Asthme de l’enfant : le rôle des gènes et de l’environnement
Certains enfants ont une prédisposition familiale à l’asthme, notamment à travers des variations génétiques étudiées sur le chromosome 17. Cette prédisposition peut être favorisée par des expositions précoces, surtout la fumée de tabac, la pollution de l’air et certains irritants. Elle ne permet toutefois pas de prédire à elle seule quels enfants deviendront asthmatiques.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire10 parties
- Les gènes augmentent un risque, ils ne décident pas seuls
- La fumée de tabac agit avant et après la naissance
- D’autres expositions peuvent favoriser les symptômes
- Reconnaître les signes chez un jeune enfant
- Comment protéger les poumons au quotidien
- Quand un avis médical est nécessaire
- Quand consulter ?
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Les gènes augmentent un risque, ils ne décident pas seuls
L’asthme est une maladie inflammatoire des bronches. Chez une personne asthmatique, les voies respiratoires réagissent de façon excessive à certains déclencheurs, se resserrent et produisent parfois davantage de mucus, ce qui gêne le passage de l’air.
Une étude française publiée en 2008 dans le New England Journal of Medicine avait analysé 372 familles, soit 1 511 personnes, dont 651 asthmatiques. Elle avait mis en évidence une association entre plusieurs variations génétiques de la région 17q21 du chromosome 17 et l’asthme apparu avant l’âge de 4 ans.
Ces variations concernent des gènes impliqués dans la réponse des bronches et du système immunitaire. Elles sont associées à un risque plus élevé, surtout lorsque l’asthme débute très tôt, mais elles ne constituent ni un diagnostic ni une prédiction individuelle.
Le risque familial compte aussi. Un enfant dont un parent est asthmatique, allergique ou atteint d’eczéma peut avoir davantage de probabilité de développer une maladie respiratoire, sans que cela soit automatique. Des enfants sans antécédent familial peuvent également devenir asthmatiques.
- Une prédisposition génétique peut rester silencieuse pendant toute l’enfance.
- Plusieurs gènes et plusieurs facteurs extérieurs interviennent ensemble.
- Un test génétique courant ne permet pas de confirmer l’asthme chez un jeune enfant.
La fumée de tabac agit avant et après la naissance
Le tabagisme pendant la grossesse peut perturber le développement des poumons et augmenter le risque de sifflements respiratoires chez l’enfant. La fumée inhalée par le nourrisson après la naissance entretient ensuite une inflammation des bronches et augmente les infections respiratoires.
La fumée reste présente dans une pièce et dans une voiture même après l’extinction de la cigarette. Les résidus déposés sur les vêtements, les cheveux, les meubles et les sièges peuvent aussi exposer un bébé, surtout lorsqu’il est porté ou installé contre ces surfaces.
La cigarette électronique produit un aérosol qui peut contenir de la nicotine et d’autres substances irritantes. Elle ne doit donc pas être utilisée près d’un enfant, dans le logement ou dans la voiture.
Pour protéger les poumons d’un bébé, fumer dehors ne suffit pas si la porte ou la fenêtre est juste à côté de lui. Le logement et la voiture doivent rester totalement sans fumée, et les personnes qui fument peuvent demander de l’aide à un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou au service Tabac info service.
D’autres expositions peuvent favoriser les symptômes
La pollution de l’air extérieur, notamment les particules fines et le dioxyde d’azote, peut irriter les bronches. Les jours de pollution, les activités physiques intenses en plein air peuvent être limitées chez un enfant déjà gêné, en suivant les recommandations locales et l’avis médical.
À l’intérieur, l’humidité persistante, les moisissures, les acariens, les produits parfumés, les sprays ménagers et les fumées de chauffage peuvent aggraver une toux ou des sifflements. Aérer environ 10 minutes matin et soir, entretenir la ventilation et réparer les fuites d’eau réduisent plusieurs de ces expositions.
Les infections virales sont fréquentes chez les bébés et les jeunes enfants. Elles peuvent provoquer une bronchiolite ou des épisodes de sifflements sans que l’enfant ait forcément un asthme durable. La répétition des épisodes, leur survenue hors infection et la présence d’allergies orientent davantage le médecin.
Les allergies aux acariens, aux pollens, aux animaux ou aux moisissures peuvent déclencher des symptômes chez certains enfants. Il n’est pas recommandé de supprimer préventivement tous les aliments allergènes ou d’éloigner un animal sans signe évocateur, car ces mesures peuvent être inutiles et compliquer la vie familiale.
Reconnaître les signes chez un jeune enfant
Avant 5 ans, le diagnostic d’asthme repose surtout sur l’histoire des symptômes et l’examen médical. Les tests respiratoires sont parfois difficiles à réaliser à cet âge, car ils nécessitent la coopération de l’enfant.
Une toux répétée, des sifflements, une respiration rapide ou une gêne pendant les jeux peuvent évoquer un asthme. Les symptômes peuvent apparaître la nuit, lors d’un rhume, pendant un effort, au contact de fumée ou dans certaines périodes de l’année.
Chez le nourrisson, une respiration bruyante n’est pas toujours un sifflement d’asthme. Le médecin recherche aussi une bronchiolite, une infection, un reflux, un corps étranger inhalé ou une autre cause respiratoire.
