Les grossesses se déroulent bien après 40 ans
Interview de René Frydman, Gynécologue-obstétricien à l’Hôpital Antoine Béclère (Clamart), auteur de 'Grossesses tardives' aux éditions Hachette pratique et de 'Désir d’enfant' aux éditions Marabout. Il a notamment participé à la naissance du premier bébé éprouvette français et accouché le premier bébé issu d'un embryon congelé, ainsi qu’après diagnostic pré-implantatoire.
Bébévallée : Pourquoi après quarante ans, les chances de tomber enceinte diminuent-elles autant ?
Dr René Frydman : La nature est ainsi faite : en principe jusqu’à la ménopause l’ovulation peut intervenir jusqu’à 52/54 ans, mais les ovules, surtout à partir de 38/40 ans commencent à perdre de leur vitalité et sont moins aptes à la fécondation. Les données se sont modifiées au fil du temps : au début du 20ème siècle, le nombre de naissances chez les femmes de plus de 40 ans était plus élevé. Au-delà des méthodes de contraception qui ont modifié la donne, le stress et la pollution y sont sans doute pour beaucoup. Il ne s’agit que de statistiques, mais aujourd’hui la probabilité de tomber enceinte à chaque cycle est de 25% à 25 ans et de 6% à 40 ans et plus. Une fois la fécondation réussie, il est également plus difficile pour l’embryon de s’accrocher à la muqueuse utérine.
Y-a-t-il des signes avant-coureurs d’une baisse de fertilité ?
Des cycles plus irréguliers peuvent être un signe annonciateur, mais le mieux est de faire un bilan de sa fertilité. Cela n’engage à rien et c’est très simple : il suffit de réaliser une échographie et une prise de sang.
Quels sont les taux de réussite de la procréation médicalement assistée après 40 ans ?
Le taux de réussite le plus élevé est celui de la fécondation in vitro : il est en moyenne de 15 à 20%. Quant à celui de l’insémination artificielle, il est de 12% en moyenne après 40 ans, mais les chances se réduisent de moitié chaque année supplémentaire.
Jusqu’à quel âge préconisez-vous une procréation médicalement assistée ?
Il faut étudier chaque situation en particulier, mais force est de constater qu’au-delà de 43 ans, les chances sont très réduites : il y a 99% d’échecs !
Pourquoi y-a-t-il autant d’inégalités entre les femmes face à la fertilité ?
Cela dépend de l’âge des premières règles, de la régularité des cycles, de la qualité des ovocytes…L’âge des ovaires est donc très variable selon les femmes : une femme de 40 ans peut avoir les facultés ovulatoires d’une femme de 19 ans ! Il faut aussi prendre en compte la qualité des spermatozoïdes du partenaire.
Comment se déroulent les grossesses après quarante ans ?
Elles se déroulent bien pour la plupart, contrairement à ce qu’on a pu dire par le passé.
Aujourd’hui, le suivi médical est très rapproché et les femmes sont bien plus vigilantes. J’ai réalisé une étude sur 183 femmes de 42 ans à 48 ans et sur trois ans. Le nombre d’accouchements prématurés et d’hypertensions artérielles est très légèrement supérieur à celui des femmes de moins de 40 ans, mais cela est loin d’être significatif. En revanche, le nombre de césariennes est plus élevé, mais cela correspond souvent à une demande de leur part. Je ne dirais pas la même chose pour les grossesses de plus de 48 ans, souvent suite à des dons d’ovocytes, les complications sont plus importantes.
La rédaction de BébéVallée
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