Le choix de l’accouchement naturel


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Un accouchement qui nous ressemble


Interview de Francine Caumel-Dauphin, Sage-femme libérale auteur de l'ouvrage - Les femmes et les bébés d’abord - éditions Albin Michel.


Bébévallée : Pourquoi dénoncez-vous une technicisation systématique de l’accouchement ?

 

Francine Caumel-Dauphin : Ce que je dénonce dans la technicisation, c’est précisément sa systématisation. Au cours de ces trente dernières années, les femmes ont gagné en confort, mais elles doivent entrer dans le système imposé par l’organisation des services. L’accouchement est comparable à une épreuve sportive, un peu comme un marathon, et comme les sportifs, les femmes ont besoin de coach pour croire dans leurs possibilités, d’aller au bout si elles le veulent. Il y a toujours des moments difficiles, des moments où l’on doute : 35ème kilomètre pour le marathon, 6/8 cm de dilatation pour les femmes qui accouchent. 

 

Que reprochez-vous à l’accouchement sous péridurale ?

 

Je reproche toujours sa systématisation. Aujourd’hui, 80% des femmes accouchent sous péridurale, alors qu’elles ne le désirent pas toutes. Lorsqu’on commence à "techniquer" un accouchement, on applique un certain nombre de gestes et des normes obstétricales découlent de tout cela : la dilatation du col doit avoir un certain rythme (1 cm par heure), la tête du bébé doit descendre en trois quarts d'heure, l'expulsion ne pas se prolonger au-delà de vingt à trente minutes… Le rythme des contractions, ralenti par la péridurale, est accéléré artificiellement et le périnée au moment du passage de la tête est mis à rude épreuve, alors que le rythme naturel des contractions permet une distension plus progressive en évitant les épisiotomies encore nombreuses. La position de la femme est également imposée : elle doit être obligatoirement allongée et immobilisée, les péridurales dites ambulatoires étant encore très rares dans les maternités. 

 

Que pensez-vous des accouchements programmés ?

 

Cela permet aux maternités de mieux gérer l’occupation des lits et aux mamans de prévoir la présence du papa, mais le travail est enclenché artificiellement. Il ne respecte pas le temps de l’accouchement qui est le fruit de la rencontre entre deux temps différents : celui de la femme et de sa capacité à pouvoir "lâcher" son bébé et celui de l’enfant à venir au monde. 

 

Quelles sont les conséquences psychologiques d’un environnement hyper-médicalisé ?

 

Une césarienne ou un forceps sont souvent vécus comme une véritable blessure narcissique pour la femme dont elle peut avoir du mal à se remettre. La césarienne est un acte de violence, quelquefois nécessaire pour la mère et pour l'enfant. Mais les femmes sont fréquemment très déçues. Il s’agit d’un sentiment d’incapacité à pouvoir aller jusqu’au bout de quelque chose. De plus, très souvent, toute expression de cette désillusion est “gommée” par des paroles du type : “Tu as un bébé qui va bien : c’est l’essentiel !”. Les bébés, sont eux aussi, parfois stressés par les conditions d’accouchement, mais le plus souvent par les conditions d’accueil : posés en pleine lumière sur une table parfois chaude, aspirés dans la bouche, dans le nez, placés en couveuse pour les réchauffer et mieux les surveiller, tout ceci est encore trop fréquent, et le plus souvent inutile. 

 

Que préconisez-vous comme modèle d’accouchement ?

 

Je ne préconise aucun “modèle” d’accouchement, mais je milite pour une liberté que doivent avoir les parents de mettre leur bébé au monde : liberté de lieu, de mouvement, de position.... Cela implique que les femmes ne soient pas soumises aux protocoles médicaux, si les conditions médicales de la grossesse ne le nécessitent pas.

Il faut laisser la femme chercher la position qui lui convient le mieux, lui proposer un bain, ou des massages, ne faire aucun geste qui ne soit pas nécessaire tel que la rupture artificielle de la poche des eaux par exemple. Cela ne signifie pas que la surveillance du déroulement de la mise au monde ne soit pas objectivée : on écoute régulièrement les battements cardiaques du bébé, mais tant que tout va bien, on n’intervient pas.

A propos de l’accueil du bébé, il n’y a aucune urgence à le peser, le mesurer, le calibrer. Ce qui est important, c’est le temps de la rencontre entre l’enfant et ses parents, et il faut laisser une large place au “peau à peau”, aux caresses, aux mots de bienvenue. Cela permet à tout le monde de récupérer de ces moments qui sont tellement intenses et d’en faire des moments de grande magie.

Pour cela, il faut développer des lieux en dehors des plateaux techniques hospitaliers. De tels lieux existent, ce sont des maisons de naissance que l’on trouve en Belgique, en Allemagne en Suisse et en Italie. Mais quel que soit le lieu, l’essentiel de cette approche est l’accompagnement global pour permettre une sécurité affective, avec un même praticien, en l’occurrence une sage-femme qui suit la femme pendant la grossesse, l’accouchement et les suites de couches.



La rédaction de BébéVallée


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