Mon plus jeune copie tout ce que fait son aîné : faut-il les encourager à faire des activités différentes ?
Vous pouvez leur proposer des activités différentes, sans chercher à empêcher votre plus jeune d’imiter son aîné : cette imitation nourrit ses découvertes et leur relation. Gardez des moments partagés et offrez à chacun des occasions de choisir selon ses envies et ses capacités.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
- De 18 mois à 5 ans, l’imitation change de forme
- Proposez des choix sans imposer la différence
- Préservez la liberté de l’aîné et les limites du cadet
- Copier n’empêche pas d’avoir ses propres goûts
- Des situations concrètes pour trouver votre équilibre
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
De 18 mois à 5 ans, l’imitation change de forme
Entre 18 mois et 2 ans, beaucoup d’enfants reprennent volontiers les gestes qu’ils voient autour d’eux. Un aîné qui pousse une voiture ou donne à manger à son poupon devient un modèle très accessible. Votre plus jeune peut vouloir faire pareil, même s’il ne maîtrise pas encore le geste. Cette envie de participer est habituelle. Elle ne signifie pas qu’il manque de goûts personnels ou qu’il restera toujours dans le sillage de son frère ou de sa sœur.
Entre 2 et 3 ans, les jeux de faire semblant prennent souvent davantage de place. Le cadet peut reprendre le rôle choisi par l’aîné, puis modifier la scène à sa façon. Il peut aussi réclamer exactement le même objet. À cet âge, attendre son tour et supporter qu’un autre garde son jouet restent parfois difficiles. Vous pouvez accompagner ces moments sans attendre des enfants qu’ils trouvent seuls un accord à chaque fois.
Entre 3 et 5 ans, les préférences deviennent souvent plus faciles à exprimer. Pourtant, un enfant peut continuer à copier beaucoup son aîné, notamment pour entrer dans son jeu ou partager un moment avec lui. Ces repères restent souples : chaque enfant a son rythme. Observez surtout ce qui lui plaît, la place qu’il trouve dans l’activité et sa possibilité de proposer quelque chose, plutôt que la fréquence à laquelle il imite.
Proposez des choix sans imposer la différence
Les goûts de chacun peuvent se développer sans que vous organisiez deux programmes séparés. Commencez par observer votre plus jeune lorsqu’il joue sans son aîné, même quelques instants. Vers quoi se dirige-t-il spontanément ? Que reprend-il avec plaisir ? Ces observations donnent des pistes pour lui faire des propositions. Vous pouvez ensuite lui présenter deux possibilités adaptées à son âge, en acceptant qu’il choisisse finalement la même activité que son frère ou sa sœur.
Pour une activité commune, prévoyez des façons de participer différentes. Pendant un dessin, le plus jeune peut explorer les traces avec de gros crayons adaptés à son âge, sous votre regard. L’aîné peut inventer une histoire autour de son dessin. Vous n’attendez pas un résultat identique de chacun. Vous évitez ainsi de placer le cadet devant une tâche trop difficile, tout en lui permettant de rester dans le même moment familial que son aîné.
Des moments individuels peuvent aussi trouver leur place dans la journée. Pendant que l’aîné profite d’un jeu autonome adapté à son âge dans un espace sécurisé, vous pouvez regarder un livre avec le plus jeune, à proximité. À un autre moment, vous accordez votre attention à l’aîné. Ces occasions n’ont pas besoin de suivre un partage minuté. Elles permettent à chacun de vous montrer parfois ce qu’il aime, sans devoir suivre le choix de l’autre.
Préservez la liberté de l’aîné et les limites du cadet
Être imité peut faire plaisir à l’aîné, puis devenir fatigant lorsqu’il souhaite jouer seul. Vous pouvez reconnaître ce besoin avec des mots simples : « Tu veux continuer ton jeu sans être suivi. Nous allons garder cet espace pour toi. » Le cadet peut être déçu, et vous pouvez rester auprès de lui pendant cette déception. Proposez-lui un autre jeu à proximité, sans demander systématiquement à l’aîné de l’accueillir ou de lui apprendre quelque chose.
Certains objets de l’aîné doivent rester hors de portée du plus jeune. Avant 3 ans, les petites pièces et les objets susceptibles d’être avalés ne conviennent pas. Installez les jeux concernés dans un espace réellement inaccessible au cadet, puis rangez-les après usage. Pour un temps partagé, choisissez du matériel adapté au plus jeune. L’envie de faire comme les grands ne suffit pas à rendre un objet ou une activité adaptés à son âge.
Les limites concernent aussi les gestes. Si le plus jeune veut reproduire une acrobatie ou grimper au même endroit que son aîné, évaluez la situation selon ses capacités du moment. Vous pouvez dire : « Ici, tu gardes les pieds au sol. Je te propose ce parcours avec des coussins. » Le même principe vaut en cuisine ou autour de l’eau : la présence et la surveillance d’un adulte restent nécessaires, même si l’aîné semble très à l’aise.
