le mot arabe correspondant. Notez les deux formes si elles sont utilisées avec un sens stable. Vous pouvez demander aux grands-parents de vous donner un exemple concret. Si vous ne parlez pas cette langue, leur observation vous aide à compléter le tableau. Votre enfant n’a pas besoin de traduire sur demande pour que ses mots soient pris en compte.
Votre enfant dit « encore agua » pour demander de l’eau. Vous pouvez noter les mots qu’il emploie et observer aussi qu’il les associe pour exprimer une demande. Répondez simplement, par exemple : « Tu veux encore de l’eau ? » Lors d’un rendez-vous, cet exemple sera utile à raconter. Plus précis qu’un nombre seul, il montre comment votre enfant choisit des mots et les combine avec une intention de communication dans une situation précise.
Quand consulter ?
- Vers 18 mois, si votre enfant n’utilise aucun mot dans aucune de ses langues, parlez-en au médecin qui le suit ou à la PMI. Mentionnez aussi ce qu’il comprend et comment il communique par gestes.
- À tout âge, si votre enfant perd des mots ou des capacités de communication qu’il utilisait auparavant, prenez un avis médical sans attendre un prochain comptage.
En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.
Questions fréquentes
Un même mot traduit dans deux langues compte-t-il deux fois ?
Oui, dans un relevé du vocabulaire total, si votre enfant utilise les deux formes. Dans un relevé par concepts, ces deux mots correspondent à une seule idée. Précisez toujours la méthode choisie lorsque vous partagez votre liste.
Faut-il compter les mots qu’il comprend sans les dire ?
Gardez-les à part des mots qu’il prononce. La compréhension apporte une information utile, tout comme ses gestes et ses initiatives pour communiquer. Vous pouvez noter des exemples de ce qu’il comprend dans chacune de ses langues.
Doit-on arrêter une langue s’il parle encore peu ?
Le fait de parler peu ne justifie pas, à lui seul, d’abandonner une langue familiale. Continuez les échanges dans les langues où vous êtes à l’aise. Si vous avez un doute sur son développement, demandez un avis en décrivant sa communication dans les deux langues.
Faut-il lui demander de répéter dans la bonne langue ?
Vous pouvez reprendre sa demande dans la langue que vous utilisez, sans imposer de répétition. Une réponse naturelle lui donne un modèle et permet à l’échange de continuer. Il n’a pas besoin de traduire chaque mot pour apprendre.
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Deux mots peuvent désigner une seule idée
Un enfant qui dit « chat » et « cat » utilise deux mots pour un même concept. Son vocabulaire total et son vocabulaire par concepts donnent donc deux éclairages différents sur ses acquisitions.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Dans le jeu, la carte « Deux mots peuvent désigner une seule idée » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.
Récupérer la carteSources
- Santé publique France, 1000 premiers jours : ressources sur le langage et les échanges avec l’enfant 1000-premiers-jours.fr
- Assurance Maladie, ressources sur le développement et les troubles du langage oral de l’enfant ameli.fr
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