Comment je suis devenu père


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Un papa ça sert à quoi ?


Février 2009


François est papa de deux enfants de 5 et 3,5 ans. Pour lui, la paternité n’a pas été une révélation, mais plutôt une construction progressive, essentiellement à partir de jeux avec son fils. Son constat : la relation s’enrichit à mesure que ses enfants grandissent.



Bébévallée : Comment avez-vous réagi quand vous avez su que vous attendiez un enfant ?

 

François : J’étais évidemment très heureux de cette nouvelle, mais en même temps, c’était quelque chose d’abstrait, de virtuel pour moi. Je ne me rendais pas bien compte de ce qui se passait, dans la mesure où ce n’était pas lié à des sensations physiques, comme peut le vivre la maman. La première échographie a rendu les choses plus tangibles. Je me souviens de l’émerveillement, mais aussi de la surprise à voir et entendre battre ce petit cœur. 

 

Et pendant la grossesse de votre femme ? 

 

J’ai un souvenir de quelque chose d’assez abstrait. On essaie de concevoir, mais cela reste difficile sans perception de nos sens ! C’est seulement à travers la maman qu’on perçoit quelque chose : sa transformation physique, mais aussi ses questions, ses interrogations, ses doutes, ses interpellations... 

 

Aviez vous des attentes, des peurs, des images précises ?

 

Je n’avais pas vraiment d’inquiétude sur moi en tant que père, je ne me posais pas la question sous l’angle affectif. En revanche, plus le terme se rapprochait, plus j’avais des appréhensions sur l’aspect médical : « L’accouchement va-t-il bien se passer ? Le bébé sera-t-il normal ? Si ce n’est pas le cas, comment vais-je réagir ? » J’ai eu aussi clairement conscience que la naissance était le début d’une responsabilité nouvelle pour moi en tant que père : responsabilité éducative, responsabilité matérielle, économique, affective aussi. Cela donne enfin un poids nouveau à l’engagement vis-à-vis de la mère : nous ne sommes plus seulement un couple, mais notre lien –et sa pérennité- a un impact sur une troisième personne qui n’a rien demandé ! 

 

Qu’avez-vous ressenti à la naissance de votre fils ? 

 

Ce fut un moment important, fondateur dans ma vie. Je me souviens du premier contact : on avait emporté le bébé pour le laver. Après le bain, pendant qu’il se réchauffait sous une lampe, je lui ai parlé : je lui ai souhaité bienvenue dans ce monde, lui ai expliqué que nous étions ses parents, heureux de l’accueillir, que nous allions faire de notre mieux pour l’élever. Je l’ai aussi rassuré sur les petits examens qu’il allait subir : je savais bien qu’il ne comprenait pas le sens de mes propos, mais c’était le ton qui importait. Puis je l’ai habillé ! Là, j’étais très concentré… et je me suis dit que pour une première fois, je ne m’en tirais pas trop mal ! 

 

Qu’est-ce qui vous a vraiment fait devenir père ? 

 

Je crois que c’est ce premier moment d’intimité avec lui. J’ai ressenti une émotion forte, je me sentais attendri, investi, aimant, j’avais vraiment envie de faire le mieux pour lui. Pour moi, ce bébé était d’abord une personne dont j’avais la responsabilité, et c’est cette sensation de forte responsabilité qui m’émouvait aussi. Je me sentais investi d’une mission… Oui, c’est cela, ce fut un peu comme une « cérémonie d’investiture ». Mais il m’a bien fallu les neuf mois de grossesse de ma femme pour en arriver là ! Pour moi, être père c’est cela : faire advenir la personne qu’est déjà ce tout petit enfant. 

 

Au fil des mois, votre rôle de père a-t-il évolué ? 

 

Oui, beaucoup. Je ne me sentais pas fortement investi dans le maternage des premiers mois, d’autant que ma femme adorait cela. Pour moi, materner n’était ni un impératif ni un besoin. En revanche, j’adorais fixer ses premiers moments par des photos ou des films, dans la perspective d’une transmission à mon fils, quand il serait plus grand. Au fil des mois, la relation s’est surtout construite à travers le jeu. J’adore partager avec lui des jeux faisant appel à l’imaginaire et à la construction : construire des univers en Lego, inventer des histoires avec ses Playmobils… bâtir des châteaux de sable et leurs dépendances. Je trouve que la relation s’enrichit à mesure que mon fils grandit. Je peux de plus en plus lui faire partager mes goûts, je découvre nos points communs (il est très fort en Lego !). Pour moi, éduquer un enfant, c’est le faire progressivement entrer dans le monde des grands : apprendre le vélo, à nager, s’interroger sur les choses... Et je sens que j’ai de plus en plus de choses à lui apporter à mesure qu’il grandit. 

 

Les choses ont-elles été différentes pour votre deuxième enfant ? 

 

Oui, la feuille de route était déjà connue, je n’avais plus toutes ses réflexions autour de la responsabilité d’être père : j’étais déjà investi de la fonction. Cela m’a sans doute permis de laisser plus de place à la relation affective, aux câlins avec ma fille. Je suis vraiment tombé sous son charme, c’est certain ! En revanche, je me sens moins investi au niveau des jeux : je n’ai pas très envie de jouer à la poupée ou d’enfiler des perles avec elle, mais je me sens pourtant extrêmement proche dans notre relation au quotidien. 

 

Qu’aimeriez vous dire à des futurs pères ? 

 

Qu’ils prennent le temps de réfléchir sur la façon dont ils vont accueillir leur enfant à sa naissance : les premiers moments, c’est important d’un point de vue symbolique ! J’aurais aussi envie de leur dire qu’ils laissent vivre ce qu’ils sont, sans chercher à copier la maman dans ses gestes ou dans sa relation avec l’enfant !

La rédaction de BébéVallée


Retour aux témoignages

Identification
75 connectés Identifiants perdu ?

Vous êtes ici: Accueil de BébéVallée > Autour de Bébé > Un papa ça sert à quoi ? > Comment je suis devenu père

À propos | Conditions Générales d'Utilisation | Presse | Plan du site | Mentions légales | Nous contacter

BébéVallée © Copyright Exagame 2004-2009 - Tous droits réservés

Bébé ValléeForum sur la grossesseDictionnaire des prénomsAlimentation grossesseCalcul grossesseIndex BébéValléeBaby ValleyBebés Valle