Copier n’empêche pas d’avoir ses propres goûts
L’idée qu’un enfant qui copie manque de personnalité est trompeuse. Reprendre un geste permet d’essayer quelque chose que l’on n’aurait peut-être pas inventé seul. Le plus jeune peut ensuite le conserver, le transformer ou s’en détourner. Regardez ce qu’il fait de son modèle : donne-t-il une autre voix au personnage ? Recommence-t-il une action pour le plaisir ? Ces petites variations vous renseignent souvent davantage sur ses préférences que le choix initial de l’activité.
Choisir la même activité ne crée pas forcément une rivalité. Les tensions dépendent aussi du matériel disponible, de la fatigue et de la place laissée à chacun. Deux enfants peuvent aimer dessiner ensemble et se disputer un crayon précis. Dans ce cas, vous pouvez organiser un tour ou proposer un autre outil adapté. Il n’est pas nécessaire d’en conclure qu’ils devraient désormais avoir des loisirs séparés ou qu’ils ne savent pas jouer ensemble.
Des activités différentes ne garantissent pas non plus que chacun trouvera immédiatement sa place. Un cadet peut se sentir écarté si on lui refuse toujours ce que fait l’aîné. À l’inverse, l’aîné peut avoir l’impression de devoir tout partager. Cherchez un équilibre qui reste ajustable selon les journées. Évitez les étiquettes comme « le sportif » ou « l’artiste » : elles risquent de limiter les propositions faites à chacun, alors que leurs intérêts peuvent évoluer.
Des situations concrètes pour trouver votre équilibre
L’aîné construit une maison et le cadet veut faire exactement la même. Commencez par choisir de grosses briques adaptées au plus jeune, sans petite pièce accessible. Chacun peut avoir sa surface de construction. Demandez à l’aîné s’il souhaite partager son idée, sans l’y obliger. Vous pouvez ensuite accompagner le cadet : « Tu veux une porte comme la sienne. Où veux-tu la mettre ? » Il garde son modèle tout en faisant un choix personnel.
Au moment de préparer le repas, les deux enfants veulent participer. Sous la surveillance d’un adulte, le plus jeune peut déposer des légumes lavés dans un saladier incassable, loin de la zone chaude et des ustensiles coupants. L’aîné peut recevoir une autre tâche adaptée à ses capacités. Présentez simplement les rôles, sans les classer du moins bon au meilleur. Si le cadet réclame la tâche de son aîné, rappelez calmement ce qu’il peut faire aujourd’hui.
Pour une activité régulière à l’extérieur, prenez le temps de comprendre ce qui attire votre plus jeune. Veut-il retrouver son aîné, découvrir le lieu ou essayer l’activité elle-même ? Si la structure accueille son âge, une séance de découverte peut vous aider à observer son intérêt. S’il ne peut pas encore participer, expliquez la règle sans le comparer à l’aîné. Proposez une occasion adaptée d’explorer le même intérêt, comme danser ensemble à la maison.
Quand consulter ?
- Si les interactions provoquent une souffrance qui dure, ou si l’un des enfants évite régulièrement l’autre par peur, vous pouvez en parler au médecin qui suit votre enfant ou à la PMI.
En cas d’urgence, de jour comme de nuit : le 15 (Samu) ou le 112.
Questions fréquentes
Faut-il les inscrire à des activités différentes ?
Ce n’est pas nécessaire par principe. Regardez l’envie de chacun, les conditions d’accueil et l’âge requis. Une activité commune convient si chacun y trouve sa place. Des activités séparées peuvent être appréciées si l’un souhaite avoir un moment à lui.
Mon plus jeune change de choix dès que son aîné choisit. Que faire ?
Vous pouvez lui proposer de choisir avant son aîné à certaines occasions, sans en faire un test. S’il change ensuite d’avis, accueillez ce changement lorsque c’est possible. Observez aussi ses préférences pendant ses jeux individuels.
Que dire à l’aîné qui en a assez d’être copié ?
Reconnaissez son agacement et son droit à un espace personnel. Vous pouvez dire : « Tu aimerais jouer seul maintenant. Je vais m’occuper de ton frère ou de ta sœur. » Il n’a pas à être disponible en permanence pour le plus jeune.
Dois-je féliciter mon enfant lorsqu’il fait enfin quelque chose de différent ?
Vous pouvez vous intéresser à son idée sans insister sur la différence avec son aîné : « Tu as choisi de dessiner une grande maison. Raconte-moi. » Accordez la même attention à ses initiatives lorsqu’elles ressemblent à celles de son frère ou de sa sœur.
Testez-vous
2 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Une idée copiée peut devenir personnelle
Un enfant peut reprendre le jeu de son aîné, puis le transformer à sa manière. Le fait de choisir la même activité ne suffit donc pas à dire qu’ils ont les mêmes goûts.
Gagnez cette carte dans Bébé Vallée
Dans le jeu, la carte « Une idée copiée peut devenir personnelle » vous attend dans l’album des cartes savoir : en arrivant depuis cette fiche, un toucher suffit pour la récupérer.
Récupérer la carteEt pour jouer : Memory des doudous, à l'École. Lancer le mini-jeu
Sources
- Santé publique France, 1000 premiers jours : ressources sur le jeu et les interactions avec l’enfant 1000-premiers-jours.fr
- Assurance Maladie, ressources sur le développement de l’enfant et la prévention des accidents domestiques ameli.fr
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