Notez la date des épisodes, leur durée, les circonstances, la fièvre éventuelle, la qualité du sommeil et la capacité de l’enfant à boire ou à jouer. Une courte vidéo de la respiration, prise sans flash pendant un épisode, peut aider le professionnel de santé si elle respecte l’intimité de l’enfant.
Comment protéger les poumons au quotidien
La mesure la plus utile consiste à supprimer l’exposition à la fumée de tabac et de cigarette électronique. Aérez le logement, utilisez les produits ménagers sans pulvérisation près de l’enfant et évitez les parfums d’intérieur, l’encens et les bougies fumantes.
Lavez régulièrement les doudous selon leur étiquette, maintenez une température raisonnable dans la chambre et traitez les problèmes d’humidité. Les housses anti-acariens ne sont utiles que dans certaines situations d’allergie confirmée ou fortement suspectée, sur conseil médical.
Les vaccins du calendrier français protègent contre plusieurs infections susceptibles de fragiliser les voies respiratoires. La vaccination contre la grippe peut être proposée chaque année selon l’âge, l’état de santé et les recommandations en vigueur.
L’allaitement peut être poursuivi si la famille le souhaite, et l’alimentation au lait infantile convient aux bébés qui ne sont pas allaités. Aucune de ces options ne garantit d’éviter l’asthme, et le choix de l’alimentation ne doit pas culpabiliser les parents.
Lorsqu’un traitement est prescrit, utilisez la chambre d’inhalation et le masque selon les indications du médecin ou du pharmacien. Chez le petit enfant, la technique d’administration influence directement la quantité de médicament qui atteint les bronches.
Quand un avis médical est nécessaire
Prenez rendez-vous avec le médecin traitant ou le pédiatre si votre enfant présente plusieurs épisodes de sifflements, une toux nocturne répétée, une gêne à l’effort, des symptômes qui reviennent à chaque rhume ou un eczéma et des signes respiratoires associés.
Une sage-femme peut accompagner la réduction du tabagisme pendant la grossesse et orienter vers un suivi médical. Après la naissance, le médecin traitant, le pédiatre ou la protection maternelle et infantile peuvent évaluer la respiration et l’environnement du logement.
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si l’enfant respire très difficilement, creuse sous les côtes ou au-dessus des clavicules, devient bleu autour des lèvres, ne parvient plus à parler ou à pleurer normalement, boit très peu, présente des pauses respiratoires ou devient inhabituellement somnolent.
Si un traitement de secours déjà prescrit ne soulage pas la gêne selon le plan écrit par le médecin, demandez un avis urgent. Gardez ce plan avec les médicaments et transmettez-en une copie à la crèche ou à l’école.
Quand consulter ?
- Consultez le médecin traitant ou le pédiatre si les sifflements se répètent, si la toux réveille l’enfant plusieurs nuits ou si la gêne revient à chaque rhume.
- Demandez un avis médical si votre enfant s’essouffle en jouant, s’arrête souvent pour reprendre son souffle ou présente un eczéma et des symptômes respiratoires répétés.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de respiration très difficile, de creusement sous les côtes, de lèvres bleutées, de pauses respiratoires, de somnolence inhabituelle ou d’impossibilité à boire ou à parler normalement.
Questions fréquentes
Un enfant asthmatique a-t-il forcément un parent asthmatique ?
Non. Les antécédents familiaux augmentent la probabilité, mais l’asthme peut apparaître chez un enfant sans parent asthmatique. Plusieurs gènes, les allergies, les infections et les expositions respiratoires interviennent ensemble.
Le tabagisme des parents provoque-t-il toujours de l’asthme ?
Non. La fumée augmente le risque de sifflements, d’infections respiratoires et d’aggravation d’un asthme déjà présent, mais elle ne permet pas de prédire l’évolution d’un enfant. Supprimer toute fumée autour de lui reste une mesure de protection.
Des sifflements pendant un rhume signifient-ils que mon bébé est asthmatique ?
Pas forcément. Les infections virales peuvent provoquer des sifflements transitoires, notamment lors d’une bronchiolite. Le médecin tient compte de la répétition des épisodes, des symptômes entre les rhumes et des antécédents d’allergie.
Faut-il retirer un animal de la maison par précaution ?
Non, pas en l’absence de symptômes ou d’allergie identifiée. Une éviction peut être proposée si un professionnel confirme que l’animal déclenche les crises, en évaluant aussi les solutions réalistes pour la famille.
L’asthme disparaît-il toujours en grandissant ?
Certains enfants ont moins de symptômes avec l’âge, tandis que d’autres restent asthmatiques. L’évolution dépend notamment de la fréquence des crises, de l’inflammation bronchique, des allergies et de l’exposition à la fumée.
Testez-vous
3 questions sur cette page. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Les gènes ne font pas tout
Une variation génétique peut augmenter le risque d’asthme, mais l’exposition à la fumée, aux polluants et aux irritants influence aussi la santé des bronches.
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Répondre aux 3 questionsSources
- Inserm, Asthme inserm.fr
- Santé publique France, Santé respiratoire et pollution de l’air santepubliquefrance.fr
- Assurance Maladie, Asthme de l’enfant ameli.fr
- Haute Autorité de santé, recommandations sur l’asthme has-sante.fr
- Organisation mondiale de la santé, Asthme who.int
- Tabac info service tabac-info-service.fr
Mis à jour le , d’après les recommandations françaises en vigueur. Ces informations générales ne remplacent pas une consultation.
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